Alors que de nombreux téléspectateurs se souvenaient encore de ses interventions souriantes sur le petit écran, la disparition d’Évelyne Leclercq, annoncée par sa famille, marque un tournant symbolique pour une génération qui avait grandi avec la télévision généraliste.
Parce que l’animatrice, née le 11 juillet 1951 à Nointel dans l’Oise, avait construit sa notoriété dès la fin des années 1960 en tant que jeune speakerine remarquée à Nice, sa mort, survenue à l’âge de 74 ans, rappelle combien son visage avait accompagné l’essor de TF1 dans de nombreux foyers français.
Alors que ses proches indiquaient qu’elle s’est éteinte à Grasse, dans les Alpes-Maritimes, où elle résidait depuis plusieurs années, ils précisaient qu’elle est morte « entourée de sa famille, des suites d’une très longue maladie », ce qui souligne que le combat contre la maladie, mené dans la discrétion, durait depuis longtemps déjà.
Comme l’avaient souvent rappelé les archives audiovisuelles, sa carrière avait véritablement pris une autre dimension lorsqu’elle était devenue, à partir de 1985, l’une des animatrices emblématiques du jeu sentimental « Tournez manège ! » sur TF1, où elle co-présentait l’émission aux côtés de Simone Garnier et Fabienne Égal, ce qui contribuait à en faire un rendez-vous populaire du midi.
Alors que ce programme, inspiré des formats américains et centré sur des célibataires cherchant l’amour sans se voir, imposait un ton à la fois léger et codifié, la présence d’Évelyne Leclercq, dont la diction et la posture restaient très marquées par son passé de speakerine, participait à installer une forme de rituel télévisuel que de nombreux Français considéraient comme familier.
Parce que son visage était associé à une télévision plus linéaire, où les rendez-vous quotidiens structuraient les journées, sa disparition provoque aujourd’hui une réaction particulière dans le paysage médiatique, alors même que l’on s’interroge depuis plusieurs années sur la place des figures historiques de la télévision face aux nouvelles plateformes numériques.
Alors que, parallèlement à ses activités d’animatrice, elle s’était engagée dès 2007 comme marraine de l’association « Le lever de soleil des pit’chounes », qui soutient les enfants atteints de maladies rares ou orphelines, cet engagement associatif, souvent moins médiatisé que ses émissions, montre que sa notoriété télévisuelle nourrissait aussi une volonté d’agir en faveur des plus vulnérables.
Parce que ses proches rappelaient dans leur communiqué qu’elle avait « affronté l’épreuve avec un courage hors du commun, portée jusqu’au bout par l’amour des siens », ce témoignage insiste sur la dimension intime de ses derniers mois, qui contrastait avec l’image publique très exposée qu’elle avait longtemps incarnée sur les plateaux.
Alors que certains observateurs estimaient déjà, ces dernières années, que la télévision des années 1980-1990 constituait une époque révolue, la disparition d’Évelyne Leclercq, figure de cette ère où les speakerines faisaient office de repères sur l’antenne, intervient comme un rappel que cette génération d’icônes cathodiques arrive progressivement au terme de son histoire.
