On y pense rarement en allumant sa gazinière. Le gaz qui chauffe nos marmites va changer du tout au tout d’ici 2050. Fini l’importation massive d’énergies fossiles. Place au gaz vert produit chez nous. Selon le dernier rapport des régulateurs de l’énergie, ce virage demande pas mal de bricolage sous nos routes. Bref. Rien d’insurmontable.
Des chantiers sous le bitume
Alors que les volumes consommés fondent, l’acheminement devient un vrai casse-tête. Les usines de méthanisation poussent dans nos campagnes. Il faut bien les raccorder au réseau existant. Les factures de travaux s’annoncent entre 6 et près de 10 milliards d’euros sur les trente prochaines années. Ça tape fort. Sauf que lissé à l’année, ça reste une dépense presque ordinaire pour les gestionnaires.
Visiblement, nos vieilles canalisations ont encore une utilité. Les opérateurs s’adaptent, les mairies budgètent, les riverains attendent.
Même si on chauffe moins au gaz, le grand réseau sert de balancier entre le nord et le sud du pays. Une poignée de stations de compression – sept pour être exact – fermeront doucement leurs portes. Le reste ne bouge pas.
L’épineuse question des hivers froids
Production locale oblige, le gaz vert sort des cuves toute l’année. Le hic ? On allume les radiateurs surtout entre novembre et mars. L’été, ça va bouchonner au niveau des compteurs.
Du côté des stockages souterrains, on s’organise. Les cavités salines tirent vraiment leur épingle du jeu. Elles dépannent très vite quand le thermomètre chute. Et. Surprise du chef. Elles logeront peut-être de l’hydrogène demain.
On attendra au moins 2030 pour entamer les conversions. Pas question de jouer avec la sécurité.
Du bon sens dans les quartiers
Chez nous, les tuyaux jaunes ont été rénovés très récemment. La ferraille tient le coup.
Fin des branchements isolés, maintien des lignes principales, transition locale.
Apparemment, certains centres-villes basculeront sur des gros réseaux de chaleur urbains. Là-bas, on coupera le gaz pour de bon. L’idée, c’est d’accompagner les habitants quartier par quartier, pour éviter d’entretenir un réseau vide à prix d’or.
Côté mer, les immenses terminaux méthaniers gardent la cote pour rassurer tout le monde. Une sorte d’assurance tous risques contre les pannes, pour éviter de surcharger nos lignes électriques déjà bien tendues.
