Trump envoie la Garde nationale à Portland : une escalade politique ou une réponse sécuritaire ?
Donald Trump persiste dans sa stratégie de déploiement militaire dans les villes démocrates. Malgré l’opposition d’un juge fédéral, 101 gardes nationaux californiens ont été envoyés à Portland dimanche. Tina Kotek, gouverneure de l’Oregon, dénonce une manœuvre pour contourner la justice. « Les faits n’ont pas changé : Portland n’est pas en insurrection », a-t-elle martelé. Gavin Newsom, gouverneur de Californie, promet de nouvelles poursuites.
Le président américain justifie cette mobilisation par la lutte contre « l’ennemi de l’intérieur », évoquant des « insurgés partout » sans apporter de preuves. Depuis janvier, l’immigration clandestine et les tensions dans les « villes sanctuaires » comme Portland ou Chicago sont au cœur de sa politique. Ces municipalités protègent les migrants menacés d’expulsion, ce qui exacerbe les tensions avec Washington.
À Chicago, 300 gardes nationaux ont déjà été déployés. La ministre de la Sécurité intérieure, Kristi Noem, y décrit une « zone de guerre », accusant les « organisations terroristes » et les « gangs » de corrompre les manifestants. Le maire démocrate, Brandon Johnson, dénonce des « mesures anticonstitutionnelles ». Les forces fédérales ont même ouvert le feu sur une automobiliste « armée » après un accrochage.
Les démocrates crient à la provocation. « Trump ne combat pas la criminalité, il sème la peur », lance le sénateur Dick Durbin. JB Pritzker, gouverneur de l’Illinois, appelle au retrait des troupes, dénonçant des « raids » qui « transforment Chicago en zone de guerre ». À Washington, les républicains saluent un « nettoyage » efficace.
Pourtant, à Portland, une juge fédérale a temporairement bloqué le déploiement, estimant que « les forces locales suffisent ». Karin J. Immergut a souligné l’absence de « danger de rébellion ». La décision expire le 18 octobre, laissant planer l’incertitude. Source
Guerre à Gaza : un cessez-le-feu en vue ou une nouvelle impasse ?
Les négociations reprennent ce lundi en Égypte pour tenter de mettre fin à deux ans de conflit à Gaza. Le Caire accueille des pourparlers indirects entre le Hamas, Israël et les États-Unis. L’enjeu ? Libérer les 47 otages encore détenus et stopper une guerre qui a déjà coûté des milliers de vies.
Les délégations se retrouvent à Charm el-Cheikh, deux ans jour pour jour après l’attaque du 7 octobre 2023. Cette offensive du Hamas avait déclenché une riposte israélienne d’une violence inouïe. Le président américain Donald Trump, qui a présenté un plan de paix il y a une semaine, exhorte les parties à avancer « très rapidement ». Selon lui, les premières discussions avec le Hamas ce week-end ont été « très positives ». Son émissaire, Steve Witkoff, et son gendre, Jared Kushner, sont sur place pour faire pression.
Le plan américain prévoit un cessez-le-feu immédiat, la libération des otages sous 72 heures, puis un retrait progressif de l’armée israélienne. Trump insiste : la première phase doit aboutir cette semaine. Le Hamas, qui dirige Gaza depuis 2007, affirme vouloir « entamer immédiatement le processus d’échange ». Pourtant, les bombardements israéliens se poursuivent. Samedi, près de 60 morts. Dimanche, 20 autres.
Israël, représenté par Benyamin Netanyahou, envoie ses négociateurs malgré les tensions. Le Premier ministre israélien soutient le plan Trump, mais maintient ses troupes dans 75 % de Gaza. Le Hamas, lui, exige un arrêt total des frappes et un retrait complet. Les États-Unis annoncent qu’Israël a accepté une première « ligne de retrait » de 1,5 à 3,5 km.
Les négociations s’annoncent tendues. Le Hamas, ciblé par des frappes israéliennes à Doha il y a un mois, envoie son négociateur en chef, Khalil Al-Hayya. Les médiateurs égyptiens et qataris espèrent enfin une percée. Pourtant, chaque camp campe sur ses positions. Trump avertit : « Aucun retard ne sera toléré. » Mais sur le terrain, les canons tonnent toujours. Source
Ukraine : la Pologne en alerte, l’électricité coupée pour 73 000 foyers
Le 1 320ᵉ jour de la guerre en Ukraine marque une nouvelle escalade. La Pologne renforce sa vigilance face aux frappes russes près de sa frontière. Pendant ce temps, des milliers d’Ukrainiens plongent dans le noir, cibles d’une stratégie russe ciblant les infrastructures énergétiques.
