Haïti : Guterres demande pardon aux victimes des gangs

Mardi matin, Antonio Guterres a franchi le seuil d’une vieille école du centre-ville. Plus de mille deux cents personnes y dorment désormais, entassées sur des nattes usées. Le secrétaire général de l’ONU n’a pas lu de discours préparé. Il a regardé les femmes dans les yeux, ces mères qui ont fui les tirs de Wharf Jérémie, et il a prononcé trois mots. « Je vous demande pardon ». Une phrase courte. Qui pèse plus que tous les rapports humanitaires publiés depuis janvier.

L’échec d’une mobilisation promise

Il faut dire que le plan d’aide 2026 peine à décoller. Moins de 25% du budget réuni. Pendant ce temps, un million cinq cent mille Haïtiens errent entre les camps précaires et les rues brûlées par le soleil. Guterres l’a reconnu sans détour : la communauté internationale a tourné le dos. Les promesses de Nairobi, les financements pour la mission kényane, tout est resté lettre morte. On le sait dans les Caraïbes, les regards se détournent quand la crise dure trop longtemps.

Une violence qui ne faiblit pas

Les gangs contrôlent toujours les artères vitales de la capitale. Les violences sexuelles servent d’arme de terreur, les enfants sont enrôlés de force. Le quartier de Cité Soleil reste une zone interdite où même la police hésite à s’aventurer. Reste à voir si cette visite, cette demande de pardon inédite, suffira à débloquer les fonds. Les femmes de l’école reconvertie attendent. Elles n’ont que le temps.

2 commentaires sur « Haïti : Guterres demande pardon aux victimes des gangs »

  1. Haïti, Guterres qui demande pardon… On se demande si les mots suffisent face à la violence des gangs là-bas. Perspective incertaine pour ce pays.

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