Travail sous 40°C : l’été brûlant des saisonniers dans les vignes

Depuis début juillet, les rangs de vignes brûlent sous un soleil implacable. Les saisonniers s’activent déjà, pas pour vendanger, mais pour préparer. Taille, palissage, entretien, surveillance des grappes : chaque geste se fait sous une chaleur accablante.

Khaled*, 27 ans, est arrivé il y a trois semaines. Il a signé pour deux mois, comme chaque été. La récolte, ce sera en septembre. Pour l’instant, il prépare le terrain.

« C’est maintenant qu’il faut tout nettoyer, vérifier les pieds. En septembre, on n’aura pas le temps. »

Des journées à 40°C dès le matin

À 6h, les premières équipes sont déjà dans les vignes. À 10h, la chaleur devient insupportable. Pourtant, les travailleurs continuent jusqu’à midi, parfois plus. Bouteilles d’eau tièdes, sueur brûlante, chapeaux détrempés.

Julie*, 21 ans, vient de terminer ses études. Elle a accepté un poste pour l’été, comme beaucoup, pour « mettre un peu de côté ».

« C’est ma première année. J’ai pas imaginé qu’il ferait aussi chaud si tôt le matin. »

Une préparation cruciale, dans des conditions extrêmes

Ce travail de l’ombre est essentiel : sans cette préparation, pas de vendanges efficaces. Les pieds doivent être dégagés, les grappes surveillées, les outils prêts. Tout doit être réglé avant septembre, quand débutera la récolte.

Mais cette année, l’inquiétude monte. Les fortes chaleurs pourraient durer jusqu’à la rentrée. Certains exploitants parlent déjà d’un report possible, ou d’un démarrage échelonné.

« On espère que la température va baisser. Sinon, on risque d’avoir des vendanges en plein pic de chaleur », soupire un chef de culture.

Le silence autour des risques

Médecins et syndicats tirent la sonnette d’alarme. Travailler par 38 à 42°C au sol, sans protection renforcée, c’est mettre en danger la santé. Les malaises se multiplient, les blessures aussi.

Pourtant, les témoignages sont rares. Beaucoup craignent de perdre leur place.

« Si tu te plains, tu ne reviens pas l’année suivante. C’est la règle. »

Un espoir : septembre

Malgré les souffrances, tous misent sur septembre. Les prévisions annoncent peut-être une baisse des températures. Un espoir fragile, mais nécessaire.

« En septembre, on fera les vendanges. Inch’Allah, il fera moins chaud », lâche Khaled en haussant les épaules.

*Les prénoms ont été modifiés.

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