Au Togo, l’affaire prend une tournure de plus en plus préoccupante. Deux réalisateurs français, Gaël Mocaër et Sebastian Perez Pezzani, ainsi que leur fixeur togolais, Fred Vedomey, sont détenus depuis le 27 juillet 2026. Leurs familles, visiblement très inquiètes, ont fait part de leur « immense inquiétude » ce mercredi 19 août, notamment pour la santé de l’un d’entre eux. Reporters sans frontières (RSF) réclame leur « libération immédiate ».
Des professionnels de l’image pris dans la tourmente
Les deux hommes, habitués des tournages en zones sensibles, étaient venus au Togo pour réaliser un épisode de l’émission « Les Routes de l’impossible », diffusée sur France 5. Leur société de production, Tony Comiti Productions, collabore avec eux depuis plus de vingt ans. Selon RSF, ils disposaient d’une autorisation de tournage délivrée par le ministère togolais du Tourisme, de la Culture et des Arts, valable du 10 au 30 juillet.
Arrêtés près de Kara, dans le nord du pays, alors qu’ils filmaient sur un marché à une vingtaine de kilomètres de la frontière béninoise, ils ont d’abord été assignés à résidence avant d’être placés en détention provisoire et inculpés pour « fausses déclarations » le 17 août. Ils sont retenus au camp d’Agoè Logopè, une installation des forces de l’ordre située près de Lomé.
Des conditions de détention qui interrogent
Du côté des familles, l’angoisse monte. Sebastian Perez Pezzani souffre de « graves problèmes de santé, nécessitant une prise en charge immédiate », selon un communiqué de RSF. Les trois hommes, pères de famille, sont privés de liberté depuis près d’un mois. Le ministère français des Affaires étrangères, « pleinement mobilisé », assure avoir effectué trois visites consulaires à ce jour.
Pour RSF, leur maintien en détention est « injustifié et disproportionné ». L’organisation de défense des droits des journalistes rappelle qu’ils « n’ont fait que leur travail » en réalisant un programme consacré aux voyages et à la découverte, sans vocation politique. Le directeur général de RSF, Thibaut Bruttin, a appelé à « leur libération immédiate » ainsi qu’à la prise en charge médicale de Sebastian Perez Pezzani.