La Pologne a activé son système de défense aérienne dimanche. Des avions de combat et des batteries sol-air ont été déployés en urgence. Varsovie réagit aux incursions répétées de drones et missiles russes, parfois trop proches de son territoire. En septembre, l’espace aérien polonais avait déjà été violé, ravivant les craintes d’un débordement du conflit. La Pologne, historiquement méfiante envers Moscou, reste l’un des soutiens les plus fermes de Kiev.
En Ukraine, les frappes russes s’intensifient. À Zaporijjia, 73 000 foyers se retrouvent sans électricité après la destruction d’une centrale. Volodymyr Zelensky dénonce plus de 50 missiles et 500 drones lancés en quelques jours. Les infrastructures ferroviaires subissent aussi des attaques en série. Samedi, la gare de Chostka, dans le nord, a été visée, faisant un mort et 30 blessés. Depuis août, 40 attaques majeures ont perturbé le réseau, selon les autorités.
L’hiver approche, et la Russie accentue la pression. Kiev réclame des systèmes antiaériens supplémentaires. Pourtant, certains alliés européens, comme la République tchèque, affichent une retenue croissante. Le prochain Premier ministre tchèque réaffirme son attachement à l’OTAN, mais sans enthousiasme pour un engagement accru. Source
Goma : l’aéroport fantôme, symbole d’une guerre sans fin en RDC
Huit mois après sa fermeture forcée, l’aéroport international de Goma reste un champ de ruines gardé par des combattants du M23. Portail verrouillé, herbes folles envahissant le tarmac, carcasses de blindés rouillés : l’ancienne plaque tournante de l’est congolais n’est plus qu’un vestige d’une crise humanitaire et sécuritaire persistante.
À l’entrée, des rebelles cagoulés contrôlent chaque accès. « Attention, des engins explosifs subsistent », avertit un officier du M23, évoquant les pièges laissés par l’armée congolaise lors des combats de janvier. Ces affrontements, qui opposèrent les Forces armées de la RDC (FARDC) aux miliciens, ont transformé l’aéroport en zone de guerre. Les dégâts sont immenses : portes fracassées, équipements militaires dispersés, et une infrastructure rendue inutilisable.
Le M23 accuse Kinshasa d’avoir sciemment saboté l’aéroport pour entraver son contrôle. Une allégation balayée par le gouvernement, qui pointe plutôt la responsabilité des rebelles. Pendant ce temps, les habitants de Goma paient le prix fort. Pour rejoindre Kinshasa ou d’autres villes, ils doivent transiter par Kigali ou parcourir des centaines de kilomètres jusqu’à Kampala. Les petits commerçants, privés de la clientèle des voyageurs, survivent difficilement. Les ONG, elles, voient leurs rotations bloquées, aggravant l’isolement d’une région déjà exsangue.
Bintou Keita, cheffe de la MONUSCO, a tiré la sonnette d’alarme devant le Conseil de sécurité de l’ONU : « Sans réouverture, notre mandat de protection est compromis. » Les approvisionnements en carburant et en nourriture patinent, tandis que les affrontements se poursuivent dans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu. L’aéroport de Goma, autrefois poumon économique, est devenu le miroir d’un conflit qui n’en finit pas. Source
Haïti : 16 000 morts depuis 2022, l’ONU craint l’effondrement total
L’ONU tire la sonnette d’alarme : Haïti s’enfonce dans une crise humanitaire et sécuritaire sans précédent. Depuis 2022, plus de 16 000 personnes ont été tuées, 7 000 blessées, et 1,3 million d’autres déplacées. La moitié de la population, soit 6 millions d’individus, survit grâce à l’aide humanitaire. Volker Türk, Haut-Commissaire aux droits de l’homme, qualifie la situation d’« effroyable ». Pourtant, selon lui, « le pire est peut-être à venir ».
Les gangs contrôlent désormais Port-au-Prince. Ils multiplient meurtres, viols et enlèvements, tandis que les forces de sécurité, débordées, peinent à rétablir l’ordre. Le premier semestre 2025 a déjà enregistré 3 000 morts. Face à cette escalade, le Conseil de sécurité de l’ONU a approuvé le renforcement de la Mission multinationale de sécurité (MMAS). Jusqu’à présent, cette force, dirigée par le Kenya, souffrait d’un manque criant de moyens : seulement 1 000 agents déployés sur les 2 500 prévus, avec des résultats limités.
Mais les dérives se multiplient. L’ONU dénonce l’usage intensif de drones explosifs à Port-au-Prince, responsables de 559 morts depuis mars, dont 11 enfants. La majorité de ces frappes seraient illégales. Par ailleurs, des unités policières spécialisées sont accusées d’avoir exécuté sommairement 174 personnes en 2025. Enfin, les lynchages se généralisent : plus de 500 présumés membres de gangs ont été tués par des foules ou des groupes d’autodéfense, parfois avec la complicité de policiers.
