Origine maritime et sens premier
Dans la marine française, du XVIIe au XIXe siècle, les matelots dormaient dans des hamacs suspendus entre les ponts, appelés «branles» parce qu’ils se balançaient au roulis du navire. Quand le combat s’annonçait, le maître d’équipage lançait le «branle-bas»: chacun décrochait son hamac, le pliait, le descendait et dégageait la batterie pour que les canonniers puissent servir les pièces sans encombre.
Pourquoi «de combat» et pas seulement «branle-bas»
Le «branle-bas» ordinaire, c’était la manœuvre du matin: à bas les hamacs, on nettoie, on aère. Le «branle-bas de combat», lui, était l’urgence: signal au clairon, équipage aux postes, tout le monde sur le pont, et les hamacs roulés disposés le long du bastingage ou contre les parois pour limiter les éclats de bois et la mitraille en cas d’impact. Concrètement, ça faisait de la place pour les déplacements et les canons, et ça blindait un peu les hommes.
Du pont du navire à la langue courante
Dès le XIXe siècle, l’expression a glissé du vocabulaire naval au français courant pour désigner une agitation soudaine, un remue-ménage avant une action importante. Aujourd’hui, on dit «c’est le branle-bas de combat» dans une entreprise, un service public ou une mairie quand tout s’accélère, sans que personne ne décroche de hamac.
