Accident plongée Maine : deux soldats décédés dans la nuit

Deux militaires de 24 et 30 ans sont décédés dans la nuit de lundi à mardi lors d’un exercice de plongée dans la Maine, à Angers, au cours d’un stage interarmées débuté à Saint-Mandrier dans le Var.

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Un exercice de plongée qui tourne au drame

Selon le parquet d’Angers, l’accident est survenu dans la nuit du 4 au 5 mai, lors d’un exercice organisé dans la rivière Maine, en milieu urbain. L’entraînement a débuté vers 23 h et le contact a été perdu avec les deux plongeurs aux alentours de 2 h du matin, alors qu’ils évoluaient à hauteur d’un pont d’Angers. Les secours ont ensuite engagé d’importantes recherches nocturnes pour tenter de localiser les deux militaires disparus sous l’eau.

Les plongeurs ont finalement été retrouvés en arrêt cardio-respiratoire, sortis de l’eau par les sapeurs-pompiers, puis pris en charge par les équipes médicales. Malgré les tentatives de réanimation, leur décès a été constaté à l’hôpital vers 4 h 30 mardi matin, a précisé le procureur de la République d’Angers, Eric Bouillard.

Deux régiments du génie endeuillés

Les victimes appartenaient à deux unités spécialisées du génie: l’une au 6e régiment du génie d’Angers, l’autre au 1er régiment étranger du génie (1er REG) basé à Laudun, dans le Gard. D’après des médias régionaux, il s’agissait du caporal-chef Axel Delplanque, du 6e régiment du génie, et du sergent Bin Chen, du 1er REG, tous deux engagés dans une formation de plongeur de combat du génie.

Le stage suivait le parcours classique de formation de l’armée de terre, avec un premier module en mer à l’école de plongée de Saint-Mandrier, dans le Var, puis un module en eaux intérieures à Angers, centré sur les opérations tactiques en rivière. Ce cursus, d’une durée totale d’une dizaine de semaines, vise à former des spécialistes capables d’intervenir en milieu subaquatique pour des missions de reconnaissance, de franchissement ou de neutralisation d’obstacles.

Les premières pistes de l’enquête

Les premiers éléments recueillis par le parquet laissent envisager que les deux plongeurs aient pu être coincés dans une cavité d’une pile de pont enjambant la Maine, dans un secteur où le courant et la configuration du lit de rivière sont complexes. Les enquêteurs devront déterminer la combinaison exacte de facteurs techniques, humains et environnementaux qui a conduit à cette double noyade lors d’un entraînement pourtant encadré.

En raison de la compétence de la justice militaire, le parquet de Rennes a été saisi du dossier afin de poursuivre les investigations sur les conditions de préparation, de conduite et de sécurisation de cet exercice nocturne. Le ministère des Armées a indiqué qu’une enquête interne est également ouverte, parallèlement à l’enquête judiciaire, pour analyser les procédures de formation et les règles de sécurité propres à ce type de stage.

Un drame qui interroge la formation en plongée militaire

L’école de plongée de Saint-Mandrier, centre de référence pour toutes les armées, est au cœur du dispositif de formation des plongeurs, avec des cursus exigeants incluant plongées de nuit, eaux froides et milieux complexes. La suite de la formation à Angers, en eaux intérieures, expose les stagiaires à des risques spécifiques liés aux courants, à la faible visibilité et aux infrastructures comme les piles de ponts.

Ce drame survient dans un contexte où l’armée de terre met en avant l’expertise de ses plongeurs du génie, capables d’intervenir aussi bien en opérations extérieures qu’en soutien sur le territoire national. Les résultats de l’enquête seront scrutés de près, notamment dans les territoires concernés comme le Var, pour mesurer si des ajustements des protocoles ou des équipements de formation sont envisagés à Saint-Mandrier et dans les autres sites d’entraînement.

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