Dans la soirée du 29 septembre, le président Andry Rajoelina a annoncé la dissolution immédiate de son gouvernement à Madagascar, à la suite d’une flambée de manifestations ayant causé au moins 22 morts selon les chiffres de l’ONU. Les premiers incidents ont éclaté jeudi dernier dans la capitale Antananarivo, où des milliers de manifestants, majoritairement mobilisés par le mouvement « Gen Z Madagascar », réclamaient la démission du chef de l’État sur fond de coupures d’eau et d’électricité. La contestation a rapidement gagné d’autres grandes villes du pays, entraînant violences, pillages et une réponse brutale des forces de sécurité, impliquées dans l’usage de balles réelles.

Depuis plusieurs mois, la population affichait un mécontentement croissant face à la gestion des pénuries et à la dégradation des conditions de vie. Les réseaux sociaux relayaient les appels à manifester, donnant la parole à toute une génération portée par le rejet de la politique gouvernementale. L’intention de défier le président et son équipe s’exprimait déjà à demi-mot depuis le boycott massif de la dernière élection présidentielle. La nomination récente de ministres contestés, ainsi que les précédentes crises de 2009, ont nourri une défiance persistante envers les institutions.
La réaction officielle n’a pas tardé : lors d’une allocution télévisée, Andry Rajoelina a annoncé le départ du premier ministre Christian Ntsay et de son cabinet, tout en promettant la formation rapide d’une nouvelle équipe. L’ONU a exhorté les autorités à garantir le respect des droits fondamentaux, tandis que la rue maintient son appel au changement. La tension reste vive dans plusieurs régions.
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