Chapitre 20 — Échapper à la boue

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Chapitre 1 – L’Attente
Chapitre 2 – Le Retour à la Basse Ville
Chapitre 3 – Ce que dissimule le sol
Chapitre 4 – L’ombre ne meurt jamais
Chapitre 5 – Le feu de La Garde
Chapitre 6 – Trois types biens
Chapitre 7 – Déconstructions
Chapitre 8 — L’envers du décor
Chapitre 9 — Les eaux troubles de Saint-Mandrier
Chapitre 00 – La boutique et la rencontre
Chapitre 10 – Je m’occupe de tout
Chapitre 11 — Derrière le Sourire de Delphine
Chapitre 12 — L’épouse de M. Louis
Chapitre 13 — La chute de Mathieu
Chapitre 14 — Partie remise
Chapitre 15 — Le tambour
Chapitre 16 — Les ombres du matin
Chapitre 17 — De Font-Pré à Saint-Musse
Chapitre 18 — Les rubalises jaunes
Chapitre 19 — La rivière des Amoureux
Chapitre 20 — Échapper à la boue
Chapitre 21 — Les empreintes
Chapitre 22 — Elle rôde dans La Rode
Chapitre 23 — Aux genoux des égouts

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Delphine inspira profondément avant de s’engager dans le canal couvert.
Le passage béant formait une gueule sombre, humide, et son premier pas résonna comme le claquement d’un os dans un silence trop dense pour être naturel. Son téléphone en main ; la lumière blafarde s’écrasa sur le béton ruisselant, révélant un couloir qui semblait s’enfoncer sans fin sous la ville.

À chaque pas, une idée la hantait : Barbara était passée par là.

Le bruit de l’eau, d’abord lointain, devint un murmure régulier, comme une respiration profonde. Une respiration… trop régulière pour être rassurante. Delphine sentit une sueur froide glisser entre ses omoplates : elle avait l’impression de pénétrer dans les entrailles d’un monstre endormi, un titan de béton et de vase, prêt à se réveiller au moindre faux pas.

L’air était lourd, chargé d’humidité, et chaque goutte qui tombait quelque part dans l’obscurité résonnait comme un avertissement.
Elle avançait à tâtons, le faisceau de son téléphone tremblant légèrement malgré ses efforts pour garder la main ferme. Les parois semblaient se resserrer autour d’elle, absorbant la lumière, dévorant les sons.

— Barbara… murmura-t-elle, comme pour conjurer la peur.

Mais sa voix se perdit dans l’immense tube sombre, étouffée, avalée. Rien. Aucun écho.
Comme si le canal refusait de laisser sortir le moindre cri.

Un frisson la traversa.

Chaque détail accentuait cette sensation dévorante :
les murs suintants comme une peau vivante,
le sol glissant comme une langue visqueuse,
l’odeur stagnante d’eau, de métal, et de quelque chose d’autre… quelque chose de plus inquiétant, de plus organique.

Delphine sentait son cœur battre trop fort, trop vite, mais elle continua d’avancer. À genoux, s’il le fallait. À l’aveugle.
Elle n’avait jamais été du genre à reculer, encore moins quand quelqu’un qu’elle aimait était en jeu.

Mais soudain…
un bruit.
À peine perceptible.
Un froissement, quelque part devant elle.
Pas l’eau. Pas les gouttes.

Quelque chose qui bougeait.

Delphine s’arrêta net, les doigts crispés autour de son téléphone, son souffle suspendu.

Le monstre n’était peut-être pas si endormi que ça.


Barbara avançait depuis de longues minutes, peut-être des heures — elle avait perdu toute notion du temps. Le canal de L’Eygoutier formait un labyrinthe sombre, oppressant, où chaque virage se ressemblait.
Elle cherchait une issue, n’importe quoi : une grille, un couloir technique, une bouche d’aération. Mais rien. Juste l’eau poisseuse et le béton qui résonnait sous ses pas précipités.

Puis elle s’arrêta.
Net.
Son sang se glaça.

Derrière elle… un pas.
Un seul.
Léger.
Mais distinct.

Elle tourna sur elle-même, braquant son téléphone vers l’obscurité.

— Qui est là ? lança-t-elle, la voix tremblante malgré elle.

Aucune réponse.
Juste le ruissellement lointain.

Elle fit un pas en arrière… et un autre bruit éclata.
Un morceau de béton qui se détache.
Un claquement rapide.
Comme quelqu’un qui court.
Vers elle.

Il est là.

Barbara sentit l’adrénaline monter d’un coup : elle se mit à courir aussi vite que le sol glissant le lui permettait. Sa respiration devint rauque, ses pas résonnant en écho dans tout le couloir.
Elle jeta un regard en arrière — juste une fraction de seconde.

Et elle le vit.

Une silhouette.
Grande.
Vêtue d’une capuche noire.
Le visage masqué par quelque chose de blanc, de brillant, comme un demi-masque de carnaval.
Un éclat métallique dans la main — peut-être un couteau, peut-être une barre de fer.
Impossible à distinguer dans la pénombre.

Barbara trébucha, se rattrapa contre le mur, éclaboussant l’eau stagnante.
L’homme avançait vite. Trop vite.

— Non… non… non… murmura-t-elle en cherchant désespérément une issue.

Puis elle la vit :
à sa gauche, une grille métallique tordue, entrouverte, laissant apercevoir un passage vertical — une gaine technique, probablement destinée aux câbles ou aux conduites d’eau.

Elle n’hésita pas.

Elle s’y engouffra, grimpant, tirant sur les barres, ignorant la douleur dans ses bras et ses genoux écorchés. Le métal grinçait. Son téléphone lui échappa des mains. Le bruit des pas derrière elle s’intensifiait.

Il approchait.
Elle sentait sa présence.
Elle entendait presque son souffle.

Barbara atteignit enfin une trappe. Elle poussa de toutes ses forces. Elle céda brusquement, lui projetant une bouffée d’air nocturne au visage.

Elle se hissa dehors — essoufflée, tremblante, couverte de poussière et de boue.
Et elle reconnut l’endroit immédiatement : le parking de La Rode, un vaste espace de béton, mal éclairé, où les ombres prenaient des formes inquiétantes.

Elle retomba au sol, haletante, referma la trappe derrière elle… puis se recula en rampant, s’attendant à voir une main surgir.
Mais rien.
Pas un mouvement.

Elle demeura là quelques secondes, le souffle coupé, la peur battant contre ses tempes.

Puis, enfin, elle comprit :
Elle avait survécu.
Pour l’instant.

Barbara se releva péniblement, cherchant son téléphone.

L’homme au masque, lui, était toujours dans les ténèbres de L’Eygoutier.
Et maintenant… il savait qu’elle l’avait vu.

Et peut-être qu’elle en savait déjà trop.

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Chapitre 2 – Le Retour à la Basse Ville
Chapitre 3 – Ce que dissimule le sol
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