Votre feuilleton, offert par Titan-Informatique, Assistance aux particuliers et entreprises
Chapitre 1 – L’Attente
Chapitre 2 – Le Retour à la Basse Ville
Chapitre 3 – Ce que dissimule le sol
Chapitre 4 – L’ombre ne meurt jamais
Chapitre 5 – Le feu de La Garde
Chapitre 6 – Trois types biens
Chapitre 7 – Déconstructions
Chapitre 8 — L’envers du décor
Chapitre 9 — Les eaux troubles de Saint-Mandrier
Chapitre 00 – La boutique et la rencontre
Chapitre 10 – Je m’occupe de tout
Chapitre 11 — Derrière le Sourire de Delphine
Chapitre 12 — L’épouse de M. Louis
Chapitre 13 — La chute de Mathieu
Chapitre 14 — Partie remise
Chapitre 15 — Le tambour
Chapitre 16 — Les ombres du matin
Chapitre 17 — De Font-Pré à Saint-Musse
Chapitre 18 — Les rubalises jaunes
Chapitre 19 — La rivière des Amoureux
Chapitre 20 — Échapper à la boue
Chapitre 21 — Les empreintes
Chapitre 22 — Elle rôde dans La Rode
Chapitre 23 — Aux genoux des égouts
Chapitre 24 — Macabre covoiturage
Chapitre 25 — Un bus c’est dur !
Chapitre 26 — Urgence à Saint-Musse
Chapitre 27 — Fuite hors sol
Chapitre 28 — Barbara balade
Chapitre 29 — Un caoua avec Barbara
Chapitre 30 — Barbaravatar
Chapitre 31 — Barbara spécial
Chapitre 32 — Probablement
Delphine et Barbara étaient toujours là, accrochées, incapables d’agir autrement que de tenir. Le froid du métal traversait leurs paumes, leurs bras tétanisés par l’effort. Il n’y avait plus de plan, plus de réflexion possible. Seulement cette certitude sourde : si elles lâchaient, tout s’arrêtait.
La voiture quitta brutalement le parking et s’engagea sur la bretelle d’accès à l’autoroute. Le choc de la transition projeta Delphine contre le pare-brise, son souffle coupé un instant. Barbara, sur le toit, sentit le vent s’engouffrer sous sa veste, tenter de l’arracher à la carrosserie.
Puis la vitesse augmenta.
Encore.
Toujours plus.
Les lumières de la ville s’étirèrent en traînées floues. Le tueur conduisait sans hésitation, sans regard pour elles, comme si leur présence n’était qu’un désagrément mécanique à éliminer. L’autoroute apparut, vaste, ouverte, et la voiture s’y engouffra en direction de Nice.
Delphine comprit alors.
Il ne fuyait pas.
Il accélérait vers leur fin.
À vive allure, le véhicule zigzaguait entre les voies. Le tueur n’hésitait pas à frôler, puis à percuter volontairement d’autres voitures, de simples coups d’épaule métalliques, calculés. Chaque impact faisait vibrer la carrosserie, chaque choc arrachait un cri étouffé à Barbara, chaque embardée menaçait de les projeter sous les roues.
Delphine sentit ses doigts glisser une première fois. Une fraction de seconde. Assez pour voir le bitume défiler sous elle, assez pour comprendre que la route ne pardonnerait rien. Elle se raccrocha, le souffle court, le goût du sang dans la bouche, les yeux brûlés par le vent.
À l’intérieur, le tueur restait droit, concentré, méthodique.
Il utilisait la circulation comme une arme.
Les autres véhicules comme des obstacles… ou des projectiles.
Barbara hurla enfin, non pas de peur, mais de rage. Un cri brut, animal, arraché à la certitude qu’elles étaient devenues des corps superflus qu’il tentait d’effacer.
Et pourtant, malgré la vitesse, malgré la violence, malgré l’absurdité de la situation, aucune des deux ne lâcha.
Parce qu’abandonner, c’était mourir.
Et tenir… c’était encore vivre.
L’autoroute s’effaça brusquement au profit des échangeurs urbains. Le tueur quitta les voies rapides sans ralentir, s’engageant dans la voie de bus de Saint-Musse comme s’il la connaissait par cœur. Trop sûr de lui. Trop pressé.
Delphine sentit aussitôt que quelque chose clochait.
Cette bretelle n’était pas un simple ruban de bitume.
Au milieu de la voie, un arrêt.
Et un bus.
À l’arrêt.
Immobile.
Le tueur le vit trop tard.
Le freinage fut brutal, violent, presque instinctif. La décélération obligea Delphine à se cramponner et à préserver ses jambes en les levant dans un choc sourd, tandis que Barbara glissait dangereusement sur le toit avant de se rattraper de justesse aux barres métalliques. »
Une fraction de seconde suspendue.
Puis l’impact.