Volker Türk exige un soutien international immédiat. Il réclame un encadrement strict des opérations de sécurité, une protection prioritaire des civils, et un accès humanitaire garanti. La police haïtienne doit être formée et équipée, tout en étant soumise à des mécanismes de redevabilité. Sans ces mesures, la spirale de violence entre gangs, forces de sécurité et populations pourrait s’emballer. La fenêtre pour agir se referme rapidement. Source
Thaïlande-Cambodge : la paix menacée par une guerre larvée ?
Les tensions entre la Thaïlande et le Cambodge resurgissent avec une intensité inquiétante. Depuis plusieurs semaines, les incidents frontaliers se multiplient, alimentant les craintes d’un conflit ouvert. Les deux pays s’accusent mutuellement de violations du cessez-le-feu, d’empiétements territoriaux et de provocations militaires. La situation, déjà explosive, rappelle les affrontements passés.
Bangkok accuse Phnom Penh d’avoir répandu des mines près de la frontière, provoquant des blessés graves parmi les soldats thaïs. Les autorités cambodgiennes rejettent ces allégations et dénoncent, en retour, les incursions thaïlandaises. Les villages frontaliers, comme Ban Kruat ou Ta Miang, vivent sous haute tension. Les habitants se préparent à une évacuation, les stations-service sont prises d’assaut, et les écoles ferment leurs portes.
Les provinces de Buriram, Surin et Si Sa Ket, théâtres de violents combats en 2011, sont à nouveau en alerte. Les renforts militaires s’accumulent : blindés, canons et même des chars. Les civils cambodgiens, exaspérés par la fermeture des postes-frontières, s’en prennent aux soldats thaïlandais. Chaque jour apporte son lot d’escalade verbale et d’accrochages localisés.
Les deux camps brandissent des preuves contradictoires. Les Thaïlandais évoquent des grenades lancées depuis le Cambodge. Les Khmers dénoncent des barbelés érigés autour de temples contestés. Le dialogue semble rompu, remplacé par un langage de force. Les populations, elles, revivent les cauchemars de 2011. Les mots « évacuation », « refuges » et « abris » reviennent dans les conversations. Source
Taïwan : pourquoi Pékin reconstruit-il le quartier présidentiel en Mongolie ?
En plein désert de Mongolie intérieure, l’armée chinoise a érigé une réplique troublante du quartier gouvernemental de Taipei. Cette maquette, située sur la base de Zhurihe, s’étend sur des centaines d’hectares. Elle reproduit le palais présidentiel, le ministère de la Justice, et même un tunnel de 280 mètres. Objectif affiché : préparer une éventuelle « opération de décapitation » contre les dirigeants taïwanais.
Les images satellites, analysées par l’Institut japonais des principes fondamentaux nationaux, révèlent une activité militaire intense. Des blindés manœuvrent autour des bâtiments, des soldats s’entraînent à forcer des barricades. Depuis 2015, cette réplique ne cesse de s’agrandir, triplant sa superficie en cinq ans. Pékin nie toute intention agressive, mais les experts y voient une stratégie claire : intimider Taïwan et tester des scénarios d’invasion.
Pourquoi une telle précision ? La Chine n’est pas la première à utiliser des maquettes pour ses exercices. Les États-Unis l’avaient fait avant l’assaut contre Ben Laden, la Corée du Nord cible la résidence présidentielle sud-coréenne. Pourtant, la taille et la complexité de cette réplique interrogent. Selon Marc Julienne, chercheur à l’Ifri, « Pékin veut montrer qu’il peut frapper au cœur du pouvoir taïwanais ». Une démonstration de force, mais aussi un outil de propagande interne pour l’Armée populaire de libération.
La date de 2027 revient souvent dans les analyses. Taipei l’a identifiée comme un risque élevé d’invasion, coïncidant avec le centenaire de l’APL. Xi Jinping, confronté à des défis économiques et politiques, pourrait utiliser Taïwan pour consolider son pouvoir. Mais Stéphane Corcuff, spécialiste de l’île, tempère : « Tout dépendra de la préparation militaire taïwanaise, du soutien américain et de la réaction internationale. »
Entre temps, la guerre psychologique bat son plein. Cyberattaques, désinformation, incursions militaires : Pékin multiplie les pressions. La réplique de Bo’ai s’inscrit dans cette logique. Elle rend la menace tangible, non seulement pour Taïwan, mais aussi pour ses alliés. Source