Violences sexuelles: quand la justice tarde et les victimes attendent

Viol collectif à Champigny : dix ans pour deux mineurs

Mercredi 11 février, le tribunal pour enfants de Créteil a condamné deux hommes à dix ans de réclusion criminelle. Tous deux étaient mineurs au moment des faits. Un troisième prévenu a écopé de six ans pour complicité. L’audience s’est tenue à huis clos, après plusieurs années d’enquête.

En 2020, l’adolescente de 18 ans séjournait en région parisienne. Elle était venue passer quelques jours chez des connaissances. Pourtant, elle avait été laissée dans un local d’immeuble, dans la cité des Mordacs à Champigny-sur-Marne. Huit hommes étaient alors entrés. Plusieurs l’avaient violée, selon l’enquête, tandis que d’autres assistaient aux faits. Ensuite, des menaces avec une arme avaient été proférées pour imposer le silence.

La plainte n’avait été déposée que le 23 avril 2021. Cependant, la mère de la jeune femme avait conservé les vêtements portés ce soir-là. Les analyses ADN ont permis d’identifier plusieurs suspects. Quatre mineurs ont ainsi été confondus, même si certains profils sont restés inexploités.

Les avocats des parties civiles ont évoqué des preuves accablantes. À l’inverse, la défense a laissé entendre qu’un appel était envisagé. Deux autres adolescents comparaîtront devant la cour d’assises des mineurs. Un majeur sera également jugé pour menaces de mort. Source

Seine-et-Marne : viol après une soirée libertine ?

Le verdict est tombé le 9 février 2025 à Melun. Après trois jours d’audience, la cour criminelle départementale de Seine-et-Marne a jugé une affaire vieille de treize ans. Les faits remontaient à la fin juillet 2012, à Saint-Fargeau-Ponthierry. Ce soir-là, une jeune femme de 25 ans s’était rendue à la discothèque Maison Rouge avec un homme rencontré quelques jours plus tôt.

La soirée s’inscrivait dans un cadre libertin assumé. Elle participait régulièrement à ce type de rencontres. L’établissement cultivait alors une réputation sulfureuse. Le couple improvisé avait accepté un « plan à quatre » avec d’autres clients et employés. Toutefois, la nuit s’était poursuivie au domicile de l’un des participants.

C’est là que les accusations de viol étaient apparues. La plaignante affirmait ne pas avoir consenti à certains actes. De son côté, l’accusé contestait toute contrainte. Dès lors, la question du consentement s’est imposée au cœur des débats. Or, juger treize ans après compliquait l’établissement des faits. Les souvenirs divergeaient, les versions s’opposaient.

Cependant, l’enjeu dépassait le cadre intime. Le procès interrogeait la frontière entre pratiques sexuelles consenties et violences pénales. Il rappelait aussi que le consentement reste révocable à tout moment, quel que soit le contexte. Dans un univers où les codes sont spécifiques, la justice devait déterminer le « oui » et le « non ». Source

243 femmes sans procès : pourquoi l’enquête piétine ?

En 2019, un ancien haut fonctionnaire a été mis en examen pour administration de substances nuisibles. Pourtant, six ans plus tard, aucun procès n’a encore été fixé. L’enquête vise Christian Nègre, ex-cadre du ministère de la Culture, soupçonné d’avoir drogué 243 femmes lors d’entretiens professionnels.

À l’époque des faits, entre 2009 et 2015, il organisait régulièrement des rendez-vous individuels. Selon les témoignages, il administrait un diurétique à l’insu de ses interlocutrices. Les victimes décrivaient des douleurs aiguës et un malaise soudain. Certaines pensaient céder au stress. D’autres évoquaient un profond sentiment de honte.

En août 2018, les enquêteurs ont découvert une clé USB contenant un fichier intitulé “expérience P”. Ce tableau recensait 179 noms, des horaires et des mentions précises. Depuis, le nombre de plaignantes a atteint 243. Toutefois, l’instruction reste ouverte.

Les qualifications pénales incluent violence, agression sexuelle et atteinte à la vie privée. Certaines circonstances seraient aggravées par l’abus d’autorité. Pourtant, de nombreuses femmes affirment ne jamais avoir été auditionnées par un juge.

