L’arrestation d’Andréa Bescond, figure de la lutte contre les violences faites aux enfants, a suscité une vive émotion lundi soir. La réalisatrice du film Les Chatouilles a été interpellée place Vendôme à Paris alors qu’elle participait à un rassemblement non autorisé devant le ministère de la Justice. Cette mobilisation, organisée par le collectif Mouv’Enfants, réunissait plus de 60 000 personnes à travers la France pour dénoncer les dysfonctionnements judiciaires révélés par le meurtre de Lyhanna, 11 ans, dont le corps a été retrouvé le 4 juin dans le Gers.
Une garde à vue contestée
Placée en détention vers 21 h 30 pour « outrage et rébellion », Andréa Bescond a passé la nuit en cellule avant d’être libérée mardi matin à 9 heures. Ses avocates, Mes Gwendoline Tenier et Marie Grimaud, dénoncent une « détention arbitraire » : leur cliente n’a ni été auditionnée, ni examinée par un médecin, ni assistée d’un avocat durant les douze heures de rétention. Le parquet de Paris, informé mardi matin, a immédiatement ordonné la levée de la mesure et classé l’affaire, estimant les poursuites « non proportionnées ».
L’affaire Lyhanna, catalyseur d’une colère nationale
Le suspect, Jérôme Barella, faisait déjà l’objet de plusieurs plaintes pour viols sur mineures, dont une remontant à dix mois, sans avoir été inquiété. Ce drame a cristallisé l’exaspération face à l’impunité des agresseurs. À sa sortie, la cinéaste a déclaré sur Instagram : « Pensées à tous les pédocriminels qui n’ont jamais passé une nuit en garde à vue », une phrase qui résonne comme un symbole de l’inversion des priorités judiciaires.

Andréa Bescond se bat pour les enfants victimes, son arrestation est scandaleuse. Liberté pour les lanceurs d’alerte !