Votre feuilleton, offert par Titan-Informatique, Assistance aux particuliers et entreprises
Chapitre 1 – L’Attente
Chapitre 2 – Le Retour à la Basse Ville
Chapitre 3 – Ce que dissimule le sol
Chapitre 4 – L’ombre ne meurt jamais
Chapitre 5 – Le feu de La Garde
Chapitre 6 – Trois types biens
Chapitre 7 – Déconstructions
Chapitre 8 — L’envers du décor
Chapitre 9 — Les eaux troubles de Saint-Mandrier
Chapitre 00 – La boutique et la rencontre
Chapitre 10 – Je m’occupe de tout
Chapitre 11 — Derrière le Sourire de Delphine
Chapitre 12 — L’épouse de M. Louis
Chapitre 13 — La chute de Mathieu
Chapitre 14 — Partie remise
Chapitre 15 — Le tambour
Chapitre 16 — Les ombres du matin
Chapitre 17 — De Font-Pré à Saint-Musse
Chapitre 18 — Les rubalises jaunes
Chapitre 19 — La rivière des Amoureux
Chapitre 20 — Échapper à la boue
Chapitre 21 — Les empreintes
Chapitre 22 — Elle rôde dans La Rode
Chapitre 23 — Aux genoux des égouts
Chapitre 24 — Macabre covoiturage
Chapitre 25 — Un bus c’est dur !
Chapitre 26 — Urgence à Saint-Musse
Chapitre 27 — Fuite hors sol
Chapitre 28 — Barbara balade
Chapitre 29 — Un caoua avec Barbara
Chapitre 30 — Barbaravatar
Chapitre 31 — Barbara spécial
Chapitre 32 — Probablement
Delphine claqua la portière du Uber avant même que le véhicule ne s’immobilise complètement. Le chauffeur protesta à peine — il avait compris que la jeune femme n’était pas d’humeur à s’excuser. Son cœur battait à tout rompre. L’appel de Barbara, bref, confus, s’était terminé dans un silence brutal.
Elle traversa la place à grandes enjambées, fendit le flot de badauds curieux que la police repoussait à distance. L’air froid de la fin d’après-midi lui gifla le visage. À la rivière des Amoureux, le cordon de sécurité était toujours en place, mais un détail glaça le sang de Delphine : parmi les agents, aucun ne semblait avoir aperçu Barbara.
— Excusez-moi, lieutenant, la femme qui a tenté d’entrer ici tout à l’heure… vous savez où elle est passée ? Petite, brune, manteau clair.
Le policier leva à peine les yeux de sa tablette.
— Personne n’est entré par ici, madame. Les accès sont sous contrôle.
Le lieutenant, d’abord agacé, avait ce ton sec et bureaucratique propre aux agents persuadés d’être maîtres de la situation.
— Madame, si tout le monde commence à jouer les détectives, on ne s’en sort plus. Circulez.
Delphine ne bougea pas d’un millimètre. Ses yeux lançaient des éclairs.
— Écoutez-moi, lieutenant. La femme dont je vous parle s’appelle Barbara Varnier. La fille de Thibault Varnier, le maire de Toulon. Alors si vous voulez continuer à pianoter sur votre tablette comme si de rien n’était, libre à vous… mais je vous conseille très vivement de réorienter vos moyens sur sa recherche immédiate.
Le ton était ferme, glacé, calculé.
— C’est en lien avec les crimes sur les infirmières, ajouta-t-elle d’une voix plus basse. Et je pense que le meurtrier est dans les parages.
Le lieutenant releva la tête, soudain attentif, avant de froncer les sourcils.
— Pardon, madame, mais… vous êtes qui, au juste ?
Delphine se figea. Une fraction de seconde, elle comprit qu’il ne la reconnaissait pas — qu’il n’avait aucune idée de qui elle était, ni de son rôle réel auprès du capitaine Oriol. Elle se sentit soudain nue, vulnérable, hors du cadre. L’officier poursuivit, agacé :
— Vous croyez que c’est un jeu ? Que vous pouvez débarquer sur une scène protégée, interrompre une procédure, et me donner des ordres ? Vous voulez que je vous passe les bracelets pour entrave à enquête ?
Delphine le laissa parler, son esprit ailleurs. Elle savait exactement ce qu’elle devait faire. Sans un mot, elle sortit son téléphone, chercha un numéro, et le composa lentement sous le regard soupçonneux du policier.
Quelques secondes passèrent. Puis elle murmura quelques mots à voix basse, presque inaudibles. Quand elle tendit le téléphone au lieutenant, ce dernier hésita avant de le prendre.