En parallèle, 120 entretiens psychologiques ont été réalisés pour évaluer les traumatismes. Les magistrats espèrent clore le dossier d’ici 2026. Cependant, cette attente alimente la colère des plaignantes et interroge sur les lenteurs judiciaires. Faut-il revoir les délais d’instruction dans les affaires sensibles ? Source

Auray : quinze ans requis pour viol et séquestration

Jeudi 12 février, l’avocat général a requis quinze ans de réclusion criminelle. La demande a retenti devant la cour d’assises du Morbihan, à Vannes. L’accusé principal comparaissait pour viol, enlèvement et séquestration. Les faits remontaient à mai 2022, à Auray.

Depuis lundi, trois hommes étaient jugés dans ce dossier sensible. Pourtant, le procès s’annonçait instable. Des jurés avaient été dispensés pour raisons de santé. La plaignante accouchait le jour de l’ouverture des débats. Certains témoins disparaissaient, puis étaient amenés de force au tribunal. Ainsi, l’audience révélait un climat tendu et fragile.

En toile de fond, un univers de stupéfiants et de dépendance structurait les relations. À l’époque, plusieurs protagonistes évoluaient dans un environnement marqué par la toxicomanie. Selon l’accusation, cette emprise facilitait les violences reprochées. L’avocat général a décrit un homme dangereux, estimant qu’il représentait une menace durable.

Cependant, la défense a contesté cette lecture. Elle a pointé des contradictions et des zones d’ombre. Néanmoins, l’accusation a soutenu que la gravité des faits imposait une peine lourde. L’enjeu dépasse le seul sort de l’accusé. Il interroge la protection des victimes vulnérables. Source

Dossier de viol sur mineure : la justice relancée entre Créteil et Guadeloupe

Le parquet de Créteil s’est enfin saisi du dossier d’une adolescente victime de viol, trois ans après le dépôt de plainte. En novembre 2023, Clara, alors âgée de 13 ans, avait signalé l’agression subie par un proche de son père à Charenton-le-Pont. Quinze jours avant la plainte, l’homme s’était introduit dans sa chambre pendant la nuit et l’avait violée. Rapidement entendue, la jeune victime avait accepté les expertises médico-judiciaires et psychiatriques demandées. Mais le dossier avait depuis longtemps stagné entre les juridictions de Créteil et de Pointe-à-Pitre.

Depuis plusieurs mois, les avocats et associations de protection de l’enfance soulignaient les lenteurs et les blocages administratifs. Ils rappelaient que de tels retards compliquent la prise en charge psychologique et judiciaire des victimes mineures. L’adolescente attendait toujours une décision judiciaire effective, laissant planer un sentiment d’injustice et d’abandon.

Le juge d’instruction chargé de l’affaire devra désormais examiner tous les éléments recueillis et déterminer les suites pénales. Les autorités locales précisent que la coopération entre les services de police métropolitains et ultramarins reste cruciale pour éviter de nouvelles complications. Cette avancée marque donc un tournant dans un dossier qui reflète les difficultés de coordination judiciaire entre la métropole et les territoires ultramarins.

La procédure ouverte relance l’espoir d’une réponse judiciaire pour la victime. Elle met aussi en lumière l’importance de garantir un traitement rapide et efficace des plaintes pour crimes sexuels sur mineurs. Les professionnels de la justice sont désormais attendus sur la clarté et la rapidité de leur intervention. Source

Violences sexuelles sur 89 mineurs : l’affaire Jacques Leveugle secoue l’Isère

En février 2024, Jacques Leveugle, 79 ans, a été interpellé à Vizille, en Isère, pour des viols et agressions sexuelles sur 89 mineurs. Le suspect résidait alors chez son frère, après plusieurs années passées au Maroc. L’arrestation a été déclenchée par la découverte d’une clé USB contenant 15 tomes de mémoires, détaillant des relations sexuelles avec des adolescents âgés de 13 à 17 ans.

L’enquête a révélé que Jacques Leveugle s’était investi auprès de jeunes à travers le monde. Moniteur de spéléologie, professeur, éducateur dans des camps de jeunesse, il avait encadré des enfants en Allemagne, Suisse, Portugal, Maroc, Niger, Algérie, Philippines, Inde, Colombie et Nouvelle-Calédonie. Ces faits, commis sur plusieurs décennies, avaient été préparés par un investissement intellectuel et matériel auprès des victimes, souvent issues de milieux défavorisés.

