Le Jeudi 16 avril, la plage du Pellegrin devient un terrain d’étude, tandis que l’Université de Toulon réunit ses partenaires méditerranéens. À Bormes-les-Mimosas, cette journée de prélèvement lance effectivement MED-GUARD, un programme scientifique consacré aux estuaires souterrains, dont le rôle écologique reste encore mal documenté.
Financé à hauteur de 730000 euros par la Fondation BNP Paribas, dans le cadre de l’appel « Climate & Biodiversity Initiative », le projet s’étend sur trois ans. Il mobilise sept partenaires internationaux, issus d’Espagne, du Maroc, de Croatie, d’Italie et de France, alors que la Région Sud affiche aussi son soutien. Comme ces zones se situent entre terre et mer, elles subissent à la fois les effets du déclenchement et les pressions humaines, qui modifient leurs équilibres chimiques et biologiques.
Les chercheurs veulent comprendre comment les communautés microbiennes s’adaptent, lorsque les conditions changent durablement. Ils doivent également déterminer si ces milieux participent à la bioremédiation, c’est-à-dire à la réduction naturelle de certains polluants. À partir d’échantillons prélevés selon différents niveaux de salinité, les équipes analyseront les métaux, les nutriments et plusieurs contaminants organiques, parmi lesquels figurent les filtres UV issus des crèmes solaires.
Le projet repose sur les travaux de Virginie Sanial, chimiste, et Nicolas Gallois, biologiste, tous deux membres de l’Institut méditerranéen d’océanologie de l’Université de Toulon. Comme la Méditerranée se réchauffe plus vite que la moyenne mondiale, ces recherches pourraient préciser le rôle de ces interfaces invisibles, dont les fonctions de filtration naturelle restent encore discutées. D’autres campagnes suivront autour du bassin méditerranéen, afin que les scientifiques comparent les situations locales et identifient d’éventuels mécanismes communs.
