Votre feuilleton, offert par Titan-Informatique, Assistance aux particuliers et entreprises
Chapitre 1 – L’Attente
Chapitre 2 – Le Retour à la Basse Ville
Chapitre 3 – Ce que dissimule le sol
Chapitre 4 – L’ombre ne meurt jamais
Chapitre 5 – Le feu de La Garde
Chapitre 6 – Trois types biens
Chapitre 7 – Déconstructions
Chapitre 8 — L’envers du décor
Chapitre 9 — Les eaux troubles de Saint-Mandrier
Chapitre 00 – La boutique et la rencontre
Chapitre 10 – Je m’occupe de tout
Chapitre 11 — Derrière le Sourire de Delphine
Chapitre 12 — L’épouse de M. Louis
Chapitre 13 — La chute de Mathieu
Chapitre 14 — Partie remise
Chapitre 15 — Le tambour
Chapitre 16 — Les ombres du matin
Chapitre 17 — De Font-Pré à Saint-Musse
Chapitre 18 — Les rubalises jaunes
Chapitre 19 — La rivière des Amoureux
Chapitre 20 — Échapper à la boue
Chapitre 21 — Les empreintes
Chapitre 22 — Elle rôde dans La Rode
Chapitre 23 — Aux genoux des égouts
Chapitre 24 — Macabre covoiturage
Chapitre 25 — Un bus c’est dur !
Chapitre 26 — Urgence à Saint-Musse
Chapitre 27 — Fuite hors sol
Chapitre 28 — Barbara balade
Chapitre 29 — Un caoua avec Barbara
Chapitre 30 — Barbaravatar
Chapitre 31 — Barbara spécial
Chapitre 32 — Probablement
Chapitre 33 — Les c***, ça ose tout !
Chapitre 34 — L’écoquartier
Chapitre 35 — La clochette
Chapitre 36 — Le téléphone
Barbara poussa la porte de l’appartement avec un soupir. Ses épaules s’affaissèrent dès qu’elle eut franchi le seuil. Elle retira ses chaussures d’un geste mécanique, comme si son corps agissait seul, indépendamment de sa volonté.
Alex l’attendait dans la cuisine, accoudé à la table, un verre d’eau à la main. Son bras, débarrassé de l’attelle, semblait enfin avoir retrouvé sa mobilité. La cicatrice n’était plus qu’un souvenir. Il souriait, détendu, presque en décalage avec la tension que Barbara ramenait avec elle.
— Fatiguée ? demanda-t-il, sans jugement, comme une évidence.
Barbara haussa les épaules. Elle ne répondit pas tout de suite. Elle savait qu’Alex n’attendait pas de justification. C’était peut-être ce qui la mettait le plus mal à l’aise.
— Tu ne devrais pas m’attendre, lâcha-t-elle finalement. Tu devrais profiter de ton repos, toi.
— Justement, répondit Alex. Je profite. Te voir rentrer, te voir poser ce poids.
Elle s’assit, les yeux fixés sur le vide. Le silence s’étira, seulement interrompu par le bourdonnement lointain de la ville. Puis, comme malgré elle, Barbara laissa échapper :
— Il a encore appelé. Papa. Il s’inquiète pour les filles. Enfin, c’est ce qu’il dit. Mais tu sais très bien ce que ça veut dire. Il ne s’inquiète pas, il contrôle.
Alex leva son verre et le fit tourner entre ses doigts.
— Ton père est maire de Toulon, dit-il calmement. C’est son métier de contrôler. Il croit que tout lui appartient, même nous. Mais il ne peut pas décider pour toi, ni pour elles.
Barbara eut un petit rire nerveux.
— Facile à dire. Tu ne sais pas ce que c’est de grandir dans son ombre. Ses attentes. Son regard sur tout ce que je fais. Même maintenant, mariée, mère de deux filles, il continue de me traiter comme une gamine qui doit rendre des comptes.
Alex l’observa sans bouger. Son visage, marqué par la fatigue, révélait des cernes sombres et une lassitude profonde. Il se redressa, posa son verre et dit d’une voix plus douce :
— Justement. Tu n’es plus une gamine. Et moi je ne suis pas ton père. Laisse-le croire qu’il contrôle. Toi, relâche un peu. Respire.
Il marqua une pause, cherchant ses mots.
— Le fait qu’il soit maire, ça fait partie de ta pression. Mais ce n’est pas la nôtre. Pas ce soir. Pas ici.
Barbara croisa enfin son regard. Elle aurait voulu répondre, mais ses lèvres restèrent closes. Une étrange sensation, à la fois de colère et de soulagement, l’envahit. Alex, lui, gardait ce calme inébranlable qui l’agaçait autant qu’il la rassurait.
Elle baissa les yeux, inspira profondément, puis se laissa aller contre le dossier de sa chaise. Pour la première fois depuis longtemps, elle accepta de ne rien dire.
