François Saubadu, témoin central dans l’enquête visant Bertrand Cantat, a été retrouvé mort à son domicile de Mérignac, près de Bordeaux, le 24 novembre, selon les premières informations de presse locale. Le parquet a ouvert une enquête pour déterminer les circonstances exactes du décès de cet homme de 63 ans, connu pour son engagement à faire réexaminer la mort de son ex-compagne Krisztina Rády, retrouvée pendue en 2010 à Bordeaux. Aucune piste privilégiée n’était communiquée dans l’immédiat, les résultats de l’autopsie devant préciser s’il s’agit d’une mort naturelle, accidentelle ou d’un geste volontaire.
Depuis plusieurs années, François Saubadu dénonçait publiquement les violences psychologiques et physiques qu’il imputait à Bertrand Cantat, affirmant que ces violences avaient contribué au suicide de Krisztina Rády. Il remettait régulièrement des éléments à la justice, dont un message audio laissé par la traductrice peu avant sa mort, et avait poussé, avec son ancienne avocate, à la réouverture de la procédure initialement classée en quelques mois. Son témoignage avait encore pris de l’ampleur après la diffusion récente d’un documentaire sur Netflix consacré au « cas Cantat », qui a conduit le parquet de Bordeaux à rouvrir une enquête pour violences volontaires par conjoint visant l’ancien chanteur de Noir Désir.
La disparition soudaine de ce témoin clé intervient donc dans un contexte judiciaire déjà très sensible autour du passé du musicien. Les proches de Krisztina Rády voyaient dans la nouvelle enquête l’occasion, selon leurs termes, de « rétablir la vérité » sur les conditions de la mort de la mère des enfants de Bertrand Cantat. Les suites de l’enquête sur le décès de François Saubadu pourraient peser sur la conduite du dossier Cantat, alors que de nouveaux témoins et documents médicaux étaient en cours d’examen par les magistrats bordelais.
