Votre feuilleton, offert par Titan-Informatique, Assistance aux particuliers et entreprises
Delphine et Barbara retournèrent dans le petit appartement de Delphine, où l’air saturé d’humidité portait encore l’odeur âcre de la mer. Barbara, les traits tirés par une nuit d’angoisse, s’activaient dans la kitchenette minuscule, versant de l’eau bouillante sur des sachets de thé bon marché, ses mains tremblant légèrement comme si elle cherchait à noyer ses démons dans cette routine banale. Le sifflement de la bouilloire couvrait à peine le bourdonnement éloigné des klaxons sur le port.
Soudain, un coup sec retenu à la porte, un bruit métallique et impérieux qui fit sursauter Delphine. Elle se leva d’un lien, son cœur cognant comme un marteau-piqueur, et traverse le couloir sombre en deux enjambées. Derrière le battant écaillé, Oriol se tenait là, massif et impassible, un sac de voyage à l’épaule – les affaires de Barbara, récupérées à la fourrière municipale.
« J’ai tout ramené », grogna-t-il d’une voix rocailleuse, ses yeux froids scrutant Delphine comme s’il évaluait une menace potentielle. « Ton ‘copain’, là, il est en garde à vue. Conduite en état d’ivresse, les flics l’ont chopé au bord de la route vers Toulon. Il puait l’alcool à dix mètres, et la bagnole est en cale sèche. Si tu veux des détails, appelle le commissariat – mais fais gaffe, ces types-là ne lâchent rien sans mandat. »
Delphine attrapa les affaires d’un geste vif, sentant le poids de la dette envers cet homme qui naviguait dans les bas-fonds comme un loup dans la brume. Derrière elle, Barbara s’approche, le thé oublié, son regard passant de l’un à l’autre dans un silence chargé de questions inévitables.
Delphine fourra le sac dans les bras de Barbara, qui fouilla frénétiquement dedans, ses doigts agiles extirpant son téléphone fissuré – le seul lien tangible avec un monde extérieur qui lui échappait depuis des heures. L’appareil vibrait déjà d’appels manqués, mais elle le serra contre elle comme un talisman maudit.
Oriol, reprenant le sac vide d’un geste nonchalant, haussa un sourcil broussailleux. « Et les draps ? Tu les gardes pas ? » lâcha-t-il, sa voix traînante imprégnée d’une innocence feinte qui sonnait fausse dans l’air confiné.
Un regard tueur fusa simultanément de Delphine et Barbara, acéré comme une lame de bistouri, chargée d’un mépris glacial qui aurait pu figer le sang d’un homme moins endurci. Oriol clignait des yeux, déconcerté, son cerveau lent peinant à assembler les pièces d’un puzzle qu’il n’avait pas vu venir – ou feignait-il ?
Delphine ne lui laissa pas le temps d’approfondir. Elle le saisit par les bras, presque de force, et le poussa vers la porte d’un geste à la fois fluide et sans appel.
« On a un boulot à finir, Oriol. Je te tiens au courant pour la suite de l’enquête… Et maintenant, disparais avant de poser une autre question malvenue. »
La porte claqua derrière lui avec un bruit sec, isolant les deux femmes dans leur bulle de secrets et de thé froid.
Barbara pianotait furieusement sur l’écran craquelé de son téléphone, ses pouces dansant avec une urgence contenue. Des messages laconiques fusèrent vers ses parents : Tout va bien. Je passe ce week-end avec Delphine. Ne vous inquiétez pas. Elle expédia le texte, imaginant déjà leurs visages ridés se détendant, loin des ombres qui rampaient ici.
Quand elle relève la tête, un grand regard malicieux illumina son visage, creusant des fossettes inattendues dans ses joues pâles. « Tu tutoies Oriol ? C’est nouveau, ça ! » lance-t-elle à Delphine, la voix pétillante d’une joie presque inconvenante dans cette pièce étouffante.
