Le cessez-le-feu annoncé par Donald Trump dans la nuit du 8 au 9 avril 2026 a provoqué une chute brutale du cours du Brent de près de 15%, repassant sous les 100 dollars le baril. Mais les analystes préviennent unanimement que cette accalmie ne signifie pas un retour rapide à la situation d’avant le conflit, qui avait vu les prix grimper de 30% depuis le 28 février.
Une très fragile, des infrastructures ravagées
Plus de cinq semaines de combats ont mis hors service des dizaines de raffineries, d’installations de stockage et de gisements pétroliers dans toute la région. Selon Capital Economics, la remise en service des sites de production endommagés pourrait prendre entre quatre et six semaines, dans le meilleur des cas. Les analystes de Morningstar soulignent que le cessez-le-feu « ne garantit pas que l’approvisionnement en pétrole et en gaz va commencer à se normaliser », car des divergences fondamentales subsistent sur les sanctions, le programme nucléaire iranien et le contrôle du détroit d’Ormuz.
Le GNL, le secteur le plus touché
La normalisation de l’approvisionnement en gaz naturel liquéfié (GNL) s’annonce encore plus longue, en raison des dommages infligés aux infrastructures qataries. QatarEnergy, premier producteur mondial de GNL, a déclaré l’état de force majeure sur certains contrats après avoir suspendu 17% de sa capacité de production, à la suite des attaques de drones iraniens sur les installations de Ras Laffan et Mesaieed, qui représentent à elles seules 20% de l’offre mondiale de GNL. Deux trains de liquéfaction (unités 4 et 6) sont décrits comme « purement et simplement détruits », nécessitant une reconstruction totale sur une durée pouvant atteindre cinq ans.
L’impact à la pompe en France
Pour les automobilistes varois et français, une première baisse de 5 à 10 centimes par litre est anticipée « très rapidement », selon Olivier Gantois, président de l’Union française des industries pétrolières (UFIP). Mais avec une essence affichée à 2,32 euros et un SP95 à 2,01 euros en moyenne nationale, les prix restent à des niveaux jamais vus depuis plus de quarante ans. Devant cette situation, le gouvernement a sommé les distributeurs de répercuter sans délai la baisse de 15% du brut sur les tarifs à la pompe, alors que la mécanique de transmission des prix reste plus lente à la baisse qu’à la hausse.
La logistique maritime, verrou persistant
Même si le détroit d’Ormuz rouvre au trafic commercial, les primes d’assurance maritime restent très élevées et les chaînes d’approvisionnement physique mettront plusieurs semaines à se reconstituer. Près de 20 millions de barils par jour transitent par ce corridor, ce qui explique que toute perspective de normalisation, même partielle, déclenché des réajustements violents sur les marchés. Les perturbations logistiques et matérielles accumulées depuis le 28 février ne disparaîtront pas du jour au lendemain, comme le rappelle Aberdeen Investments.
La situation reste donc sous haute surveillance ; Les prochaines semaines diront si la trêve de quinze jours annoncée par Washington résiste aux tensions structurelles qui persistent dans la région.
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