Washington a renforcé son dispositif militaire face à l’Iran : vers une escalade maîtrisée ?
Washington a accéléré le déploiement de moyens militaires autour de l’Iran fin janvier, après de nouvelles tensions régionales clairement identifiées.
Cette décision s’est inscrite dans une stratégie plus ancienne, qui visait à contenir Téhéran tout en rassurant les alliés américains du Golfe.
Depuis plusieurs semaines, l’administration américaine renforçait progressivement sa posture défensive au Moyen-Orient.
Cette approche reposait sur l’idée qu’une pression militaire visible pouvait dissuader toute riposte iranienne directe ou indirecte.
Des systèmes antimissiles supplémentaires ont été installés sur plusieurs bases stratégiques de la région.
Ces positions, situées en Jordanie, au Qatar ou à Bahreïn, abritaient déjà des milliers de soldats américains.
Dans le même temps, la marine américaine a densifié sa présence navale à proximité du détroit d’Ormuz.
Huit destroyers sont désormais positionnés pour intercepter d’éventuels missiles ou drones iraniens.
L’enjeu principal reste la protection d’Israël et des partenaires arabes face à des représailles annoncées.
L’Iran menaçait régulièrement de frapper des infrastructures énergétiques ou de perturber le trafic maritime mondial.
Cependant, Riyad et Abou Dabi refusaient jusqu’ici toute implication directe dans une offensive américaine.
Cette prudence s’expliquait par la vulnérabilité de leurs installations pétrolières, proches du territoire iranien.
Selon plusieurs sources diplomatiques, cette position évoluait lentement face à la fermeté américaine.
Washington cherchait ainsi à montrer sa capacité d’action, tout en préparant un cadre régional de dissuasion renforcée.
Le risque d’un engrenage militaire restait réel, mais contrôlé, selon plusieurs observateurs internationaux.
La situation actuelle interroge sur les marges de négociation encore possibles entre les différents acteurs. Source
Drone russe frappe un bus en Ukraine : au moins 12 morts confirmés
Dimanche 1ᵉʳ février, un drone russe a frappé un autobus transportant des mineurs à Ternivka, dans la région de Dnipropetrovsk. Les secours ont rapidement pris en charge les sept blessés et constaté la mort d’au moins 12 personnes, tandis que des corps restaient encore à l’extérieur du véhicule endommagé. La photo publiée par les services d’urgence montre l’autobus criblé d’impacts, illustrant l’ampleur de l’attaque.
L’événement s’inscrit dans un contexte de frappes répétées sur des infrastructures civiles ukrainiennes depuis plusieurs mois. Les autorités locales rapportaient déjà, à l’automne, des alertes sur la vulnérabilité des transports collectifs près des zones minières. Le groupe énergétique DTEK, employeur des victimes, avait exprimé son inquiétude face aux risques croissants pour ses équipes sur le terrain.
La ville de Ternivka, proche de Pavlograd, se situe à environ 70 kilomètres du front actif, zone régulièrement ciblée par des drones russes. Selon la police nationale ukrainienne, la majorité des victimes travaillaient dans une mine et revenaient d’un poste de travail, rendant l’attaque particulièrement meurtrière et symbolique. Les services de santé ont confirmé que les blessés ont été hospitalisés dans des établissements de la région. Source
Haïti : Port-au-Prince confrontée à une recrudescence des violences sexuelles
Depuis jeudi, Médecins Sans Frontières (MSF) a alerté sur la multiplication des violences sexuelles à Port-au-Prince. L’ONG a publié un rapport s’appuyant sur dix ans de données médicales et de témoignages collectés dans sa clinique Pran Men’m, ouverte en 2015. Selon ce document, les agressions sont désormais utilisées par les gangs pour « semer la terreur » parmi la population.
