Alors que la pression monte en France et à l’international, Capgemini a annoncé la mise en vente de sa filiale Capgemini Government Solutions, spécialisée dans les services au gouvernement américain et impliquée dans un contrat avec l’ICE, la police fédérale de l’immigration américaine.
Contexte et origine de la polémique
La polémique a éclaté après la révélation par l’Observatoire des multinationales et relayée par France 2, selon laquelle Capgemini Government Solutions fournissait à l’ICE un outil d’identification et de localisation de personnes étrangères, une technologie connue sous le nom de « skip tracing ». Ce contrat, signé en décembre 2025, porte sur un montant de 4,8 millions de dollars, pouvant atteindre 365 millions selon les performances. Depuis plusieurs années, cette filiale, soumise à la législation américaine, opère de façon autonome et étanche, ce qui limite le contrôle du groupe français sur ses activités.
Réactions politiques et syndicales
Face à la controverse, des parlementaires, le ministre des Finances Roland Lescure et le syndicat CGT ont exigé la transparence sur les contrats passés avec l’ICE, dénonçant la responsabilité de Capgemini dans la traque et la déportation de migrants. Des manifestations anti-ICE ont également eu lieu en France et en Italie, où la présence d’agents fédéraux américains lors des prochains Jeux olympiques d’hiver suscite des critiques.
Décision et justification de Capgemini
Capgemini a indiqué que les contraintes légales américaines imposées aux entreprises travaillant avec des entités fédérales classifiées rendent impossible un contrôle approprié sur certains aspects des opérations de sa filiale, ce qui justifie la cession immédiate de Capgemini Government Solutions. Cette entité représente 0,4% du chiffre d’affaires mondial estimé du groupe en 2025 et moins de 2% de son activité aux États-Unis.
