Berlin a annulé un contrat d’environ 15 milliards d’euros portant sur six frégates anti-sous-marines F126. Cette décision a conduit Rheinmetall à revoir ses prévisions de chiffre d’affaires pour 2026. Le groupe anticipe désormais un revenu d’au moins 13,7 milliards d’euros, soit 300 millions de moins qu’espéré. En revanche, les objectifs de marge d’exploitation restent inchangés.
Depuis plusieurs mois, le groupe allemand développait pourtant une stratégie fondée sur une hausse durable des dépenses militaires européennes. Cette dynamique alimentait des perspectives favorables, malgré les incertitudes liées aux arbitrages budgétaires des États.
Malgré cette révision, Rheinmetall a publié un premier semestre particulièrement solide. Le chiffre d’affaires a progressé de 39 % pour atteindre 5,2 milliards d’euros. Dans le même temps, le résultat d’exploitation a bondi de 74 %, à 786 millions d’euros. Ces performances dépassent les attentes des marchés. La marge d’exploitation s’établit à 15 %, tandis que l’objectif annuel demeure fixé à 19 %.
Par ailleurs, Rheinmetall poursuit son expansion industrielle. En avril, l’entreprise a créé avec Destinus la coentreprise Rheinmetall Destinus Strike Systems. Cette structure doit produire en série des missiles de croisière et des systèmes d’artillerie destinés à renforcer les capacités européennes, tout en répondant aux besoins de l’Ukraine.
Enfin, des images diffusées le 24 juillet par des sources russes montrent les débris d’un missile présenté comme un Block 1 fabriqué par Destinus RUTA. La section arrière semble correspondre aux caractéristiques connues du modèle. Toutefois, le lieu et la date de l’incident n’ont pas été confirmés. Une autre vidéo montre également un missile en vol vers une cible qui reste inconnue.
Les conséquences de cette révision budgétaire et des nouveaux programmes industriels suscitent déjà de nombreuses réactions. L’évolution des technologies employées dans l’armement semble marquer un tournant vers la dronisation des moyens, une tendance que Rheinmetall a anticipée en créant la coentreprise Rheinmetall Destinus Strike Systems.
