Chapitre 28 — Barbara balade

Votre feuilleton, offert par Titan-Informatique, Assistance aux particuliers et entreprises

Chapitre 1 – L’Attente
Chapitre 2 – Le Retour à la Basse Ville
Chapitre 3 – Ce que dissimule le sol
Chapitre 4 – L’ombre ne meurt jamais
Chapitre 5 – Le feu de La Garde
Chapitre 6 – Trois types biens
Chapitre 7 – Déconstructions
Chapitre 8 — L’envers du décor
Chapitre 9 — Les eaux troubles de Saint-Mandrier
Chapitre 00 – La boutique et la rencontre
Chapitre 10 – Je m’occupe de tout
Chapitre 11 — Derrière le Sourire de Delphine
Chapitre 12 — L’épouse de M. Louis
Chapitre 13 — La chute de Mathieu
Chapitre 14 — Partie remise
Chapitre 15 — Le tambour
Chapitre 16 — Les ombres du matin
Chapitre 17 — De Font-Pré à Saint-Musse
Chapitre 18 — Les rubalises jaunes
Chapitre 19 — La rivière des Amoureux
Chapitre 20 — Échapper à la boue
Chapitre 21 — Les empreintes
Chapitre 22 — Elle rôde dans La Rode
Chapitre 23 — Aux genoux des égouts
Chapitre 24 — Macabre covoiturage
Chapitre 25 — Un bus c’est dur !
Chapitre 26 — Urgence à Saint-Musse
Chapitre 27 — Fuite hors sol
Chapitre 28 — Barbara balade
Chapitre 29 — Un caoua avec Barbara
Chapitre 30 — Barbaravatar

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Un mois avait passé depuis la fuite spectaculaire en hélicoptère.
L’appareil avait été retrouvé abandonné sur la pelouse du stade Perruc, à Hyères, portes ouvertes, réservoir presque vide. Du tueur, aucune trace. Comme s’il s’était dissous dans l’air salé du littoral.

Dans l’appartement de Delphine, au-dessus du tabac du cours Lafayette, la nuit tombait doucement. La fenêtre donnait sur le va-et-vient du marché démonté, les voix plus rares, les pas plus lents. Sur la table basse, des feuilles, des articles imprimés, des notes griffonnées à la hâte.

Delphine marchait de long en large, un stylo à la main.

— Toujours le même profil… toujours les mêmes racines, dit-elle. Anciennes infirmières. Service cardio 5 de Brunet. Toutes.

Barbara était assise sur le pouf en cuir, les bras croisés.

— Celles qu’on connaissait déjà… plus celles d’après.

Delphine hocha la tête, puis énuméra, presque mécaniquement, comme pour ne pas se laisser submerger.

— Martine Lachaud. Retraitée depuis huit ans.
— Sophie Rigal. Partie de l’hôpital juste avant la fermeture de Brunet.
— Claire Montfort. Morte dans son pavillon, mise en scène propre, clinique.
— Et maintenant… Édith Perrone. Trouvée dans son garage, la semaine dernière.

Elle s’arrêta, serra les dents.

— Quatre nouvelles. Toutes cardio 5. Toutes sans histoire, sans menaces, sans conflits connus.

Barbara leva les yeux vers elle.

— Et celle du parking… celle qu’on a tenté de sauver…

Delphine ferma brièvement les paupières.

— Elle aussi, Barbara. Elle aussi venait de Brunet. Mutation récente dans un institut de soins à Giens. Même génération, même service, même couloir, probablement les mêmes gardes de nuit.

Un silence s’installa.

— Ce n’est pas un hasard, murmura Barbara. C’est une liste.

— Oui, répondit Delphine. Et ce qui me terrifie… c’est que cette liste, elle a été écrite il y a longtemps.

Elle se pencha sur la table, montra une feuille.

— Regarde les dates. Toutes ont travaillé ensemble entre 2009 et 2012. Trois ans. Exactement la période où le service cardio 5 a été signalé pour “incident médical grave” classé sans suite.

Barbara fronça les sourcils.

— L’affaire dont personne ne parle ?

— Celle-là même. Dossier enterré avec l’hôpital.

Barbara se redressa.

— Donc le tueur ne choisit pas ses victimes au hasard. Il règle une dette.

Delphine acquiesça lentement.

— Ou il se venge d’un silence collectif.

Elle releva la tête, le regard dur.

— Et tant qu’on ne saura pas ce qui s’est vraiment passé dans ce service, il continuera.

Barbara inspira profondément.

