L’État a lancé, le 18 juin, une négociation sur l’intelligence artificielle dans la fonction publique, avec un accord-cadre transmis en amont aux organisations syndicales. Ces dernières redoutent une marge de discussion limitée. Le gouvernement, de son côté, déploie ses premiers outils à grande échelle.
Le calendrier est posé. Matignon a réuni l’État et les organismes sociaux dans un groupe de travail consacré à l’IA dans la fonction publique. Les échanges portent sur l’organisation du travail, les métiers, les parcours de carrière, la santé au travail et les usages responsables.
Mais le fond du débat crispe déjà. Un accord-cadre a été transmis aux organisations syndicales représentatives qui servira de point de départ à la négociation, selon le cabinet du ministre. Les syndicats, dont la liste n’est pas connue, se retrouvent donc face à un texte déjà rédigé.
En parallèle, le gouvernement accélère. Le plan porté par le ministre de l’Action et des Comptes publics prévoit la généralisation de trois outils : un assistant conversationnel*, un outil de transcription et une solution de traduction. Un million d’agents connectés au Réseau interministériel de l’État sont visés.
L’Assistant IA, fondé sur des modèles de Mistral, avait déjà été testé sur 10 000 agents depuis l’automne 2025. Selon le cabinet du ministre, cette expérimentation a montré des gains de temps de 12% pour la rédaction et de 16% sur la synthèse. Son coût est estimé à 700 000 euros.
Côté syndicats, l’inquiétude se précise. Luc Farré, de l’Unsa fonction publique, exige de « garantir la prééminence de l’humain dans tout le processus ». Roxane Sirven, de la CGT fonction publique : « pas de déploiement de l’IA sans penser la finalité » et « ne pas entraîner de suppressions de postes ».
L’exécutif vise un accord-cadre à l’automne. Des formations à l’IA seraient mises en place dans les écoles du service public, comme à l’Inet pour les cadres territoriaux ou à l’INSP, d’après le cabinet du ministre.
Le recours à la technologie de Mistral est présenté comme « réversible » par le cabinet : « On travaille avec des entreprises qui respectent nos conditions, et si ces entreprises cessent de les respecter, on arrêtera de travailler avec elles. »
ENCADRÉ INFOS PRATIQUES
- Date clé : 18 juin 2026, ouverture de la négociation sur l’IA dans la fonction publique.
- Outils annoncés : L’Assistant, Transcripts, DiploIA.
- Public concerné : un million d’agents de l’État connectés au RIE (sur 2,6 millions).
- Budget : 700 000 euros pour la généralisation de l’Assistant ; 655 millions d’euros supplémentaires annoncés par le Premier ministre via France 2030.
- Point de tension : accord-cadre transmis avant la négociation, craintes sur les suppressions de postes.
* Un assistant conversationnel est un outil permettant d’échanger avec une intelligence artificielle. ChatGPT en est un exemple, conçu pour interagir avec le modèle GPT. Reste à déterminer à quoi servira cet assistant : accélérer le traitement des dossiers, redistribuer les responsabilités, optimiser les ressources humaines, etc. ?