La voiture s’encastra dans l’arrière du bus dans un fracas métallique assourdissant. Le capot se plia comme du papier, le pare-brise éclata en une pluie de verre. L’affiche publicitaire collée à l’arrière du bus se déchira sous le choc, arrachée net, flottant un instant avant de retomber sur la chaussée.
“RCT – UBB : le prochain choc”
Les lettres rouges et noir se froissèrent au sol, dérisoires face à la violence de l’instant.
Tout s’immobilisa.
Le silence qui suivit fut presque irréel, seulement troublé par le crépitement du moteur et les gémissements lointains de métal chaud. Delphine resta figée quelques secondes, accrochée au capot déformé, incapable de savoir si elle respirait encore.
Barbara, sur le toit, haletait, son cœur battant à rompre, les yeux écarquillés.
Et à l’intérieur de l’habitacle, le tueur ne bougeait pas.
Pas encore.
La portière du conducteur s’ouvrit brusquement.
Le tueur sortit de la voiture en titubant à peine, jeta un regard rapide autour de lui, puis s’engouffra dans le tunnel piéton qui longeait la voie de bus. Il disparut dans l’ombre sans un mot, avalé par le béton.
Delphine et Barbara restèrent un instant immobiles, à reprendre leurs esprits. Leurs corps tremblaient encore, moins de froid que d’adrénaline. Autour d’elles, les passagers du bus descendaient, hébétés, certains parlant trop fort, d’autres filmant déjà la scène sans vraiment comprendre ce qu’ils avaient évité.
— Il fuit… souffla Barbara.
— Évidemment, répondit Delphine en serrant les dents.
C’est alors que Barbara reconnut un visage parmi les passagers.
Un homme d’une trentaine d’années, une trottinette pliée à la main, l’air complètement désorienté, comme s’il s’était trompé de réalité. Il observait la scène sans vraiment la voir.
— Tu… tu travailles à BDM ? demanda Barbara.
L’homme cligna des yeux, cherchant ses mots.
— Ouais… oui, répondit-il finalement, toujours aussi perdu.
Delphine n’attendit pas davantage. Elle lui arracha la trottinette des mains, la déplia en deux gestes secs et posa le pied dessus.
— Hé… murmura l’homme, surpris.
Barbara le fixa alors plus attentivement.
— Ça va ? demanda-t-elle.
— Oui… oui, ça va, répondit-il avec un calme suspect.
Barbara pencha légèrement la tête.
— « Kevin »… tu serais pas stone, par hasard ?
Il esquissa un petit sourire, presque fier.
— Si. Comme d’habitude.
Barbara soupira.
— Tu travailles avec Alex.
— Ouais… Alex… le mec avec un chapeau qui se prend pour le chef.
— C’est mon mari, répondit-elle sans détour.
« Kevin » hocha la tête, visiblement ravi de l’information, sans vraiment en mesurer la portée.
— Ta trottinette, tu la récupéreras au commissariat de Toulon, conclut Barbara.
Kevin cligna encore des yeux.
— Ok… mais là, je suis stone.
Delphine, déjà lancée vers l’entrée du tunnel, cria sans se retourner :
— J’espère pour toi que tu t’en souviendras demain.
Et elle disparut à son tour dans l’ombre du passage piéton, portée par une colère froide et une détermination qui ne laissait plus aucune place au doute.
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Chapitre 1 – L’Attente
Chapitre 2 – Le Retour à la Basse Ville
Chapitre 3 – Ce que dissimule le sol
Chapitre 4 – L’ombre ne meurt jamais
Chapitre 5 – Le feu de La Garde
Chapitre 6 – Trois types biens
Chapitre 7 – Déconstructions
Chapitre 8 — L’envers du décor
Chapitre 9 — Les eaux troubles de Saint-Mandrier
Chapitre 00 – La boutique et la rencontre
Chapitre 10 – Je m’occupe de tout
Chapitre 11 — Derrière le Sourire de Delphine
Chapitre 12 — L’épouse de M. Louis
Chapitre 13 — La chute de Mathieu
Chapitre 14 — Partie remise
Chapitre 15 — Le tambour
Chapitre 16 — Les ombres du matin
Chapitre 17 — De Font-Pré à Saint-Musse
Chapitre 18 — Les rubalises jaunes
Chapitre 19 — La rivière des Amoureux
Chapitre 20 — Échapper à la boue
Chapitre 21 — Les empreintes
Chapitre 22 — Elle rôde dans La Rode
Chapitre 23 — Aux genoux des égouts
Chapitre 24 — Macabre covoiturage
Chapitre 25 — Un bus c’est dur !
Chapitre 26 — Urgence à Saint-Musse
Chapitre 27 — Fuite hors sol
Chapitre 28 — Barbara balade
Chapitre 29 — Un caoua avec Barbara
Chapitre 30 — Barbaravatar
Chapitre 31 — Barbara spécial
Chapitre 32 — Probablement
