L’ancien vice-président CCI Var jugé pour déchets illicites

Ce mardi 6 janvier 2026, alors que l’année judiciaire débute à Draguignan, Stéphane Bonifay, ancien vice-président de la CCI du Var, comparaît devant le tribunal correctionnel parce que la justice lui reproche des infractions environnementales graves commises durant sa direction d’Ecorecept.

Cette société, qui opérait comme filiale toulonnaise du groupe familial Bonifay spécialisé dans les déchets du BTP, avait été placée en liquidation judiciaire en juillet 2023, après que des contrôles de la Dreal eurent révélé une gestion irrégulière des déchets entre 2017 et 2023. Le parquet, conduit par Pierre Couttenier, explique que ces pratiques, lesquelles permettaient à Ecorecept de remporter des marchés publics auprès de la métropole toulonnaise et de l’agglomération de Brignoles grâce à des prix anormalement bas, reposaient sur des violations systématiques des règles de traitement.

Ainsi, pendant que les sites de La Garde et Six-Fours atteignaient une saturation complète, l’entreprise transférait illégalement des centaines de tonnes de déchets vers l’Espagne, comme l’avaient signalé les autorités locales, et enfouissait des milliers de tonnes inertes dans la carrière de Saint-Baillon à Flassans-sur-Issole. Les enquêteurs estiment que ces agissements, qui généraient un préjudice environnemental et des gains illicites évalués à 10 millions d’euros, impliquaient également du blanchiment et des faux en écriture. Initialement prévu en avril 2025, ce procès avait été renvoyé au 6 janvier 2026, puisque l’avocat de Bonifay se trouvait retenu ailleurs, ce qui prolongeait l’attente pour les parties impliquées.

Par ailleurs, bien que l’entrepreneur varois conteste les faits, il reste mis en examen pour « destruction de biens appartenant à autrui par incendie en bande organisée », parce qu’il est soupçonné d’avoir commandité les incendies de sept véhicules du groupe Pizzorno survenus en mars 2023 à Bormes-les-Mimosas, ce qui l’avait conduit en détention provisoire fin août 2024. Avant sa chute, Ecorecept avait laissé 15 000 tonnes de déchets en suspens, jusqu’à ce que Mat’ild, filiale de Vinci, reprenne l’activité en septembre 2023 après un investissement de 5,5 millions d’euros.

Cette affaire, qui met en lumière des dysfonctionnements persistants dans la filière des déchets varoise, interroge sur les contrôles publics antérieurs, alors que l’on imaginait jadis ces marchés sécurisés par des appels d’offres stricts. Les enjeux environnementaux, combinés à des soupçons de concurrence déloyale, soulignent les conséquences durables pour les sols et les finances publiques, tandis que la reprise par Vinci atténue partiellement les dommages immédiats.

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