Classes préparatoires : quand les étudiants choisissent de redoubler plutôt que d’intégrer une école « moins prestigieuse »

Chaque année, plusieurs milliers d’étudiants issus des classes préparatoires économiques ou littéraires s’inscrivent aux concours des grandes écoles de management, dont la Banque Commune d’Épreuves (BCE) et Ecricome. Depuis quelques années, le nombre total de candidats post‑prépa progresse, porté par la hausse des effectifs en première année de CPGE, mais la manière dont les candidats construisent leur stratégie d’inscription inquiète un certain nombre d’écoles de commerce.

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Une hausse des candidats, une concentration sur le top

En 2025, les inscriptions au concours BCE ont progressé de 4,6%, tandis qu’Ecricome enregistrait +4,2% de candidats, ce qui traduit un regain d’intérêt pour les admissions post‑prépa. Cette dynamique s’inscrit dans un contexte où les places offertes par les grandes écoles restent limitées, ce qui renforce la concurrence entre candidats et les encouragements à viser les établissements les mieux classés. Dès lors, une partie des étudiants élabore une stratégie de « tout ou rien », en ne postulant qu’à une poignée de business schools très sélectives plutôt qu’à un panel plus large.

Le choix de redoubler plutôt que d’intégrer

Face à cette concentration, un phénomène s’affirme : de plus en plus d’étudiants préfèrent redoubler leur deuxième année de prépa plutôt que d’accepter une place dans une école située hors du cercle dit « Top‑10 ». Cette option, souvent vécue comme rationnelle par les intéressés, repose sur l’idée qu’un classement plus élevé les propulsera dans une école aux débouchés perçus comme plus favorables. Pour les écoles de commerce les moins bien classées, cette stratégie se traduit par des listes d’attente vides ou des places non pourvues, alors même que les candidats existent.

Pourquoi les écoles sont inquiètes

Les responsables pédagogiques et les directeurs d’écoles de commerce observent que ce phénomène met en péril la viabilité de certains établissements post‑prépa, notamment les plus petits ou moins médiatisés. En marginalisant ces écoles, les étudiants réduisent la diversité des parcours et accentuent la strate de sélectivité, au risque de fragiliser la filière prépa/management dans son ensemble. Certains acteurs appellent ainsi à repenser les modalités de concours, la communication sur les écoles et la reconnaissance des compétences acquises en prépa, afin de rééquilibrer les choix d’orientation.

En 2026, les classes préparatoires restent un passage structurant vers les grandes écoles de commerce, mais la manière dont les étudiants les utilisent influence directement l’équilibre du système. Les écoles de commerce, les lycées et les candidats doivent désormais négocier cette tension entre ambition individuelle et pérennité collective du paysage supérieur français.

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