Votre feuilleton, offert par Titan-Informatique, Assistance aux particuliers et entreprises
La porte du tabac s’ouvrit brusquement.
Le capitaine Jean-René Oriol entra sans dire un mot.
Grand, droit dans son manteau sombre, il s’arrêta juste à l’intérieur, laissant la porte se refermer derrière lui. Son regard balaya la pièce avec une précision presque militaire.
D’abord Delphine.
Puis Alex.
Puis l’inspecteur Podium.
Même Mr Louis sentit que quelque chose n’allait pas.
Oriol ne salua personne.
Quand il parla enfin, sa voix était calme… mais ferme.
— Delphine. Alex. Inspecteur Podium.
Un court silence.
— Vous me suivez.
Alex se leva immédiatement.
Podium, lui, fronça les sourcils.
— Pardon ?
Oriol ne changea pas de ton.
— Nous partons tout de suite.
Il désigna l’extérieur d’un mouvement de tête.
— Ma voiture est devant.
Delphine attrapa sa veste sans poser de question.
Alex était déjà près de la porte.
Mais Podium, lui, ne bougea pas.
— Attendez une minute, capitaine.
Oriol se tourna lentement vers lui.
— Oui ?
Podium croisa les bras.
— On pourrait peut-être savoir où on va ?
Le silence retomba.
— Et surtout, continua Podium, pourquoi je dois venir ?
Oriol le fixa quelques secondes.
Son regard n’était ni hostile ni impatient. Simplement… déterminé.
— Parce que vous êtes concerné.
Podium plissa les yeux.
— Concerné par quoi exactement ?
Oriol ouvrit la porte du tabac.
Dehors, garé en travers du Cours Lafayette, un 4×4 Ford de la gendarmerie maritime attendait, gyrophares éteints mais moteur tournant.
Oriol se tourna de nouveau vers eux.
— Nous ferons le point dans la voiture.
Podium soupira.
— J’adore quand on m’explique les choses…
Mais Alex avait déjà franchi la porte.
Delphine le suivit.
Podium hésita encore une seconde… puis attrapa sa veste et sortit à son tour.
Dans la rue, les passants regardaient le véhicule officiel avec curiosité.
Oriol ouvrit la portière conducteur.
— Montez.
Alex se retourna vers lui, tendu.
— Barbara… elle est où ?
Oriol posa enfin les yeux sur lui.
Un instant seulement.
Puis il répondit :
— Justement… c’est ce que nous allons éclaircir.
Le moteur du 4×4 gronda plus fort dans la nuit tombante.
Le 4×4 roulait maintenant dans la nuit, quittant les lumières du Cours Lafayette pour rejoindre les axes plus calmes de Toulon. Le moteur du véhicule couvrait presque le silence pesant qui régnait dans l’habitacle.
Le capitaine Oriol conduisait sans se retourner.
Finalement, il parla.
— Bon. On va arrêter de tourner autour du pot.
Personne ne répondit.
— J’ai fait localiser le téléphone de Barbara.
Alex se pencha légèrement en avant.
— Et ?
Oriol garda les yeux sur la route.
— La dernière borne… se trouve à Ollioules.
Un léger silence.
Delphine fronça les sourcils.
— Ollioules ?
Oriol acquiesça.
— Oui. Et ce n’est pas ça qui est le plus intéressant.
Il marqua une courte pause.
— J’ai demandé à remonter l’historique des connexions.
Le véhicule passa sous un lampadaire, éclairant brièvement les visages tendus des passagers.
— Et visiblement… ce n’est pas la première fois que son téléphone borne là-bas.
Alex ne bougeait plus.
— Plus précisément… continua Oriol, tous les mardis après-midi depuis plusieurs mois.
Le silence devint lourd.
— Le téléphone s’éteint vers 14h30.
Oriol tourna légèrement le volant pour s’engager sur la route.
— Et il se rallume vers 18h.
Plus personne ne parlait.
Le moteur ronronnait dans l’obscurité.
Deux minutes passèrent.
Puis Alex lâcha, les yeux perdus dans les lumières qui défilaient derrière la vitre :
— La conne…
Le mot tomba brutalement dans l’habitacle.
Oriol ne réagit pas.
Podium, lui, remua sur son siège.
— Excusez-moi… dit-il finalement. Mais je voudrais toujours savoir ce que je fais ici.
Il leva les mains.
— Je ne vois pas très bien le rapport avec mon travail.
Delphine, assise à côté de lui, tourna lentement la tête vers lui.
Son regard était calme.
— Justement.
Podium fronça les sourcils.
— Comment ça ?
Delphine répondit simplement :
— Votre travail.
Podium la fixa.
— Pardon ?
Elle continua, d’un ton posé.
— Votre travail de constatation.
Un silence.
Podium cligna des yeux.
— Constatation de quoi exactement ?