— Oriol est toujours bloqué par le secret médical et les dossiers disparus…

— Alors on ne passera pas par les dossiers, répondit Delphine.
On passera par les gens.

Barbara comprit immédiatement.

— Les anciens de Brunet.

— Les aides-soignants, les internes, les brancardiers, les familles… quelqu’un sait. Quelqu’un se souvient. Et quelqu’un a peur.

Delphine ramassa sa veste posée sur une chaise.

— Et moi, j’ai arrêté d’avoir peur.

Barbara esquissa un sourire nerveux.

— Génial… parce que moi, j’en ai encore un peu pour deux.

Delphine lui rendit son sourire, fatigué mais déterminé.

— T’inquiète. Cette fois, on ne se sépare plus.


Barbara resta silencieuse un instant, jouant avec la fermeture de son sac.
Delphine la connaissait assez pour savoir que ce genre de geste n’annonçait jamais une bonne nouvelle.

— D’ailleurs… commença Barbara, en prenant un ton faussement léger, il faut que je te dise un truc.

Delphine s’appuya contre le dossier de la chaise, attentive, sans presser.

— À partir de maintenant, je ne serai plus dispo le mardi après-midi.

Elle releva les yeux, cherchant déjà ses mots.

— Les filles finissent plus tôt, et… j’ai vu ça avec monsieur Louis. Il est d’accord pour que je ne sois pas au tabac ce jour-là.

Delphine hocha simplement la tête.

— D’accord.

Barbara cligna des yeux, surprise par l’absence de réaction.

— C’est tout ?

— Tu veux que je dise quoi ? répondit Delphine calmement. Tes filles passent avant tout. Et puis, on s’arrangera pour le reste.

Barbara parut soulagée… mais seulement à moitié. Quelque chose dans son regard restait en suspens, comme une phrase qu’elle n’osait pas terminer.

En réalité, elle ne disait pas tout.
Ni à Delphine.
Ni à monsieur Louis.
Et surtout pas à Alex.

Un rendez-vous régulier, discret… voire honteux ?
Des activités qu’elle préférait garder secrètes.
Et pourquoi invoquer les filles comme prétexte ?

Delphine, elle, n’était pas dupe : elle savait bien que, le mardi, c’étaient les parents de Barbara qui récupéraient les filles, avec leur traditionnelle visite au zoo du Faron.

Elle avait vu la façon dont Barbara avait évité son regard.
La manière trop rapide dont elle avait parlé de l’accord avec monsieur Louis.
Et ce léger tremblement dans la voix, pas tout à fait de la fatigue.

Mais elle n’en montra rien.

Après ce qu’elles avaient traversé — le canal, le parking, la voiture, le sang, la peur brute — Delphine relativisait beaucoup de choses.
Chacun avait le droit à ses silences.
Et parfois, se taire, c’était aussi une façon de tenir debout.

— Franchement, dit-elle simplement, après ce mois de merde… si t’as besoin de temps pour toi, tu le prends. Point.

Barbara esquissa un sourire reconnaissant.

— T’es vraiment pas normale.

— Je sais, répondit Delphine. C’est mon charme.

Elles restèrent là quelques secondes, dans un calme presque fragile, conscientes que la tempête n’était pas finie… mais qu’au moins, pour ce soir, elles étaient encore debout.

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Chapitre 1 – L’Attente
Chapitre 2 – Le Retour à la Basse Ville
Chapitre 3 – Ce que dissimule le sol
Chapitre 4 – L’ombre ne meurt jamais
Chapitre 5 – Le feu de La Garde
Chapitre 6 – Trois types biens
Chapitre 7 – Déconstructions
Chapitre 8 — L’envers du décor
Chapitre 9 — Les eaux troubles de Saint-Mandrier
Chapitre 00 – La boutique et la rencontre
Chapitre 10 – Je m’occupe de tout
Chapitre 11 — Derrière le Sourire de Delphine
Chapitre 12 — L’épouse de M. Louis
Chapitre 13 — La chute de Mathieu
Chapitre 14 — Partie remise
Chapitre 15 — Le tambour
Chapitre 16 — Les ombres du matin
Chapitre 17 — De Font-Pré à Saint-Musse
Chapitre 18 — Les rubalises jaunes
Chapitre 19 — La rivière des Amoureux
Chapitre 20 — Échapper à la boue
Chapitre 21 — Les empreintes
Chapitre 22 — Elle rôde dans La Rode
Chapitre 23 — Aux genoux des égouts
Chapitre 24 — Macabre covoiturage
Chapitre 25 — Un bus c’est dur !
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