Chapitre 30 — Barbaravatar

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Une semaine plus tard, Barbara retrouva Alain à L’Avenue 83, ce vaste centre commercial aux allures presque trop propres, trop lumineuses, comme si la ville avait décidé d’y dissimuler ses aspérités sous des verrières et des néons.

Alain devait y rencontrer un client professionnel, un rendez-vous rapide, chronométré, coincé entre deux déplacements. Barbara, de son côté, avait prévu quelques achats pratiques — rien de superflu, juste ce qu’il fallait pour la maison, pour les filles, pour continuer à faire tourner un quotidien redevenu fragilement normal.

Ils s’étaient donné rendez-vous devant un café à l’angle de la galerie principale. Quand Barbara aperçut Alain, dossier sous le bras, veste impeccable, elle eut un léger sourire amusé : il avait toujours eu ce sérieux appliqué, cette façon d’entrer dans l’âge adulte sans vraiment renoncer à l’adolescent qu’il avait été.

— Tu n’as pas changé, lança-t-elle en s’approchant. Toujours l’air d’aller signer le traité de paix mondiale.

— Et toi, toujours capable de te moquer en moins de trois secondes, répondit-il en riant. J’en ai pour dix minutes avec mon client. Après, café obligatoire.

Elle hocha la tête et le laissa filer vers son rendez-vous. Elle profita de ce court laps de temps pour faire ses achats, avançant lentement dans les allées brillantes, portée par ce bruit constant de conversations, de pas pressés, de musiques commerciales qui se superposaient sans jamais vraiment s’écouter.

Quand elle revint au café, Alain l’attendait déjà, deux gobelets fumants posés sur une table haute.

— J’ai pris comme avant, annonça-t-il. Café allongé pour toi. Espresso pour moi.

Barbara le regarda, surprise.

— Tu te souviens encore de ça ?

— Certaines choses restent gravées, répondit-il simplement.

Ils s’installèrent côte à côte, presque comme autrefois, accoudés à la table, observant les passants défiler devant eux. Le décor avait changé — fini les tables en plastique du McDo de Mayol, les sacs de cours jetés au sol, les discussions sans filtre — mais le rituel, lui, était intact.

— C’est drôle, murmura Barbara après une gorgée. J’ai l’impression qu’on rejoue la même scène… sauf qu’on a dix ans de plus et un peu plus de cicatrices.

— Et un peu moins d’illusions, compléta Alain. Mais aussi, peut-être, un peu plus de lucidité.

Ils échangèrent un regard complice. Le temps n’avait pas effacé cette facilité à se comprendre sans trop de mots. Les silences n’étaient pas gênants ; ils étaient pleins de souvenirs, de références partagées, de ce passé commun qui ressurgissait naturellement.

— Tu te souviens de ces moments où l’on refaisait le monde, convaincus qu’il ne pouvait être autrement que comme nous l’imaginerions ? » demanda Alain. « Nous étions persuadés que tout allait changer.

— Oui… répondit Barbara avec un sourire doux-amer. Aujourd’hui, je me contente surtout d’essayer de maintenir l’équilibre.

Elle ne parla pas des nuits sans sommeil, ni de la peur encore tapie dans un coin de sa mémoire. Elle n’évoqua pas la course contre la mort, le métal, la violence, la sensation du vide. Pas aujourd’hui.

Aujourd’hui, c’était juste un café partagé, un instant suspendu dans une galerie marchande impersonnelle, et cette étrange sensation de retrouver un fragment de soi qu’on croyait définitivement rangé dans les archives du passé.


Barbara fut soudain attirée par une tache de couleur vive au bout de la galerie. Une immense affiche venait d’être installée sur la façade du cinéma : des bleus profonds, des silhouettes irréelles, une lumière aquatique presque hypnotique.

Elle plissa les yeux, s’approcha de quelques pas… puis s’exclama, trop fort pour le lieu feutré :

Avatar 3 !

Quelques passants se retournèrent. Barbara, elle, avait déjà ce sourire d’enfant qui surgissait sans prévenir, celui qui effaçait momentanément la fatigue, les responsabilités, les peurs enfouies.

