Chapitre 21 — Les empreintes

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Chapitre 1 – L’Attente
Chapitre 2 – Le Retour à la Basse Ville
Chapitre 3 – Ce que dissimule le sol
Chapitre 4 – L’ombre ne meurt jamais
Chapitre 5 – Le feu de La Garde
Chapitre 6 – Trois types biens
Chapitre 7 – Déconstructions
Chapitre 8 — L’envers du décor
Chapitre 9 — Les eaux troubles de Saint-Mandrier
Chapitre 00 – La boutique et la rencontre
Chapitre 10 – Je m’occupe de tout
Chapitre 11 — Derrière le Sourire de Delphine
Chapitre 12 — L’épouse de M. Louis
Chapitre 13 — La chute de Mathieu
Chapitre 14 — Partie remise
Chapitre 15 — Le tambour
Chapitre 16 — Les ombres du matin
Chapitre 17 — De Font-Pré à Saint-Musse
Chapitre 18 — Les rubalises jaunes
Chapitre 19 — La rivière des Amoureux
Chapitre 20 — Échapper à la boue
Chapitre 21 — Les empreintes
Chapitre 22 — Elle rôde dans La Rode
Chapitre 23 — Aux genoux des égouts
Chapitre 24 — Macabre covoiturage
Chapitre 25 — Un bus c’est dur !
Chapitre 26 — Urgence à Saint-Musse
Chapitre 27 — Fuite hors sol
Chapitre 28 — Barbara balade
Chapitre 29 — Un caoua avec Barbara
Chapitre 30 — Barbaravatar
Chapitre 31 — Barbara spécial
Chapitre 32 — Probablement
Chapitre 33 — Les c***, ça ose tout !
Chapitre 34 — L’écoquartier
Chapitre 35 — La clochette
Chapitre 36 — Le téléphone

Delphine avançait en équilibre précaire sur une bande de béton glissante, le téléphone tremblant au bout de son poignet. Chaque pas la rapprochait de Barbara… ou de celui qui l’avait forcée à fuir. Un ruisseau charriait des débris indéfinissables, comme un transit qui évacue tout ce qui nuit à un organisme malade et, au milieu de tout cela, Delphine sentait sa respiration devenir plus courte, plus lourde, presque animale.

Elle se pencha, effleura du doigt une empreinte fraîche dans la boue. Petite, légère — Barbara. Juste à côté, plus profonde, plus nette : une semelle large, un homme, déterminé. Les deux traces se dirigeaient vers un coude du canal où les murs semblaient se resserrer comme une mâchoire.

Une bouffée de rage lui monta dans la poitrine, si violente qu’elle dut s’appuyer contre la paroi pour reprendre contenance. Elle avait l’impression que ses veines brûlaient. Comment avait-il osé la poursuivre jusque-là ? Barbara, si fragile, si lumineuse… Delphine sentit ses doigts se refermer autour du téléphone comme si elle serrait déjà la gorge de cet inconnu.

Elle reprit sa marche, plus vite, les bottes éclaboussant la boue du canal. Un bruit lointain résonna — un clapotis précipité, peut-être une pierre déplacée. Delphine s’immobilisa, tous sens alertés. Le silence revint aussitôt, étouffé, compact. Mais quelque chose, quelque part, venait de bouger.

Elle inspira profondément.
— Sors de là… murmura-t-elle, sa voix basse perdue dans le tunnel. Sors, que je te voie.

La colère lui donnait l’impression d’être plus grande, plus forte, presque invincible. Elle avançait maintenant comme on entre en guerre, la lampe braquée devant elle, prête à frapper. Et à chaque pas, un mélange d’adrénaline et d’instinct la guidait : elle sentait qu’il était encore là, tout près. Peut-être derrière le prochain tournant. Peut-être juste hors du cône de lumière.

Elle posa la main sur la paroi. La boue y portait encore la trace d’une glissade récente, une main, peut-être deux. Elle n’était plus qu’à quelques minutes de l’endroit où Barbara avait dû prendre la fuite.

Un vacillement dans le noir, à l’extrême limite de son champ de vision. Delphine se redressa, muscles tendus.
— Viens, dit-elle entre ses dents serrées. Viens maintenant. Je t’attends.

