Chapitre 38 — Et la honte disparu

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Delphine sortit son téléphone et fit glisser l’écran vers la photo de Barbara.

Regardez, c’est elle ? demanda-t-elle calmement à la réceptionniste.

La jeune femme derrière le comptoir se redressa, visiblement mal à l’aise.

— Je… je ne peux pas répondre à ce genre de questions, ça relève de la vie privée des clients…

Oriol posa son insigne sur le comptoir et fit un geste vers son arme de service, doucement mais fermement.

C’est officiel. Nous avons besoin d’une réponse claire.

La réceptionniste inspira profondément et céda enfin :

— Oui… je la connais. Elle doit être dans la chambre 38… comme d’habitude.

À ce moment-là, Alex, qui s’était approché sans que Delphine ni Oriol ne s’en rendent compte, fronça les sourcils.

Comme d’habitude ? murmura-t-il.

La réceptionniste hocha la tête, un peu nerveuse :

— Oui… elle vient accompagnée chaque mardi.

Delphine échangea désolé un regard avec Alex.


Delphine, Alex, Oriol et le flic Podium remontent le couloir en silence jusqu’à la chambre 38.
Delphine s’arrête devant la porte, frappe, une fois, deux fois. Rien.
Elle colle presque son visage au bois et appelle Barbara par son prénom, d’une voix sèche :
— Je sais que tu es là. Oriol a géolocalisé ton portable. La réception a confirmé.
Le silence dure. Trop long.
Elle insiste, les jointures blanches sur le chambranle.
Enfin, au bout de plusieurs minutes, une voix étouffée filtre à travers la porte :
— Tu es seule ?
— Non.
— Qui est avec toi ?
Delphine serre les dents.
— Podium, Oriol…
Elle hésite une fraction de seconde.
— … et Alex.
Un déclic métallique. La porte se déverrouille, s’entrouvre de quelques centimètres.
La lumière est éteinte. Les rideaux tirés.
Barbara laisse filtrer une voix basse, inquiète :
— Toi, tu peux entrer. Les autres, ils restent dehors.
Delphine glisse dans l’embrasure, laissant derrière elle la silhouette sombre des trois hommes.


Delphine tâtonnait dans le noir, les doigts collés au mur, à la recherche de l’interrupteur. L’obscurité était totale, pesante, comme si la chambre avalait le moindre bruit. Au moment où ses doigts effleurèrent enfin l’interrupteur et l’enfoncèrent, un cri déchira l’air dans la pièce.
« Non ! » hurla Barbara.
Trop tard. La lumière tomba d’un coup, crue, sans pitié.
Delphine vit alors ce que Barbara ne voulait surtout pas qu’elle voie.
Barbara était assise sur le lit, complètement nue. La chambre était vide, presque stérile, sans meubles, sans photos, sans vie. Le lit lui‑même n’avait pas de draps, juste un matelas grisâtre, comme dans une chambre d’hôtel après un départ précipité.
Delphine se précipita vers son amie, la voix serrée.
« Mais où sont tes vêtements ? » lui demanda‑t‑elle en la regardant comme si elle cherchait une explication impossible.
Barbara hésite, détourna un instant le regard, puis répond d’une voix étrangement calme, comme si elle parlait de quelque chose de banal.
« Je n’ai pas de vêtements, fini‑elle par dire. Enfin… pas ici. »

Delphine ouvre la porte à peine, juste assez pour glisser un œil dans le couloir et laisser passer sa voix. Elle appuya son dos contre le chambranle, comme si elle cherchait à cacher le chaos de la pièce derrière elle.
« Oriol », appela‑t‑elle, doucement mais sans hésitation.
Il était là, dehors, debout, adossé au mur, comme si quelqu’un l’avait attendu depuis longtemps. Il leva vers elle un regard troublé, les yeux chargés de questions qu’il ne posait pas.
Delphine, sans le quitter des yeux, souffla :
« Va me trouver des vêtements. N’importe quoi. »
Oriol ne discuta pas. Il n’insista pas, ne demanda ni pourquoi ni pour qui. Il se contenta d’obéir, silencieusement, comme si cette obéissance était une habitude ou un réflexe.
Il s’immobilisa un instant, le temps de mesurer toute la portée de ce que Delphine venait de lui demander en le tutoyant. Puis, sans un mot, il s’éloigna dans le couloir.


Alex, comme une furie, bouscula Delphine, la projeta presque contre le mur, et fonça tête baissée dans la chambre, sans même laisser à la porte le temps de s’ouvrir complètement.
« Mais qu’est‑ce qui se passe ici ? » hurla‑t‑il, la voix rauque de colère. « Où est Barbara ! »
La lumière crue tomba sur Barbara, droite sur le lit, dans le plus simple appareil, sans la moindre possibilité de se cacher.
Face à elle, Alex se figea une fraction de seconde, le temps de saisir l’évidence.
Barbara croisa son regard et comprit aussitôt qu’elle allait devoir expliquer cette position — et que les mots ne suffiraient pas.

L’inspecteur Podium entra en même temps que Delphine, silhouette massive et silencieuse, suivie d’Oriol qui revenait enfin, les bras chargés d’un bas de jogging et d’un peignoir d’hôtel, mal pliés, comme volés en vitesse.
Il les tendit aussitôt à Barbara, sans un mot.
Barbara prit les vêtements avec une lenteur presque dérangeante, l’air étrangement calme, comme si elle assumait pleinement la situation, sans gêne, sans honte, comme si tout ce qui se passait autour d’elle était déjà inscrit quelque part, dans un scénario qu’elle connaissait par cœur.

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Chapitre 1 – L’Attente
Chapitre 2 – Le Retour à la Basse Ville
Chapitre 3 – Ce que dissimule le sol
Chapitre 4 – L’ombre ne meurt jamais
Chapitre 5 – Le feu de La Garde
Chapitre 6 – Trois types biens
Chapitre 7 – Déconstructions
Chapitre 8 — L’envers du décor
Chapitre 9 — Les eaux troubles de Saint-Mandrier
Chapitre 00 – La boutique et la rencontre
Chapitre 10 – Je m’occupe de tout
Chapitre 11 — Derrière le Sourire de Delphine
Chapitre 12 — L’épouse de M. Louis
Chapitre 13 — La chute de Mathieu
Chapitre 14 — Partie remise
Chapitre 15 — Le tambour
Chapitre 16 — Les ombres du matin
Chapitre 17 — De Font-Pré à Saint-Musse
Chapitre 18 — Les rubalises jaunes
Chapitre 19 — La rivière des Amoureux
Chapitre 20 — Échapper à la boue
Chapitre 21 — Les empreintes
Chapitre 22 — Elle rôde dans La Rode
Chapitre 23 — Aux genoux des égouts
Chapitre 24 — Macabre covoiturage
Chapitre 25 — Un bus c’est dur !
Chapitre 26 — Urgence à Saint-Musse
Chapitre 27 — Fuite hors sol
Chapitre 28 — Barbara balade
Chapitre 29 — Un caoua avec Barbara
Chapitre 30 — Barbaravatar
Chapitre 31 — Barbara spécial
Chapitre 32 — Probablement
Chapitre 33 — Les c***, ça ose tout !
Chapitre 34 — L’écoquartier
Chapitre 35 — La clochette
Chapitre 36 — Le téléphone
Chapitre 37 — A quatre dans le 4×4
Chapitre 38 — Et la honte disparu

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