Ormuz : l’Iran menace Paris et Londres après une annonce
L’Iran a adressé une mise en garde directe à la France et au Royaume-Uni, dimanche 10 mai, après l’annonce d’un possible renforcement militaire dans le détroit d’Ormuz. Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi, a évoqué une “réponse décisive et immédiate” en cas de déploiement occidental dans cette zone stratégique.
Depuis plusieurs mois, les tensions demeuraient fortes autour du détroit d’Ormuz. Téhéran estimait déjà que la sécurité maritime relevait exclusivement de la République islamique. De leur côté, Paris et Londres cherchaient à préparer une coalition internationale afin de sécuriser le passage maritime après un éventuel accord entre Washington et Téhéran.
Quelques minutes après les déclarations iraniennes, Emmanuel Macron a affirmé que la France n’avait “jamais envisagé” un déploiement militaire dans le détroit. Cette précision a rapidement alimenté les interrogations sur la position réelle de Paris dans ce dossier sensible.
Le détroit d’Ormuz reste un point de passage majeur pour le commerce mondial du pétrole. Ainsi, chaque tension diplomatique provoque des inquiétudes sur les marchés énergétiques et sur la stabilité régionale. En outre, la présence militaire occidentale dans cette zone demeure un sujet particulièrement sensible pour les autorités iraniennes. Source
Mali : plus de 70 morts après une nouvelle offensive djihadiste
De nouvelles attaques ont frappé vendredi plusieurs villages du centre du Mali. Plus de 70 personnes ont été tuées selon des sources locales et sécuritaires. Les violences ont visé notamment Kouroude et Dougara, quelques jours après une première série d’assauts meurtriers dans la région de Bankass.
Depuis plusieurs mois, les groupes armés étendaient progressivement leur influence dans le centre du pays. Le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, affilié à Al-Qaïda, multipliait les pressions contre des villages accusés de refuser des accords locaux imposés par les djihadistes. Ainsi, les attaques semblaient s’inscrire dans une stratégie d’intimidation territoriale.
Cependant, la situation sécuritaire s’est brutalement aggravée après les offensives des 25 et 26 avril contre la junte malienne. Depuis ces attaques coordonnées, plusieurs localités du nord échappaient au contrôle militaire. La ville stratégique de Kidal figurait parmi les zones perdues par les forces gouvernementales.
Par ailleurs, plusieurs habitants dénonçaient l’absence d’intervention rapide des soldats stationnés dans la région. Des responsables locaux évoquaient également des disparus, tandis que des familles tentaient encore d’identifier les victimes.
La Commission nationale des droits de l’Homme a condamné des actes qualifiés de « barbares ». Dans le même temps, des bus et véhicules de marchandises ont été incendiés sur plusieurs axes routiers menant vers Bamako. Les djihadistes imposaient depuis fin avril un blocus sur certaines routes stratégiques afin d’affaiblir davantage les autorités de transition. Source
Tchernobyl frappée par un drone malgré la trêve annoncée
Un incendie s’est déclaré vendredi dans la zone interdite de Tchernobyl après la chute d’un drone, malgré la trêve annoncée par Moscou quelques heures plus tôt. Les autorités ukrainiennes ont confirmé que les flammes progressaient rapidement dans une zone difficile d’accès, tandis que les pompiers tentaient de contenir le feu sous de fortes rafales de vent.
Depuis plusieurs semaines, les autorités ukrainiennes craignaient une intensification des frappes aériennes autour des infrastructures sensibles. Les tensions restaient fortes dans le nord du pays, alors que la guerre s’enlisait depuis février 2022. La zone de Tchernobyl demeurait particulièrement surveillée en raison des risques environnementaux liés à l’ancienne centrale nucléaire.
Selon le gouverneur de la région voisine de Tcherniguiv, l’incendie s’est propagé sur près de 40 kilomètres carrés. Il affirmait que les frappes russes avaient provoqué le sinistre. Toutefois, Kiev précisait qu’aucune hausse anormale de la radioactivité n’avait été détectée vendredi soir.
Cette nouvelle attaque relance les inquiétudes autour de la sécurité des sites nucléaires ukrainiens. De plus, elle fragilise davantage les annonces de cessez-le-feu répétées depuis plusieurs mois. Les combats continuaient en parallèle dans plusieurs régions de l’est et du sud du pays. Source
Attaque meurtrière au Pakistan : 12 policiers tués à Bannu
Une violente attaque a frappé le nord-ouest du Pakistan dans la nuit de samedi à dimanche. Un kamikaze a percuté un poste de contrôle de la police avec une voiture piégée dans le quartier de Fateh Khel, à Bannu. Quelques secondes plus tard, plusieurs assaillants armés ont ouvert le feu sur les forces de sécurité. Selon les autorités locales, au moins douze policiers ont été tués. Un agent restait porté disparu dimanche matin, tandis que cinq personnes étaient blessées.