Ces violences ont augmenté progressivement depuis 2021. Les équipes médicales observaient déjà que la capitale haïtienne subissait depuis plusieurs années des actes criminels récurrents, incluant meurtres, enlèvements et pillages. Les femmes et les filles étaient souvent les principales victimes, un schéma qui s’est intensifié avec le temps.
Les chiffres révèlent une multiplication par près de trois des admissions pour violences sexuelles, passant de 95 par mois en 2021 à plus de 250 en 2025. Selon Diana Manilla Arroyo, cheffe de mission de MSF en Haïti, cette progression reflète l’impact direct de la violence organisée sur le corps des victimes.
Le rapport indique que depuis 2022, 57 % des agressions sont commises par des membres de groupes armés, parfois collectivement par dix agresseurs ou plus. Près d’un cinquième des patientes ont subi des violences répétées, et les solutions de relocalisation ou de soutien restent limitées, compliquant la prise en charge.
MSF appelle les autorités et les acteurs de la sécurité à reconnaître ces violences comme armes contre la population et à former leurs équipes aux réponses adaptées. Depuis sa création, la clinique Pran Men’m a soigné près de 17 000 personnes, dont 98 % de femmes et filles, avec des soins médicaux et psychosociaux complets. Source
Frappes à Gaza : 28 morts, la trêve fragile mise à l’épreuve
Samedi, des frappes aériennes israéliennes ont tué 28 personnes, dont des femmes et des enfants, à Gaza. Dans plusieurs quartiers, des appartements et des tentes ont été détruits, laissant des familles piégées sous les décombres. La Défense civile a indiqué que certaines victimes étaient encore introuvables. Les secouristes ont travaillé toute la journée pour extraire des corps, témoignant de l’ampleur du bilan humain.
Depuis l’entrée en vigueur de la trêve en octobre, les violences sporadiques n’avaient pas provoqué un bilan aussi lourd. Les frappes visaient des zones densément peuplées, incluant des abris de déplacés, alors que l’armée israélienne affirmait réagir à une violation du cessez-le-feu commise vendredi. La situation humanitaire reste critique pour plus de deux millions d’habitants, dont une majorité a déjà été déplacée au moins une fois depuis le début du conflit.
Dans le quartier de Rimal, trois filles ont trouvé la mort dans leur sommeil, tandis qu’une frappe sur un commissariat a causé la mort de sept personnes. À Khan Younès et al-Mawassi, des abris de fortune ont été frappés, tuant plusieurs membres de familles et blessant d’autres civils. Le Hamas a dénoncé ces frappes comme un « crime brutal », tandis qu’Israël a indiqué cibler des commandants et militants du Hamas et du Jihad islamique.
La réouverture du point de passage de Rafah avec l’Égypte est prévue dimanche, mais l’accès restera limité. Le Caire a appelé à la retenue et à la responsabilité de toutes les parties, soulignant le risque que ces violences compromettent le processus humanitaire. Source
Trois mois après Washington, les combats persistent en RDC
Dimanche, une attaque meurtrière a frappé Beni-Mbau, dans le Nord-Kivu, causant plusieurs morts parmi les civils. Les miliciens des ADF, affiliés à l’État islamique en Afrique centrale depuis 2019, ont tiré profit de la faiblesse des troupes gouvernementales et des milices locales. Cette offensive rappelle que, malgré l’accord signé à Washington le 4 décembre 2025, la sécurité dans l’est congolais reste fragile. Les négociations avaient été présentées comme une étape décisive pour mettre fin aux violences, mais elles peinent à produire des effets tangibles. Depuis plusieurs années, les populations locales subissaient déjà des raids réguliers, des enlèvements et des déplacements forcés, signe que la crise était profondément enracinée. Les grandes villes comme Goma et Bukavu demeuraient relativement calmes, mais les zones rurales continuaient de connaître des affrontements quasi quotidiens. Les experts avaient souligné l’insuffisance des forces armées et la