Delphine regardait maintenant la route devant eux.
Puis elle dit doucement :
— Que Barbara ne passait probablement pas ses mardis après-midi à garder ses filles.
Le 4×4 ralentit en quittant la départementale.
Quelques secondes plus tard, il s’engagea sur le petit parking éclairé par des lampadaires blafards. Une enseigne lumineuse dominait l’endroit.
Un hôtel B&B.
B&B Hotels
Le genre d’établissement que personne ne remarque vraiment.
Des voitures immatriculées de toute la France occupaient les places : une familiale chargée de bagages, un utilitaire de commercial, un petit SUV couvert de poussière d’autoroute.
Des vacanciers croisaient des représentants de commerce sans même se regarder.
Chacun venait ici pour la même raison :
dormir quelques heures… puis repartir.
La voiture s’arrêta.
Le moteur resta allumé quelques secondes avant que le capitaine Oriol ne coupe le contact.
Personne ne parla.
Finalement, Oriol ouvrit la portière.
— Delphine.
Elle sortit immédiatement.
L’air de la nuit était tiède.
Oriol referma sa portière puis se pencha vers l’arrière du véhicule.
— Alex… Inspecteur Podium.
Alex leva à peine les yeux.
— Oui…
Oriol parla calmement.
— Vous restez dans la voiture.
Podium protesta aussitôt.
— Attendez, capitaine, si on est là pour une procédure—
Oriol le coupa net.
— Dans la voiture.
Un silence.
Alex répondit simplement :
— Oui…
Sa voix était molle, presque absente.
Il regardait toujours droit devant lui, comme si tout venait de s’effondrer dans sa tête.
Podium soupira.
— Très bien… très bien…
Il se cala dans son siège en marmonnant.
— De toute façon… quelqu’un devra bien s’occuper de toute la paperasse dans cette histoire…
Personne ne répondit.
Dehors, Delphine attendait déjà près de l’entrée.
Oriol la rejoignit.
Ils échangèrent un regard.
Puis ils se mirent en marche.
L’accueil de l’hôtel était éclairé par une lumière blanche et impersonnelle.
Une porte automatique s’ouvrit devant eux.
Ils avancèrent lentement.
Pas comme deux enquêteurs.
Pas vraiment comme des policiers.
Plutôt comme deux personnes qui savent déjà ce qu’elles vont découvrir… mais qui doivent tout de même aller vérifier.
Delphine regarda brièvement Oriol.
— Tu es sûr ?
Oriol répondit sans la regarder.
— Le téléphone a borné ici.
Ils arrivèrent devant la réception.
Un jeune employé levait à peine les yeux de son écran.
Delphine et Oriol avancèrent vers le comptoir.
Avec ce sentiment étrange.
Celui que l’on ressent parfois…
quand on marche vers une porte qu’on préférerait ne jamais ouvrir.
Comme on se dirige vers un abattoir.
Votre feuilleton, offert par Titan-Informatique, Assistance aux particuliers et entreprises
Chapitre 1 – L’Attente
Chapitre 2 – Le Retour à la Basse Ville
Chapitre 3 – Ce que dissimule le sol
Chapitre 4 – L’ombre ne meurt jamais
Chapitre 5 – Le feu de La Garde
Chapitre 6 – Trois types biens
Chapitre 7 – Déconstructions
Chapitre 8 — L’envers du décor
Chapitre 9 — Les eaux troubles de Saint-Mandrier
Chapitre 00 – La boutique et la rencontre
Chapitre 10 – Je m’occupe de tout
Chapitre 11 — Derrière le Sourire de Delphine
Chapitre 12 — L’épouse de M. Louis
Chapitre 13 — La chute de Mathieu
Chapitre 14 — Partie remise
Chapitre 15 — Le tambour
Chapitre 16 — Les ombres du matin
Chapitre 17 — De Font-Pré à Saint-Musse
Chapitre 18 — Les rubalises jaunes
Chapitre 19 — La rivière des Amoureux
Chapitre 20 — Échapper à la boue
Chapitre 21 — Les empreintes
Chapitre 22 — Elle rôde dans La Rode
Chapitre 23 — Aux genoux des égouts
Chapitre 24 — Macabre covoiturage
Chapitre 25 — Un bus c’est dur !
Chapitre 26 — Urgence à Saint-Musse
Chapitre 27 — Fuite hors sol
Chapitre 28 — Barbara balade
Chapitre 29 — Un caoua avec Barbara
Chapitre 30 — Barbaravatar
Chapitre 31 — Barbara spécial
Chapitre 32 — Probablement
Chapitre 33 — Les c***, ça ose tout !
Chapitre 34 — L’écoquartier
Chapitre 35 — La clochette
Chapitre 36 — Le téléphone
Chapitre 37 — A quatre dans le 4×4
Chapitre 38 — Et la honte disparu