Depuis plusieurs mois, cette région frontalière de l’Afghanistan vivait sous forte tension sécuritaire. Les autorités pakistanaises évoquaient régulièrement une recrudescence des attaques ciblant les forces de l’ordre. Dans la province de Khyber Pakhtunkhwa, les groupes armés multipliaient déjà les opérations contre les représentants du pouvoir central.
D’après des responsables sécuritaires locaux, les assaillants auraient également utilisé de petits drones pendant l’attaque. Cette méthode inquiétait déjà les autorités, qui craignaient une évolution des tactiques utilisées par les groupes insurgés dans cette zone sensible.
Islamabad accuse depuis longtemps l’Afghanistan voisin d’abriter des combattants liés à ces violences. Kaboul rejette cependant ces accusations et dément toute implication dans les attaques menées au Pakistan. Source
Niger : la junte suspend des médias français et occidentaux
La junte militaire nigérienne a suspendu vendredi plusieurs médias français et occidentaux sur l’ensemble du territoire. La mesure a été appliquée immédiatement sur les chaînes satellitaires, les plateformes numériques et les applications mobiles. Les autorités ont notamment visé RFI, France 24, TV5 Monde et l’AFP.
Depuis le coup d’État de juillet 2023, les relations entre Niamey et Paris se dégradaient régulièrement. Les autorités militaires dénonçaient déjà une couverture médiatique jugée hostile au nouveau pouvoir. Dans ce contexte, le pouvoir nigérien cherchait à renforcer son contrôle de l’information nationale.
L’Observatoire national de la communication a expliqué cette décision dans un communiqué diffusé à la télévision publique. L’institution accusait ces médias de diffuser des contenus susceptibles de fragiliser l’ordre public et la stabilité des institutions. Selon les autorités, cette diffusion pouvait également nuire à l’unité nationale et à la cohésion sociale.
La suspension concerne aussi TF1 Info, Jeune Afrique, Mediapart, France Afrique Media et LSI Africa. Les restrictions touchent désormais tous les moyens de diffusion accessibles au public nigérien. Cette décision intervient quelques jours avant le sommet Africa Forward organisé à Nairobi entre plusieurs dirigeants africains et la France.
Le Niger rejoint ainsi le Mali et le Burkina Faso, qui avaient déjà pris des mesures comparables contre des médias occidentaux. Cette orientation traduit une rupture diplomatique plus profonde avec les partenaires européens depuis les changements politiques dans le Sahel. Source
Assassinat de Moïse : quatre condamnations clés aux États-Unis ?
Un tribunal fédéral américain a reconnu coupables, vendredi 8 mai, quatre hommes impliqués dans le complot visant Jovenel Moïse. Ils ont été condamnés pour complot de meurtre, soutien matériel et expédition militaire illégale à l’étranger. Les accusés, liés à une société de sécurité privée en Floride, recherchaient des contrats lucratifs. Depuis 2021, Haïti connaissait une instabilité politique profonde et une vacance du pouvoir prolongée. Le président Jovenel Moïse avait été assassiné dans sa résidence à Port-au-Prince par un commando armé. Sa mort avait aggravé un chaos institutionnel, alors que les élections n’avaient plus été organisées depuis 2016. Selon l’accusation, le groupe espérait profiter de la chute du président pour obtenir des marchés sécuritaires. La justice américaine a ensuite élargi l’enquête, déjà ouverte sur plusieurs mercenaires et intermédiaires étrangers. Ils encourent désormais la prison à perpétuité, la peine restant à déterminer lors d’une audience ultérieure. Les enquêteurs ont mis en avant la société CTU, basée en Floride, au cœur des recrutements. Elle aurait servi de plateforme pour coordonner des opérations et attirer d’anciens militaires colombiens. La police haïtienne avait arrêté rapidement plusieurs suspects dans les jours suivant l’attaque de 2021. L’enquête locale avait ensuite rencontré des limites en raison de failles judiciaires structurelles. Washington a pris le relais judiciaire en raison de la compétence territoriale sur le complot. Ce dossier illustre aussi les tensions persistantes autour de la sécurité et de la gouvernance en Haïti. Source