Le repas avait été simple mais soigné, préparé par Barbara dans un silence ponctué de gestes précis, presque mécaniques. Alex, fidèle à lui-même, avait choisi une bière ambrée d’une petite brasserie belge pour accompagner les pâtes fraîches. Le goût rond et légèrement caramélisé contrastait avec l’acidité des tomates.
Barbara mangeait vite, sans vraiment savourer. Ses pensées semblaient courir plus vite que sa fourchette. Quand elle posa enfin ses couverts, elle soupira et se lança sans détour :
— Je n’y arrive plus, Alex. Le boulot, les filles, Delphine qui me fait peur… Et lui. Toujours lui. Mon père. Même à distance, il me dicte ma vie. Je voudrais juste… que tout soit simple. Une famille heureuse, normale.
Elle parlait vite, comme pour se vider d’un trop-plein accumulé. Alex l’écouta, penché légèrement en arrière, son verre à la main. Il ne la coupa pas. Quand elle s’arrêta enfin, haletante presque, il prit la parole avec une lenteur calculée.
— Tu veux tout porter en même temps. Et tout contrôler. Mais tu oublies qu’on est deux. Le reste… Delphine, ton père, tes collègues… Ce ne sont pas nous. Ce n’est pas notre couple.
Barbara leva les yeux vers lui, un mélange d’exaspération et de fragilité dans le regard.
— Facile à dire. Toi tu relativises tout. Moi je me bats pour que les choses tiennent.
Alex sourit, un sourire fatigué mais sincère.
— Je relativise parce que je sais ce qui compte. Toi. Moi. Les filles. Le reste, on s’en fout.
Il se leva, attrapa les assiettes et les posa dans l’évier. Barbara voulut protester, mais il posa doucement sa main sur son épaule.
— Laisse. Viens.
Ils traversèrent ensemble le couloir. Le salon, avec ses jouets éparpillés, témoignait d’un quotidien qu’ils partageaient malgré tout. La lumière tamisée de la lampe contrastait avec le chaos ambiant. Alex avança sans rien dire, l’entraînant doucement.
Dans le bureau, des dossiers scolaires restaient ouverts sur le bureau de Barbara. Elle détourna les yeux, honteuse de ne jamais couper vraiment avec son travail de maman. Alex les referma d’un geste tranquille.
— Pas ce soir.
Elle hocha la tête, presque soulagée qu’il prenne cette décision à sa place.
Enfin, ils atteignirent la chambre. Barbara hésita sur le seuil, mais Alex s’approcha, la regarda droit dans les yeux et murmura :
— Tout ce que tu veux, c’est ici. Pas dans le reste du monde.
Elle sentit ses défenses se fissurer. Le poids des responsabilités, l’ombre de son père, les inquiétudes pour Delphine… tout cela recula, juste un instant. Elle inspira profondément et le suivit.
Alex murmura ces mots, qui lui arrachèrent un sourire : « Allonge-toi, je m’occupe de tout. »
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Chapitre 1 – L’Attente
Chapitre 2 – Le Retour à la Basse Ville
Chapitre 3 – Ce que dissimule le sol
Chapitre 4 – L’ombre ne meurt jamais
Chapitre 5 – Le feu de La Garde
Chapitre 6 – Trois types biens
Chapitre 7 – Déconstructions
Chapitre 8 — L’envers du décor
Chapitre 9 — Les eaux troubles de Saint-Mandrier
Chapitre 00 – La boutique et la rencontre
Chapitre 10 – Je m’occupe de tout
Chapitre 11 — Derrière le Sourire de Delphine
Chapitre 12 — L’épouse de M. Louis
Chapitre 13 — La chute de Mathieu
Chapitre 14 — Partie remise
Chapitre 15 — Le tambour
Chapitre 16 — Les ombres du matin
Chapitre 17 — De Font-Pré à Saint-Musse
Chapitre 18 — Les rubalises jaunes
Chapitre 19 — La rivière des Amoureux
Chapitre 20 — Échapper à la boue
Chapitre 21 — Les empreintes
Chapitre 22 — Elle rôde dans La Rode
Chapitre 23 — Aux genoux des égouts
Chapitre 24 — Macabre covoiturage
Chapitre 25 — Un bus c’est dur !
Chapitre 26 — Urgence à Saint-Musse
Chapitre 27 — Fuite hors sol
Chapitre 28 — Barbara balade
Chapitre 29 — Un caoua avec Barbara
Chapitre 30 — Barbaravatar
Chapitre 31 — Barbara spécial
Chapitre 32 — Probablement
Chapitre 33 — Les c***, ça ose tout !
Chapitre 34 — L’écoquartier
Chapitre 35 — La clochette
Chapitre 36 — Le téléphone