Tentative de prise de contrôle de la LRT en Lituanie

En décembre, des dizaines de milliers de personnes manifestent à Vilnius sous le slogan « Hands Off Free Speech », en soutien à la LRT, confrontée à des pressions coordonnées. Alors que la France voit sa presse se concentrer entre quelques mains, la Lituanie a misé sur la mobilisation rapide pour limiter une tentative de capture des médias.

La LRT (Radio-Télévision nationale lituanienne) est un média public lituanien, actif depuis 1926 en radio et 1957 en télévision, avec trois chaînes TV, des radios et un site web. Sa mission est d’offrir une information fiable et objective, certifiée par la Journalism Trust Initiative.

En 2026, elle célèbre 100 ans de radio (depuis le 12 juin 1926), une date reconnue par l’UNESCO et le Parlement lituanien.


La concentration de la presse en France et le risque de capture médiatique

En France, la presse repose sur une concentration inédite : la plupart des journaux et des titres sont entre les mains de quelques propriétaires, souvent des groupes industriels ou des investisseurs étrangés. Cette structure fragilise l’indépendance des médias, ouvre la porte à des pressions politiques et économiques, et rend plus difficile la détection des signaux d’alerte.

Le risque est réel : en Hongrie, en Pologne, en Slovaquie, des tentatives de « capture des médias » ont été menées par des procédures très politisées, des audits ciblés, des gels budgétaires et des campagnes de discrédit. La France, avec sa presse concentrée, pourrait être exposée à des pressions similaires, mais la détection précoce et la mobilisation rapide sont encore plus cruciales.


La tentative de prise de contrôle de la LRT en Lituanie

En décembre 2025, des dizaines de milliers de personnes manifestent à Vilnius sous le slogan « Hands Off Free Speech », en soutien à la LRT, confrontée à des pressions coordonnées typiques de la « capture des médias ». Six mois de débats s’ensuivent, avant que le Parlement adopte, en juin 2026, une réforme de la loi sur la LRT qui écarte les tentatives les plus brutales de prise de contrôle.

Mais le gel budgétaire de trois ans et un Conseil largement nommé par des responsables politiques restent en place. Le Conseil peut choisir de voter à bulletins secrets pour révoquer la direction, réduisant la transparence et ouvrant la porte à des décisions ciblées. L’absence de dispositions transitoires permettrait d’appliquer les nouvelles règles à la directrice générale actuelle, ce qui fait craindre un usage « ad personam » de la loi. Source


Les techniques de capture décrites en Lituanie

L’article détaille un enchaînement de mesures : procédure de nomination très politisée de la directrice générale (huit membres du Conseil sur douze étant nommés par des responsables politiques), audits ciblés de la « neutralité politique » et audits d’État utilisés pour alimenter un discours de soupçon, malgré l’absence de violations majeures constatées.

En parallèle, le pouvoir gèle le budget, modifie les règles de révocation de la direction, et mène une campagne de « capture discursive » présentant la LRT comme biaisée, inefficace et opaque, accompagnée d’attaques verbales contre les journalistes.


La mobilisation rapide de la société et des institutions européennes

Pour l’autrice, la clé du relatif succès a été la détection précoce des signaux d’alerte et la mobilisation rapide de la société civile, éclairée par les exemples de capture rapide des médias publics en Hongrie, en Pologne ou en Slovaquie. Le cas lituanien a aussi suscité une réaction forte des institutions européennes, de l’UER et des ONG de liberté de la presse.

Le Parlement européen parlant de « tentative de prise de contrôle » et la Commission de Venise expertisant la législation, contribuant à freiner les dérives.


La leçon principale : agir tôt

La leçon principale est claire : agir tôt. La détection précoce, la mobilisation rapide de la société civile et la réaction forte des institutions européennes sont essentielles pour limiter les effets d’une tentative de capture des médias.

La France, avec sa presse concentrée, doit apprendre de l’expérience lituanienne et se préparer à agir rapidement face à des pressions similaires. Le vrai test pour l’indépendance de la LRT sera le futur contrat de service public avec le gouvernement, attendu à l’automne.

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