Delphine ne sourit pas. Son regard reste rivé sur la fenêtre, où la lumière crue de Toulon filtre comme un interrogatoire. Elle bafouilla quelques syllabes incohérentes, marmonnant « Ils… posaient trop de questions… On a du travail », assemblant enfin une phrase bancale, comme si les mots lui échappaient dans le brouillard de son esprit survolté.
Barbara, qui avait viré à la jubilation contagieuse, éclata d’un rire bref. « Oui, du travail. Et quand on aura chopé le tueur, on s’occupera d’Oriol. »
Delphine Esquissa enfin un petit sourire en coin, carnassier et complice. « Probablement. »
L’appartement de Delphine, perché comme un nid d’aigle au-dessus du tabac animé du cours Lafayette, s’était transformé en un repaire de recherches clandestines. Des cartes punaisées sur les murs jaunis, des dossiers entassés sur une table branlante, des écrans d’ordinateur crachant des flux de données piratées — tout cela composait un chaos organisé, un dédale de pistes où chaque indice, chaque fil tendu, menait immanquablement à une personne.
Delphine s’installa en face de Barbara, dispersant sur la table des photos floues et des rapports noyés dans un fatras de dossiers.
« J’ai trouvé le tueur. »
Sa voix, basse et tranchante comme une lame, trahissait une certitude glacée, forgée au fil des enquêtes restées sans réponse. Ses yeux brillaient d’une conviction implacable.
« Christophe Lemmel. Le mari d’une infirmière de la Cardio 5, morte dans un accident de voiture il y a onze ans. Elle avait trop bu lors d’un pot improvisé après une garde épuisante… et ses collègues l’ont laissée repartir au volant, d’après lui. Depuis, il les accuse tous. Il les traque, une par une. J’ai recoupé les éléments : les victimes correspondent… et son nom, toujours, revient comme un motif obsédant. C’est lui. »
Barbara encaissa l’information. Son sourire s’évanouit, remplacé par un masque de détermination glacée. Dehors, le trafic toulonnais grondait comme un obstacle de plus, prêt à compliquer leur traque.
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Chapitre 1 – L’Attente
Chapitre 2 – Le Retour à la Basse Ville
Chapitre 3 – Ce que dissimule le sol
Chapitre 4 – L’ombre ne meurt jamais
Chapitre 5 – Le feu de La Garde
Chapitre 6 – Trois types biens
Chapitre 7 – Déconstructions
Chapitre 8 — L’envers du décor
Chapitre 9 — Les eaux troubles de Saint-Mandrier
Chapitre 00 – La boutique et la rencontre
Chapitre 10 – Je m’occupe de tout
Chapitre 11 — Derrière le Sourire de Delphine
Chapitre 12 — L’épouse de M. Louis
Chapitre 13 — La chute de Mathieu
Chapitre 14 — Partie remise
Chapitre 15 — Le tambour
Chapitre 16 — Les ombres du matin
Chapitre 17 — De Font-Pré à Saint-Musse
Chapitre 18 — Les rubalises jaunes
Chapitre 19 — La rivière des Amoureux
Chapitre 20 — Échapper à la boue
Chapitre 21 — Les empreintes
Chapitre 22 — Elle rôde dans La Rode
Chapitre 23 — Aux genoux des égouts
Chapitre 24 — Macabre covoiturage
Chapitre 25 — Un bus c’est dur !
Chapitre 26 — Urgence à Saint-Musse
Chapitre 27 — Fuite hors sol
Chapitre 28 — Barbara balade
Chapitre 29 — Un caoua avec Barbara
Chapitre 30 — Barbaravatar
Chapitre 31 — Barbara spécial
Chapitre 32 — Probablement
Chapitre 33 — Les c***, ça ose tout !
Chapitre 34 — L’écoquartier
Chapitre 35 — La clochette
Chapitre 36 — Le téléphone
Chapitre 37 — A quatre dans le 4×4
Chapitre 38 — Et la honte disparu
Chapitre 39 — Les monstres
Chapitre 40 — La chasse est ouverte
Chapitre 41 — A fond à Font-Pré