Le septuagénaire avait consigné dans ses écrits des prénoms ou surnoms, rendant l’identification complexe. Une quarantaine de victimes ont été reconnues. Le procureur de Grenoble a lancé un appel à témoins pour identifier d’éventuelles autres victimes et préciser la chronologie des faits. Les actes commis avant 1993 sont majoritairement prescrits, sauf ceux survenus au Maroc.

Dans un autre volet, Jacques Leveugle a reconnu avoir étouffé sa mère en phase terminale en 1974 et sa tante dans les années 1990, justifiant ses actes par une volonté supposée d’abréger leurs souffrances. Une enquête distincte est en cours pour ces homicides, tandis que les enquêteurs poursuivent leurs recherches sur d’éventuelles complicités ou crimes non élucidés. Source

Animateur de centre de loisirs à Nice mis en examen pour viols sur mineurs

Mercredi après-midi, un animateur de 40 ans a été déféré à Nice après trois plaintes pour viols et agressions sexuelles. L’homme, placé en garde à vue lundi, faisait l’objet d’une information judiciaire pour viols sur mineur de moins de 15 ans, agression sexuelle sur mineur de plus de 15 ans et harcèlement sexuel par personne ayant autorité. L’enquête a été ouverte vendredi dernier, à la suite d’un signalement d’un médecin et des services de l’éducation nationale. Le parquet a requis son placement en détention provisoire.

Depuis plusieurs années, le centre de loisirs accueillait les enfants de 3 à 6 ans de l’école maternelle Terra Amata, près du port de Nice. L’animateur y exerçait ses fonctions avec un contact direct avec les plus jeunes. Les pratiques de surveillance et le suivi du personnel étaient alors en discussion au sein de la mairie pour améliorer la sécurité.

Dès le signalement, la mairie a écarté l’homme de tout contact avec les enfants et l’a suspendu. Une enquête administrative est en cours, et la ville a annoncé qu’elle se porterait partie civile. Une cellule de soutien psychologique a été mise en place pour les familles et les enfants, en collaboration avec l’hôpital Lenval. Les autorités appellent à la prudence et au respect des victimes, tout en poursuivant les investigations. Source

Un homme soupçonné de viols près de la Sèvre placé en détention

Au printemps 2025, un homme a été interpellé près de Nantes après l’agression sexuelle d’une femme au bord de la Sèvre. Son ADN, prélevé immédiatement, a permis de relier l’individu à deux autres affaires, datant de 2018 et 2024. Les victimes avaient été attaquées dans des conditions similaires, près de la même rivière, au sud de Nantes. L’une d’elles, en mars 2018, pratiquait le jogging. L’agresseur avait surgi derrière elle, l’a saisie par le cou et l’a fait tomber. La trentenaire, entraînée aux arts martiaux, s’est défendue et a réussi à s’enfuir après avoir mordu la main de son assaillant. Quelques années plus tard, en juin 2024, une autre femme a été abordée alors qu’elle marchait seule près de la Sèvre. Minuit venait de sonner. Elle avait appelé une amie pour se sentir moins seule. L’homme lui a demandé une cigarette avant de la saisir. Ces agressions s’inscrivaient dans un schéma récurrent que les autorités observaient depuis plusieurs années. L’enquête a révélé une série de comportements inquiétants qui montraient une volonté répétée de cibler des femmes isolées près de l’eau. Les forces de l’ordre ont souligné que la détention provisoire vise à prévenir tout nouveau passage à l’acte. L’affaire reste en cours, et les enquêteurs poursuivent leurs vérifications pour identifier d’autres victimes éventuelles. Les habitants de Rezé et des environs suivent avec attention les suites judiciaires de cette affaire. Source

Gisèle Pelicot libère sa parole après le procès des viols de Mazan

Gisèle Pelicot a publié son autobiographie, révélant pour la première fois les traumatismes subis et sa reconstruction. Dix-huit mois après le procès historique de Mazan, qui a condamné 51 hommes, elle raconte son enfance marquée par la soumission chimique, les violences et l’incompréhension familiale. La décision de refuser le huis clos lors du procès était déjà un choix déterminant : montrer à la société l’ampleur des violences sexuelles et la banalité du viol.