Et pour la première fois, une certitude l’envahit, implacable : si l’homme se matérialisait, si le monstre se dressait devant elle, elle ne reculerait pas. Elle libérerait enfin cette colère, accumulée depuis l’appel désespéré de Barbara.

Si quelqu’un devait sortir vivant de ce tunnel, ce serait elle. Et Barbara.


Delphine avançait lentement, son téléphone tenu devant elle, pour percer la pénombre du tunnel. Le béton suintait d’humidité, le sol devenait plus glissant, et le passage se rétrécissait comme une gorge prête à l’avaler. Ce lieu n’était plus un simple canal : c’était un boyau brut, brutale, presque organique, où le moindre bruit résonnait trop fort.

Elle progressa jusqu’à un virage serré. En éclairant le sol, elle distingua un amas de détritus plaqué contre une grille. Rien d’inhabituel… jusqu’à ce qu’un reflet rose apparaisse sous une couche de boue.

Delphine s’accroupit. Du bout des doigts, elle dégagea l’objet.

Le pendentif de Barbara. Arraché. Brisé.
Elle le reconnut immédiatement.

Elle referma la main dessus, serré au point que ses doigts blanchirent.

Plus loin, les traces dans la boue étaient claires : les pas paniqués de Barbara, glissants, irréguliers… et des empreintes plus grandes, plus assurées. L’homme l’avait poursuivie dans cette direction.

Delphine se redressa et entra dans le passage étroit. Le plafond descendait, les parois se rapprochaient. Au-dessus, elle percevait la rumeur sourde de la circulation, comme une vibration lointaine. Ici, tout était plus sombre, plus lourd.

Soudain, un bruit sec surgit devant elle : un frottement, un mouvement précipité.
Elle s’arrêta net.

Alors, quelque chose s’alluma.
Un carré de lumière blanche, vif et froid : l’écran d’un téléphone, tenu à bout de bras.

L’homme.

Il balayait l’espace devant lui, cherchant. Son téléphone éclairait le tunnel d’une manière irrégulière, tremblante, qui révélait juste assez pour deviner sa silhouette sans la distinguer totalement — capuche, épaules larges, masque probablement.

Delphine éteignit immédiatement son propre téléphone. La noirceur la happa d’un coup. Ses yeux mirent un temps à s’adapter ; ses autres sens prirent le relais.

Le faisceau de l’homme commença à remonter le conduit, lentement.
Il se rapprochait.
Le moindre faux mouvement la trahirait.

Elle resta plaquée contre le mur, immobile, analysant les secondes qui défilaient, les bruits, l’orientation de la lumière. Une tension froide, précise, lui envahit les muscles.

Il savait qu’elle était là.
Et il avançait.

Encore quelques pas, et la lumière tomberait sur elle.

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Chapitre 1 – L’Attente
Chapitre 2 – Le Retour à la Basse Ville
Chapitre 3 – Ce que dissimule le sol
Chapitre 4 – L’ombre ne meurt jamais
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Chapitre 6 – Trois types biens
Chapitre 7 – Déconstructions
Chapitre 8 — L’envers du décor
Chapitre 9 — Les eaux troubles de Saint-Mandrier
Chapitre 00 – La boutique et la rencontre
Chapitre 10 – Je m’occupe de tout
Chapitre 11 — Derrière le Sourire de Delphine
Chapitre 12 — L’épouse de M. Louis
Chapitre 13 — La chute de Mathieu
Chapitre 14 — Partie remise
Chapitre 15 — Le tambour
Chapitre 16 — Les ombres du matin
Chapitre 17 — De Font-Pré à Saint-Musse
Chapitre 18 — Les rubalises jaunes
Chapitre 19 — La rivière des Amoureux
Chapitre 20 — Échapper à la boue
Chapitre 21 — Les empreintes
Chapitre 22 — Elle rôde dans La Rode
Chapitre 23 — Aux genoux des égouts
Chapitre 24 — Macabre covoiturage
Chapitre 25 — Un bus c’est dur !
Chapitre 26 — Urgence à Saint-Musse
Chapitre 27 — Fuite hors sol
Chapitre 28 — Barbara balade
Chapitre 29 — Un caoua avec Barbara
Chapitre 30 — Barbaravatar
Chapitre 31 — Barbara spécial
Chapitre 32 — Probablement
Chapitre 33 — Les c***, ça ose tout !
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Chapitre 35 — La clochette
Chapitre 36 — Le téléphone

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