Haïti : une quarantaine de morts dans une attaque de gangs à Kenscoff

Une nuit de terreur. C’est le mot du maire de Kenscoff, Massillon Jean, après l’attaque sanglante qui a frappé sa commune, dans les hauteurs de Port‑au‑Prince, entre dimanche soir et lundi matin.

Une incursion meurtrière dans un camp de déplacés

Selon nos informations, des hommes armés ont fait irruption dans un camp de déplacés installé à l’intérieur d’une église. Ils ont exécuté plusieurs personnes, incendié des maisons et semé la panique jusqu’à l’aube.

« Nous avons dénombré une quarantaine de cadavres. Les recherches se poursuivent. Certaines personnes sont toujours portées disparues », a déclaré l’édile à l’AFP. Des dizaines de blessés sont recensés. Des enlèvements sont aussi signalés.

Côté bilan, les chiffres varient. Le RNDDH, organisation haïtienne de défense des droits humains, évoque entre 30 et 40 morts et 15 à 20 blessés. D’autres sources locales parlent d’au moins 42 victimes. Difficile, pour l’heure, d’avoir un compte définitif : certains secteurs restent difficilement accessibles, les communications sont coupées par endroits.

Renforts annoncés, mais la violence persiste

Dans un communiqué, le bureau du premier ministre, Alix Didier Fils‑Aimé, a exprimé sa « profonde compassion » pour les victimes et leurs familles. Le gouvernement a également annoncé l’envoi de renforts pour rétablir la sécurité dans la zone.

Kenscoff est, depuis plusieurs mois, le théâtre d’affrontements entre groupes armés qui cherchent à étendre leur emprise. L’attaque est attribuée à la coalition Viv Ansanm, classée « organisation terroriste étrangère » par les États‑Unis.

Pays le plus pauvre des Amériques, Haïti traverse une crise politique, économique et sécuritaire ancienne. La situation s’est encore détériorée ces dernières années : gangs, meurtres, enlèvements, viols, recrutements d’enfants. Sur environ 11 millions d’habitants, près de 1,5 million sont déplacés à l’intérieur du pays à cause des violences, selon une estimation de juin de l’Organisation internationale pour les migrations.

La Force de répression des gangs (FRG), soutenue par l’ONU, est en cours de constitution pour assister une police locale dépassée. Elle doit à terme compter 5 500 policiers et militaires étrangers. Le nombre déjà déployé n’est pas connu.

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