Dans les Ehpad, la canicule remet toujours la même question sur la table. Au fond, nos anciens sont-ils vraiment considérés, quand on voit des équipes à flux tendu, des chambres encore peu rafraîchies et une surmortalité qui grimpe dès que la chaleur s’installe ?
Des bras qui manquent
Le constat, il est connu. En France, les Ehpad accueillent plus de 600 000 personnes âgées dépendantes, mais le manque de personnel reste installé, avec 42% des établissements signalant un déficit de personnel permanent selon des chiffres relayés en 2024.
Côté terrain, ça se voit vite. La FNADEPA relevait en 2023 que 89% des directeurs faisaient face à un manque de personnel, et un établissement sur quatre gelait même les admissions pour tenir un accompagnement correct, selon des propos rapportés dans la presse.
Et quand il manque du monde, tout s’enchaîne. Les soins se serrent, les temps d’échange fondent, les familles s’inquiètent, les équipes tirent sur la corde.
Des bâtiments encore mal armés
Sur la chaleur, là aussi, le retard saute aux yeux. Plus de 90% des chambres en Ehpad ne sont pas climatisées, même si la réglementation impose au moins une pièce rafraîchie dans les espaces communs.
Ce décalage, il pèse lourd en été. Une source relayée en 2023 avançait que 91,4% des établissements n’avaient pas de climatisation dans les espaces privatifs, pendant que 60,7% des directeurs jugeaient leurs locaux inconfortables lors de l’été 2022.
Bon. Personne ne découvre aujourd’hui que le confort thermique compte aussi pour l’hiver, pour l’été, et pour la facture énergétique. Mais entre le principe et la réalité, visiblement, il reste un bout de chemin.
La chaleur frappe d’abord les plus âgés
Lors de l’épisode caniculaire de juin 2026, Santé publique France a observé environ 1 000 décès supplémentaires à partir du 24 juin, par rapport aux mois précédents, sur des données encore non consolidées. Et 85% des décès observés concernaient les 65 ans et plus.
Dans le détail, l’augmentation touchait l’hôpital, le domicile et les Ehpad. Sauf que l’agence rappelle aussi que les remontées restent partielles, notamment pour les décès à domicile et en établissement, ce qui oblige à garder la tête froide sur l’interprétation.
Une considération encore incomplète
Alors, sont-ils vraiment considérés ? Sur le papier, oui, avec des plans, des annonces, des obligations minimales.
Dans les faits, c’est moins net. Quand le sous-effectif dure, quand la climatisation des chambres reste rare, quand les plus âgés paient encore le prix fort à chaque grosse chaleur, la réponse, apparemment, reste incomplète.
