Mardi à Paris, le procès de l’ancien sénateur Joël Guerriau a été marqué par les réquisitions du procureur. Celui-ci a demandé quatre ans de prison, dont un avec sursis, pour avoir administré volontairement de la MDMA à la députée Sandrine Josso lors d’un dîner en 2023. Selon le ministère public, Guerriau a placé la drogue dans une flûte de champagne pour altérer son invitée.
L’affaire s’inscrit dans un contexte plus ancien : la pratique de la soumission chimique, souvent évoquée dans les enquêtes sur abus sexuels, révèle des méthodes planifiées et un usage calculé de substances. Le procureur a insisté sur les recherches internet de l’accusé, remontant à plusieurs semaines avant les faits, évoquant la MDMA et les risques liés au viol sous influence. Pour Benjamin Coulon, ces éléments démontrent la conscience et l’intention de Guerriau.
Pendant l’instruction, l’accusé a nié connaître la substance et a présenté son geste comme accidentel. Mais l’historique numérique et le comportement observé lors du dîner contredisent sa version. L’intention sexuelle demeure au cœur du dossier, soutenue par le témoignage de la victime, qui avait ressenti les effets avant même la découverte du produit. La dose administrée dépassait largement un usage récréatif et provoquait des signes physiques inquiétants.
Le tribunal doit maintenant évaluer la peine et décider des mesures complémentaires, dont une possible interdiction de contact et l’inscription au fichier des délinquants sexuels. Les débats soulignent la gravité de l’administration de substances et les conséquences sur la victime.
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