Elle s’exprimait alors avec prudence, hésitante, comme si chaque mot pesait plus lourd que le précédent. L’émergence du mouvement #MeToo avait ouvert une fenêtre de libération collective, mais son parcours personnel restait silencieux. Aujourd’hui, à 73 ans, elle reprend le contrôle de son récit et de sa vie, refusant que son statut de victime définisse son identité. La publication, coécrite avec la journaliste Judith Perrignon, sera diffusée dans 22 pays, accompagnée d’une tournée internationale.

Gisèle Pelicot ne revendique pas l’héroïsme ni le rôle d’icône féministe. Elle partage ses expériences avec lucidité, confrontant souvenirs douloureux, contradictions et amour possible. La parution de ce livre marque une étape dans sa reconstruction et la préparation à des confrontations personnelles, dont celle avec son ex-mari aujourd’hui incarcéré. Source

Violences sexuelles dans sept écoles catholiques d’Occitanie : de nouveaux témoignages

En début de semaine, de nouveaux témoignages ont été recueillis concernant sept écoles catholiques d’Occitanie. Le collectif des anciens élèves a compilé plusieurs dizaines de récits en seulement quelques jours, dénonçant des comportements abusifs de religieux ou de laïcs dans ces établissements privés sous contrat. Ces révélations suivent un schéma déjà observé en Lozère et s’étendent désormais au Gard, à l’Hérault, à l’Aveyron et aux Pyrénées-Orientales.

Depuis plusieurs années, le collectif cherchait à documenter les violences au sein des institutions religieuses. Il rappelait que certains anciens élèves avaient subi des pressions ou des agressions dans un silence prolongé. Ces événements récents confirment que le problème n’était pas isolé et que les victimes s’expriment aujourd’hui plus ouvertement. Les enquêtes en cours devront déterminer l’ampleur exacte des faits et identifier les responsables.

Les autorités locales ont été alertées et certaines inspections sont déjà programmées dans les établissements concernés. Le suivi psychologique des victimes est évoqué comme une priorité par le collectif, qui insiste sur la nécessité de mettre en lumière les dysfonctionnements. Les familles et les anciens élèves espèrent que ces démarches permettront d’améliorer la prévention et la sécurité au sein de toutes les écoles sous contrat.

Les faits restent à confirmer juridiquement, mais la multiplication des témoignages souligne l’urgence de réponses concrètes et de mesures de protection. Les investigations devraient se prolonger dans les semaines à venir, avec l’attention accrue des médias et des associations de défense des droits des enfants. Source

Thomas Partey visé par deux nouvelles accusations de viol au Royaume-Uni

Le milieu ghanéen de Villarreal, Thomas Partey, a été inculpé jeudi de deux chefs de viol supplémentaires. Les faits reprochés remontent à 2020 et ont été signalés pour la première fois en août 2025, selon le service des poursuites de la Couronne. L’ancien joueur d’Arsenal doit comparaître devant la justice britannique en novembre pour répondre à ces accusations distinctes des précédentes.

Depuis février 2022, Thomas Partey faisait déjà face à plusieurs accusations. Les enquêtes avaient révélé deux chefs de viol concernant une première femme, trois pour une seconde et un chef d’agression sexuelle pour une troisième. Ces dossiers concernaient des faits survenus entre 2021 et 2022. À l’époque, les autorités britanniques avaient ouvert une enquête approfondie, et le joueur avait nié les accusations. Malgré les procédures en cours, il avait été autorisé à rejoindre Villarreal à l’été 2025.

Les deux nouvelles accusations concernent désormais une quatrième plaignante, distincte des précédentes. La Metropolitan Police britannique a précisé que ces chefs d’accusation résultaient d’une enquête indépendante, soulignant l’importance de la procédure judiciaire avant toute conclusion. Le calendrier judiciaire prévoit un procès en novembre, qui permettra de vérifier la véracité des accusations et d’éclairer l’ensemble de l’affaire.

Les enquêteurs avaient déjà souligné que la multiplication des plaintes reflétait un processus légal rigoureux et que chaque dossier serait examiné séparément. Les autorités encouragent toute personne disposant d’informations à les partager avec les forces de l’ordre. La suite de cette affaire sera suivie de près par le public et les médias spécialisés. Source

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