Le gouvernement péruvien vient d’officialiser, par décret suprême n° 140-2025-PCM publié dans El Peruano, la prolongation de l’état d’urgence dans la métropole de Lima et la province constitutionnelle du Callao pour une durée de trente jours supplémentaires à compter du 21 décembre 2025, mesure qui, car elle répond à une criminalité persistante, maintient les Forces armées en appui à la Police nationale du Pérou.
Cette décision s’inscrit dans une continuité que l’exécutif, lorsque le président José Jerí avait initialement déclaré l’état d’urgence le 22 octobre 2025, avait déjà envisagée pour contrer l’essor des extorsions, sicariats et bandes organisées qui, bien que des opérations aient été menées, continuaient de menacer la sécurité citoyenne. Alors que les autorités locales et régionales signalaient, avant cette prorogation, un bilan alarmant avec plus de 113 homicides et 73 morts dans des attentats contre le transport, le décret réaffirme la suspension temporaire de droits constitutionnels tels que l’inviolabilité du domicile ou la liberté de réunion, afin que, pendant cette période, les interventions policières s’intensifient sans entraves.
Comparée aux prorogations antérieures – comme celle du 21 novembre qui, parce qu’elle suivait une première vague d’octobre, visait déjà à passer d’une posture défensive à offensive –, cette nouvelle extension révèle une stratégie enracinée dans des rapports de la Police nationale qui, du moment où les indicateurs de délinquance ne s’inversaient pas, justifiaient un renforcement opérationnel et intelligence-based. Le ministère de l’Intérieur précise d’ailleurs que, comme lors des phases précédentes, les zones d’intervention seront définies via cartes du crime et statistiques, tandis que les mega-opérations en pénitenciers, où des chefs de gangs opéraient encore, persistent pour démanteler les réseaux.
Cette mesure, laquelle intervient après la vacance de la présidente Dina Boluarte, souligne un engagement prolongé du président Jerí qui, bien qu’il ait écarté un couvre-feu, privilégie des contrôles accrus sur motos, lignes téléphoniques illégales et pièces automobiles volées. Les autorités estiment ainsi que, pour autant que la coordination avec les juges et procureurs se renforce, la réponse judiciaire en flagrance portera ses fruits face à une violence qui, depuis l’assomption de Jerí, a dépassé les 180 assassinats nationaux.
