Chapitre 11 — Derrière le Sourire de Delphine

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Chapitre 1 – L’Attente
Chapitre 2 – Le Retour à la Basse Ville
Chapitre 3 – Ce que dissimule le sol
Chapitre 4 – L’ombre ne meurt jamais
Chapitre 5 – Le feu de La Garde
Chapitre 6 – Trois types biens
Chapitre 7 – Déconstructions
Chapitre 8 — L’envers du décor
Chapitre 9 — Les eaux troubles de Saint-Mandrier
Chapitre 00 – La boutique et la rencontre
Chapitre 10 – Je m’occupe de tout
Chapitre 11 — Derrière le Sourire de Delphine
Chapitre 12 — L’épouse de M. Louis
Chapitre 13 — La chute de Mathieu
Chapitre 14 — Partie remise
Chapitre 15 — Le tambour
Chapitre 16 — Les ombres du matin
Chapitre 17 — De Font-Pré à Saint-Musse
Chapitre 18 — Les rubalises jaunes
Chapitre 19 — La rivière des Amoureux
Chapitre 20 — Échapper à la boue
Chapitre 21 — Les empreintes
Chapitre 22 — Elle rôde dans La Rode
Chapitre 23 — Aux genoux des égouts
Chapitre 24 — Macabre covoiturage
Chapitre 25 — Un bus c’est dur !
Chapitre 26 — Urgence à Saint-Musse
Chapitre 27 — Fuite hors sol
Chapitre 28 — Barbara balade
Chapitre 29 — Un caoua avec Barbara
Chapitre 30 — Barbaravatar
Chapitre 31 — Barbara spécial
Chapitre 32 — Probablement
Chapitre 33 — Les c***, ça ose tout !
Chapitre 34 — L’écoquartier
Chapitre 35 — La clochette
Chapitre 36 — Le téléphone
Chapitre 37 — A quatre dans le 4×4

Le lieutenant de vaisseau Mathieu Chamber avait quitté la base de Saint-Mandrier après une longue journée de service. Son allure restait celle d’un officier fatigué, irréprochable. Dans la poche intérieure de sa veste, pas de documents papier ni de microfilm : seulement son smartphone, dissimulé dans un dossier chiffré, les schémas des nouveaux drones de la Marine nationale.

Le ferry le mena jusqu’au port de Toulon. Le trajet avait quelque chose d’absurde : touristes, passagers ordinaires, tous indifférents à ce qu’il transportait dans son esprit et sur son téléphone.

À 21h50, il entra dans un café discret face au commissariat central de Toulon. Quelques mètres seulement séparaient la police de l’échange clandestin qu’il allait accomplir. L’agent russe était déjà là, assis dans un coin sombre, le regard fixé sur son espresso. Mathieu s’installa deux tables plus loin, jouant avec son smartphone, feignant d’envoyer un message. Puis, comme prévu, il se leva, marchant vers la sortie. L’échange dura moins de dix secondes. Son smartphone, passa de main en main avec une précision silencieuse, et l’agent russe remit un appareil identique, vidé et neutre, dans la poche de Mathieu. Personne ne remarqua rien.

Il traversa la place de l’Équerre sous le mistral nocturne, le visage fermé, chaque geste calculé. Chaque pas le rapprochait de l’appartement où Delphine l’attendait, et où elle feindrait l’ignorance. Elle savait. Elle savait que l’homme qui franchirait bientôt la porte n’était pas simplement son petit ami, mais un traître à son pays, un professionnel du mensonge et de la duplicité.

Pourtant, quand Mathieu posa la main sur la poignée, Delphine lui offrit un sourire léger, presque candide. Ses yeux brillaient d’une fausse innocence, tandis que son corps jouait le rôle de la petite amie inquiète et heureuse de le voir revenir.

— Salut… murmura-t-elle en se levant, comme si elle se préoccupait simplement de sa journée.

Mathieu entra, enlevant sa veste avec une précision mécanique, posant ses affaires sur la table basse. Son regard balayait l’appartement avec la même froide efficacité qu’il avait appliquée à son échange clandestin quelques heures plus tôt. Il n’y avait ni hâte ni stress, seulement une maîtrise totale de la situation.

Delphine s’installa sur le canapé, un léger sourire aux lèvres, tout en observant l’homme devant elle. Elle connaissait son professionnalisme, sa capacité à dissocier chaque émotion, chaque risque, chaque mensonge. C’était terrifiant. Même lorsqu’il riait ou parlait d’un sujet banal, cette maîtrise ne disparaissait jamais complètement.