complexité des alliances locales, ce qui limitait la portée de tout accord diplomatique. La présence des ADF et leur affiliation à des réseaux internationaux complexifiaient davantage les stratégies de sécurité. Les autorités congolaises ont réagi en déployant des renforts, mais les progrès restent limités et la population continue de vivre dans l’insécurité. Les observateurs internationaux notent que la mise en œuvre effective de l’accord dépendrait d’un engagement réel des acteurs régionaux et de ressources conséquentes pour stabiliser les territoires concernés. L’intensité des combats illustre que la diplomatie seule ne suffit pas à pacifier une région en proie à des conflits multiples depuis plus d’une décennie. La situation reste donc incertaine, et les habitants attendent encore des mesures concrètes pour retrouver une sécurité durable. Source
Israël prévient de frappes imminentes contre le Hezbollah au Liban
L’armée israélienne a annoncé ce lundi qu’elle allait frapper des infrastructures militaires du Hezbollah dans deux villages du sud du Liban. Les habitants de Kfar Tibnit et Ain Qana ont été priés d’évacuer immédiatement leurs domiciles. Le porte-parole israélien, le colonel Avichay Adraee, a précisé que ces frappes visaient à répondre aux tentatives récentes du Hezbollah de reprendre ses opérations le long de la frontière. Ces villages se trouvent respectivement à dix et vingt kilomètres de la frontière israélienne.
Depuis le cessez-le-feu conclu en novembre 2024, Israël mène régulièrement des raids ponctuels, bien que le conflit armé ait officiellement cessé après plus d’un an d’hostilités. Le ministère libanais de la Santé a indiqué dimanche qu’une frappe avait tué une personne et blessé six autres, dont deux enfants, dans la région de Nabatiyé. Selon l’armée israélienne, la cible était un responsable de l’unité de défense aérienne du Hezbollah.
Le Liban, sous forte pression américaine, s’était engagé à désarmer le Hezbollah et à démanteler ses infrastructures militaires d’ici fin 2025. Toutefois, Israël continue de douter de l’efficacité de ces mesures, tandis que le Hezbollah maintient ses positions et refuse de déposer les armes. Depuis le cessez-le-feu, plus de 360 personnes ont été tuées par les tirs israéliens, selon les données du ministère libanais de la Santé. Source
Soudan du Sud : violences massives contre les civils à Jonglei, alerte de l’ONU
Dimanche 25 janvier, l’armée sud-soudanaise a ordonné l’évacuation immédiate des habitants de trois comtés de l’Etat de Jonglei. Cette décision a été motivée par l’intensification soudaine des affrontements entre les forces gouvernementales loyales au président Salva Kiir et les rebelles du SPLA-IO fidèles à l’ancien vice-président Riek Machar. Depuis fin décembre, les combats avaient déjà provoqué le déplacement de dizaines de milliers de civils, aggravant une situation humanitaire déjà fragile.
Les experts indépendants de l’ONU alertaient depuis plusieurs semaines sur le risque de violences massives contre les populations civiles et sur la possibilité d’un conflit ethnique généralisé. Les propos récents de certains commandants militaires, incitant ouvertement à la violence, ont accru l’inquiétude et sapé les fondements fragiles de l’accord de paix signé après la guerre civile de 2013 à 2018.
Le chef de l’armée, Paul Majok Nang, a ordonné à ses troupes de « réprimer » la rébellion en sept jours, déclarant que « personne ne serait épargné ». La Commission sud-soudanaise des droits de l’homme a qualifié ces déclarations d’« escalade dangereuse », rappelant que ce type de rhétorique a précédé des atrocités de masse par le passé.
Selon les Nations unies, quelque 180 000 personnes ont été déplacées et les populations locales souffrent déjà d’insécurité alimentaire, d’épidémies et des dégâts des inondations de l’an dernier. Les experts ont demandé à la communauté internationale d’exercer une pression sur les dirigeants pour éviter une crise humanitaire généralisée. Source
