L’Assemblée nationale rejette d’emblée, ce jeudi 2 avril 2026, le projet de loi constitutionnelle relatif à la Nouvelle-Calédonie, alors que les débats ne commencent même pas. Les députés adoptent la motion préalable présentée par Emmanuel Tjibaou (Gauche démocrate et républicaine), avec 190 voix pour et 107 contre, ce qui plonge l’exécutif dans une impasse politique profonde.
Ce texte, déposé en octobre 2025 au Sénat où il fut adopté en février 2026, transpose les accords de Bougival signés en juillet 2025 et de l’Élysée-Oudinot en janvier 2026, puisque le gouvernement cherche ainsi à stabiliser l’archipel après les crises récentes. Il prévoit la création d’un État de Nouvelle-Calédonie au sein de la République, doté de compétences élargies et d’une nationalité calédonienne, bien que le FLNKS, principal mouvement indépendantiste, refuse catégoriquement cet accord quand les tensions sur le corps électoral provincial s’intensifient. La réforme du corps électoral, qui élargit le vote aux résidents post-1998, et le report des élections provinciales cristallisent les oppositions, car les socialistes refusent de voter le texte depuis février tandis que le Rassemblement national s’y oppose fermement.
Le Premier ministre Sébastien Lecornu réagit immédiatement sur X, affirmant que le gouvernement prendra ses responsabilités sans immobilisme ni passage en force, dès lors qu’il convoque la semaine prochaine les signataires de Bougival pour relancer le dialogue. Bien que l’exécutif envisage une consultation locale des habitants afin de valider les mesures, comme le prévoyait le projet, les options restent ouvertes : commission mixte paritaire, nouvelle navette ou abandon complet, puisque le Sénat avait approuvé le texte mais que l’Assemblée bloque tout examen approfondi. Les critiques soulignent que cette motion prive les Calédoniens d’un débat parlementaire essentiel, alors que la commission des lois avait déjà rejeté le projet le 25 mars.
L’Assemblée nationale rejette la réforme constitutionnelle calédonienne par 190 voix contre 107, Lecornu réunit les signataires de Bougival la semaine prochaine.
