Groenland : le rapport sur la contraception forcée des Inuites attendu ce vendredi

Le Groenland doit dévoiler, ce vendredi 28 août, les conclusions d’un rapport très attendu sur la campagne de contraception forcée menée par le Danemark contre des milliers de femmes inuites. Ce document, élaboré pendant près de deux ans par une commission d’experts, vise à déterminer si ces pratiques, déployées entre les années 1960 et 1990, peuvent être qualifiées de « génocide ».

Des milliers de femmes et de mineures concernées

Entre 1960 et 1991, plus de 4 000 femmes et filles groenlandaises, certaines âgées de seulement 12 ans, se sont vu imposer la pose d’un dispositif intra-utérin (DIU), le plus souvent sans leur consentement ni celui de leurs parents. À la fin des années 1970, une femme groenlandaise sur deux en âge de procréer – soit au moins 4 070 personnes – portait un stérilet, selon une enquête présentée en septembre 2025.

Cette politique, baptisée « affaire anticonception », a privé définitivement certaines victimes de la possibilité d’enfanter, marquant l’un des chapitres les plus sombres de l’histoire entre le Groenland et son ancien colonisateur danois.

Un rapport sans valeur juridique contraignante

Selon des spécialistes du droit, les deux rapports remis ce vendredi n’établiront pas eux-mêmes de responsabilité juridiquement contraignante. Frederik Harhoff, expert en droit international à l’Université du Sud du Danemark et ancien juge du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie, estime même « peu probable » que les faits remplissent les critères légaux du génocide.

« Il est donc improbable que le rapport conclue à un génocide, et si l’un des deux rapports le fait, il se trompe », a-t-il ajouté, rappelant que seule une juridiction compétente peut établir une responsabilité pénale pour génocide.

Quelles suites pour le gouvernement groenlandais ?

Une fois les conclusions rendues publiques lors d’une conférence de presse à Nuuk, ce sera au gouvernement groenlandais – Naalakkersuisut – de définir les suites à donner. La publication intervient un jour après la finalisation, par le Parlement danois, d’une loi d’indemnisation des femmes concernées, ce qui soulève des questions sur l’articulation entre ces deux démarches.

Côté Copenhague, on temporise : le Danemark a déjà reconnu des « violations graves » et ouvert la voie à des compensations, mais refuse pour l’instant toute qualification de génocide.

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