Elle joua son rôle à la perfection, discutant de banalités, préparant du café comme si elle ignorait tout. Mais au fond d’elle, elle calculait, évaluait, notait les gestes, les silences, la manière dont il contrôlait l’espace autour de lui. Tout en lui disait : personne ne pourrait l’arrêter s’il le voulait. Ce mélange de calme glacial et de compétence absolue la fascinait et la terrifiait à la fois.


Le lendemain matin, Delphine franchit les portes de la préfecture maritime de Toulon, le pas rapide, le regard fixé sur l’entrée. Le ciel bas semblait peser sur la ville, reflétant l’inquiétude qui lui serrait la poitrine.

Face au capitaine Jean René Oriol, elle s’assit sans un mot inutile. Elle laissa passer quelques secondes avant de parler, comme pour rassembler ses idées.

— Capitaine, commença-t-elle, je crois que Mathieu utilise mon téléphone pour transmettre des informations.

Oriol la regarda attentivement, l’encourageant à poursuivre.

— Hier soir, quand il est rentré, il avait ce smartphone avec lui… mais quelque chose clochait. Je m’étais mis de la crème sur les mains la veille au matin, avant de prendre son téléphone. Le matin, je l’avais en mains et je sentais encore l’odeur de la crème, persistante. Mais hier soir, après son retour, le téléphone ne sentait plus rien. Il a dû l’échanger.

Le capitaine hocha lentement la tête, silencieux, laissant Delphine sentir la gravité de ses propres mots.

Delphine reprit son souffle et ajouta :
— J’ai installé la balise dans le pull kaki qu’il porte régulièrement, pour pouvoir le suivre.

Oriol fronça les sourcils.
— Justement… soupira-t-il. D’après ce que je vois, la balise n’est pas efficace. Le pull est localisé dans sa chambre de Saint-Mandrier et n’a pas bougé depuis plus d’une semaine. Cela signifie que le dispositif est insuffisant ou que le matériel a été neutralisé.

— Je propose, ajouta-t-elle, qu’on échange le téléphone avec un autre identique, pour voir où il se dirige. Ainsi, nous pourrons suivre ses déplacements et comprendre ses contacts.

Oriol esquissa un léger sourire, approbateur mais sérieux.

— Très bien, dit-il. C’est une bonne idée. Nous allons préparer cela, et vous serez le relais essentiel pour cette opération.

Delphine sentit le poids de la responsabilité, mais aussi la certitude que cette mesure pourrait enfin lui permettre de surveiller Mathieu et ses mouvements, sans qu’il se doute de rien. Chaque détail comptait désormais, et ce simple échange de téléphone pouvait faire basculer la situation.

Le capitaine Oriol la regarda quitter la pièce, l’air déterminé. Il esquissa un sourire et murmura pour lui-même : « Elle progresse vite… Très vite. »

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Chapitre 1 – L’Attente
Chapitre 2 – Le Retour à la Basse Ville
Chapitre 3 – Ce que dissimule le sol
Chapitre 4 – L’ombre ne meurt jamais
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Chapitre 6 – Trois types biens
Chapitre 7 – Déconstructions
Chapitre 8 — L’envers du décor
Chapitre 9 — Les eaux troubles de Saint-Mandrier
Chapitre 00 – La boutique et la rencontre
Chapitre 10 – Je m’occupe de tout
Chapitre 11 — Derrière le Sourire de Delphine
Chapitre 12 — L’épouse de M. Louis
Chapitre 13 — La chute de Mathieu
Chapitre 14 — Partie remise
Chapitre 15 — Le tambour
Chapitre 16 — Les ombres du matin
Chapitre 17 — De Font-Pré à Saint-Musse
Chapitre 18 — Les rubalises jaunes
Chapitre 19 — La rivière des Amoureux
Chapitre 20 — Échapper à la boue
Chapitre 21 — Les empreintes
Chapitre 22 — Elle rôde dans La Rode
Chapitre 23 — Aux genoux des égouts
Chapitre 24 — Macabre covoiturage
Chapitre 25 — Un bus c’est dur !
Chapitre 26 — Urgence à Saint-Musse
Chapitre 27 — Fuite hors sol
Chapitre 28 — Barbara balade
Chapitre 29 — Un caoua avec Barbara
Chapitre 30 — Barbaravatar
Chapitre 31 — Barbara spécial
Chapitre 32 — Probablement
Chapitre 33 — Les c***, ça ose tout !
Chapitre 34 — L’écoquartier
Chapitre 35 — La clochette
Chapitre 36 — Le téléphone
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