— Allô ? Oui, ici le lieutenant… Ah.
Le ton du policier changea aussitôt.
— Oui, mon capitaine… tout de suite, capitaine… bien sûr. Non, elle n’est pas seule… Oui, compris.
Son visage se vida de toute couleur. Trente secondes plus tard, il rendit le téléphone à Delphine, le regard baissé.
— Je… je vous prie de m’excuser, madame Rey. Nous allons lancer les recherches immédiatement.
Delphine hocha simplement la tête.
— C’est bien, lieutenant. Faites vite.
Elle raccrocha, l’air de rien, puis soupira doucement avant de ranger son téléphone.
— Merci, Oriol, murmura-t-elle pour elle-même.
Puis, sans plus attendre, elle tourna les talons vers le canal, ses bottines claquant sur le bitume, son regard rivé sur l’obscurité qui engloutissait lentement la lumière du soir.
Barbara était quelque part là-dessous — et Delphine n’avait plus aucune intention de la laisser seule.
Elle contourna la zone, marchant vite, les yeux cherchant un signe — une silhouette, une ombre, un sac oublié. Rien. La rivière s’étirait comme une plaie muette entre les roseaux et les pierres. Delphine sentit une angoisse ancienne remonter, ce mélange de colère et de peur qui, autrefois, l’avait poussée à traquer des traîtres avec Oriol.
Elle sortit son téléphone, appela. Une première fois, puis une deuxième.
— “Le correspondant que vous essayez de joindre…”
La voix mécanique sembla résonner dans son crâne.
Delphine jura à voix basse, puis se dirigea instinctivement vers le point d’accès du canal couvert. L’entrée béante d’où s’écoulait L’Eygoutier lui apparut à moitié cachée par des herbes hautes. Elle s’approcha, tendant l’oreille. Le bourdonnement de la ville s’effaçait derrière elle.
— Barbara ?! cria-t-elle.
Seul le clapotis de l’eau répondit.
Delphine activa la lampe de son téléphone. La lumière tremblante révéla des traces récentes sur la boue : des empreintes de bottes fines, la même pointure que celles de Barbara. Plus loin, la semelle avait glissé, marquant un élan, une chute peut-être.
Elle sentit un frisson lui parcourir la nuque.
Barbara était entrée là-dedans. Et elle n’était jamais ressortie.
Delphine recula d’un pas, réfléchissant à toute vitesse. Faut-il attendre Oriol ? Oui, sans doute. Mais l’idée de rester là, à attendre, la rendait malade. Elle serra les poings, le regard rivé sur la bouche sombre du canal.
— Tu voulais jouer à la détective, Barbara… très bien.
Elle alluma sa lampe plus fort, inspira profondément, et fit un pas dans l’obscurité, déterminée à retrouver son amie — ou ce qu’il en restait.
Votre feuilleton, offert par Titan-Informatique, Assistance aux particuliers et entreprises
Chapitre 1 – L’Attente
Chapitre 2 – Le Retour à la Basse Ville
Chapitre 3 – Ce que dissimule le sol
Chapitre 4 – L’ombre ne meurt jamais
Chapitre 5 – Le feu de La Garde
Chapitre 6 – Trois types biens
Chapitre 7 – Déconstructions
Chapitre 8 — L’envers du décor
Chapitre 9 — Les eaux troubles de Saint-Mandrier
Chapitre 00 – La boutique et la rencontre
Chapitre 10 – Je m’occupe de tout
Chapitre 11 — Derrière le Sourire de Delphine
Chapitre 12 — L’épouse de M. Louis
Chapitre 13 — La chute de Mathieu
Chapitre 14 — Partie remise
Chapitre 15 — Le tambour
Chapitre 16 — Les ombres du matin
Chapitre 17 — De Font-Pré à Saint-Musse
Chapitre 18 — Les rubalises jaunes
Chapitre 19 — La rivière des Amoureux
Chapitre 20 — Échapper à la boue
Chapitre 21 — Les empreintes
Chapitre 22 — Elle rôde dans La Rode
Chapitre 23 — Aux genoux des égouts
Chapitre 24 — Macabre covoiturage
Chapitre 25 — Un bus c’est dur !
Chapitre 26 — Urgence à Saint-Musse
Chapitre 27 — Fuite hors sol
Chapitre 28 — Barbara balade
Chapitre 29 — Un caoua avec Barbara
Chapitre 30 — Barbaravatar
Chapitre 31 — Barbara spécial
Chapitre 32 — Probablement
