Il y a 26 ans que nous avons franchi l’an 2000. Si les voitures volantes ne sont pas encore là, notre monde est régulièrement bouleversé par des avancées technologiques. Après l’informatique, la téléphonie mobile, Internet et, plus récemment, l’IA, certains domaines nous échappent encore, mais progressent à une vitesse surprenante. Aujourd’hui, je souhaite parler des conteneurs à déchets, plus communément appelés les poubelles.
On a beau chercher, les poubelles intelligentes se font désirer dans le Var*. Si quelques rumeurs annonçaient une obligation pour 2025, la préfecture n’a rien confirmé. Mais le mouvement s’accélère autour de nous. L’évolution semble inéluctable.
La redevance incitative en ligne de mire
Le nerf de la guerre, c’est la loi de Transition énergétique. Elle vise à réduire drastiquement l’enfouissement. L’idée d’une tarification au volume fait son chemin. L’équipement progressif des foyers en bacs pucés RFID permettrait de compter le nombre de levées par foyer.
Actuellement, aucune commune varoise n’a encore officialisé le système. Pourtant, l’objectif est clair : responsabiliser les ménages. Selon les scénarios étudiés ailleurs en France, au-delà d’un forfait de base – souvent 18 levées par an – chaque sortie de bac coûte environ 1,20 euro. Rien ne bouge officiellement. Mais le SITTOMAT prépare l’avenir avec un nouveau centre de tri ultra-moderne prévu à La Farlède pour la fin de l’année.
L’optimisation des tournées
Côté rue, l’autre technologie concerne les points d’apport volontaire. Les capteurs de remplissage s’installent massivement dans les autres départements. Les municipalités cherchent l’économie de carburant et de temps.
Le principe est rodé. Les sondes mesurent le volume par ultrasons. Les données remontent au centre technique via le réseau mobile. À Istres, dans les Bouches-du-Rhône voisines, 55 corbeilles équipées de panneaux solaires compactent déjà les déchets et alertent les agents. Même chose sur la Promenade des Anglais à Nice où 50 poubelles connectées viennent d’être déployées. Le Var reste pour le moment en retrait de cette vague d’équipement urbain. Côté mairies, on observe visiblement l’efficacité de ces dispositifs chez nos voisins avant de franchir le pas.
Par exemple, sans aller très loin (10500Kms) à l’étranger, la municipalité de Montevideo, en Uruguay, déploie actuellement ce type de solution.
Une pédagogie indispensable
L’installation de ces nouveaux matériels demande de l’accompagnement. La technologie soulève parfois des réticences. L’identification par badge ou smartphone sur les conteneurs partagés nécessite une prise en main par les habitants.
Le changement des habitudes prend du temps. La facturation des ordures effraie souvent les usagers, qui craignent de voir leur facture exploser ou les dépôts sauvages se multiplier. Sauf que les premiers retours des villes pionnières – comme Montbéliard ou Trappes – s’avèrent plutôt positifs. Les volumes baissent.
Bref, les poubelles du futur ne volent pas encore. Mais leur arrivée prochaine dans nos rues promet de sérieusement bousculer notre quotidien.
*D’après les recherches effectuées sur le web