Elle attrapa le bras d’Alain.

— Viens. On va le voir. Maintenant.

Alain la regarda, interloqué, puis esquissa un rire nerveux.

— Tu plaisantes ? On n’a plus l’âge pour ça, Barbara. Et j’ai encore des clients cet après-midi. Je ne peux pas disparaître comme ça.

Elle le fixa, malicieusement, les yeux brillants.

— Tu te souviens… l’année du bac ? Quand toute la bande révisait comme des forcenés et que nous, bons élèves arrogants, on était persuadés qu’on n’avait pas besoin de réviser ?
— …

— On avait séché une après-midi entière pour aller voir le premier Avatar au Pathé de Grand Var. On était sortis de la salle persuadés qu’on allait vivre des vies extraordinaires.

Alain la regarda longuement. Son sourire s’adoucit, se chargea d’une nostalgie presque palpable.

— Je m’en souviens comme si c’était hier, murmura-t-il. Les fauteuils trop bas, le pop-corn trop salé… et toi qui disais que tu voulais vivre sur Pandora.

— Et toi qui jurais que tu deviendrais riche avant trente ans, répliqua-t-elle en riant.

Un silence bref s’installa. Un silence plein de souvenirs, de ce qu’ils avaient été, de ce qu’ils étaient devenus.

Alain soupira, résigné — ou peut-être libéré.

— Donne-moi cinq minutes, dit-il soudain. Le temps d’annuler mes rendez-vous.

Barbara cligna des yeux, incrédule.

— Sérieusement ?

— Sérieusement. Tant pis pour la rigueur bancaire. Pour une fois, je vais être irresponsable.

Il sortit son téléphone et s’éloigna de quelques pas pour passer ses appels. Barbara le regarda faire, amusée, un mélange d’excitation et de légère appréhension lui nouant l’estomac. Elle se surprit à ressentir cette sensation oubliée : l’improvisation pure, le plaisir de décider sans calculer les conséquences.

Quand Alain revint, téléphone rangé, sourire en coin :

— C’est bon. Le monde peut attendre deux trois heures.

Barbara éclata de rire.

— Parfait. Alors viens, avant que je change d’avis comme une adulte raisonnable.

Ils prirent la direction du cinéma, happés par la foule, avec cette étrange impression de rejouer une scène ancienne — sauf que cette fois, ils savaient que ces parenthèses volées avaient une valeur bien plus précieuse qu’autrefois.

Votre feuilleton, offert par Titan-Informatique, Assistance aux particuliers et entreprises

Chapitre 1 – L’Attente
Chapitre 2 – Le Retour à la Basse Ville
Chapitre 3 – Ce que dissimule le sol
Chapitre 4 – L’ombre ne meurt jamais
Chapitre 5 – Le feu de La Garde
Chapitre 6 – Trois types biens
Chapitre 7 – Déconstructions
Chapitre 8 — L’envers du décor
Chapitre 9 — Les eaux troubles de Saint-Mandrier
Chapitre 00 – La boutique et la rencontre
Chapitre 10 – Je m’occupe de tout
Chapitre 11 — Derrière le Sourire de Delphine
Chapitre 12 — L’épouse de M. Louis
Chapitre 13 — La chute de Mathieu
Chapitre 14 — Partie remise
Chapitre 15 — Le tambour
Chapitre 16 — Les ombres du matin
Chapitre 17 — De Font-Pré à Saint-Musse
Chapitre 18 — Les rubalises jaunes
Chapitre 19 — La rivière des Amoureux
Chapitre 20 — Échapper à la boue
Chapitre 21 — Les empreintes
Chapitre 22 — Elle rôde dans La Rode
Chapitre 23 — Aux genoux des égouts
Chapitre 24 — Macabre covoiturage
Chapitre 25 — Un bus c’est dur !
Chapitre 26 — Urgence à Saint-Musse
Chapitre 27 — Fuite hors sol
Chapitre 28 — Barbara balade
Chapitre 29 — Un caoua avec Barbara
Chapitre 30 — Barbaravatar
Chapitre 31 — Barbara spécial
Chapitre 32 — Probablement

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