En France, le kérosène utilisé par les avions est totalement exonéré de taxes, contrairement au diesel et à l’essence, où les taxes représentent environ 60 % du prix à la pompe.
Une règle héritée de la Convention de Chicago
Cette exemption découle de la Convention de Chicago, signée par 191 pays en 1944, dont l’article 24 stipule qu’« un État partie à la présente Convention n’impose aucune taxe, aucun droit ni aucun prélèvement sur le pétrole ou le gaz transporté à bord et utilisé comme carburant lors d’ un vol entre deux États également parties à la présente Convention , au cours du transit de cet aéronef au-dessus du territoire de l’un ou l’autre État » .
Son objectif à l’époque était de promouvoir le développement de l’aviation civile internationale afin de « contribuer à créer et à préserver l’amitié et la compréhension entre les nations et les peuples du monde ». Modifier cette règle aujourd’hui exigerait l’ accord des 191 pays signataires, une tâche extrêmement difficile à accomplir.
Vols intérieurs
La Convention de Chicago ne s’appliquant qu’aux liaisons internationales , rien n’empêche un État de taxer le kérosène sur ses vols intérieurs, comme le font les États-Unis, le Japon et la Suisse.
En France, cette option reste inexploitée. Un amendement a été déposé au Sénat fin 2025 proposant de supprimer l’exonération sur les vols intérieurs ( hors Corse et territoires d’outre-mer ) à compter de 2026, tirant parti de cette faille . Du côté du gouvernement, l’hésitation est de mise : l’exonération du kérosène sur les liaisons internationales confère encore au secteur un avantage fiscal dont aucun autre mode de transport ne bénéficie .
Des taxes indirectes qui font grimper le prix du billet
Outre la taxe sur le carburant lui-même, les billets sont soumis à d’autres prélèvements. Avec la Taxe de Solidarité sur les Billets d’Avion (TSBA), introduite en mars 2025 et reconduite pour le budget 2026, leur montant a plus que triplé : de 2,63 € , la TSBA pour un billet en classe économique intra-européenne passe à 7,40 € et peut atteindre 120 € en classe affaires sur les vols long-courriers.
À cela s’ajoutent les surcharges carburant appliquées par les compagnies aériennes ( Air France, par exemple, a augmenté sa surcharge à 100 € aller-retour en classe économique long-courrier en avril 2026, et peut atteindre 319 € en tant que « supplément international » sur certaines destinations comme Montréal ) .
Sur un vol intérieur, la part publique reste modeste en valeur absolue , mais devient très visible sur un billet aller simple à bas prix, représentant la moitié du montant débité.
