Sonia Mabrouk quitte CNews après le maintien de Jean‑Marc Morandini à l’antenne

Sonia Mabrouk a annoncé vendredi 6 février sa démission de CNews, après le maintien de Jean‑Marc Morandini à l’antenne malgré sa condamnation définitive pour corruption de mineurs. La journaliste explique avoir constaté une « altération certaine et effective » de sa relation avec une partie de la direction de la chaîne du groupe Canal+.

Sonia Mabrouk, journaliste et présentatrice politique phare de CNews, a transmis vendredi à l’Agence France‑Presse la prise acte de sa démission de la chaîne d’information. Elle l’annonce au lendemain de la condamnation définitive de Jean‑Marc Morandini par la Cour de cassation, pour corruption de mineurs, et surtout après la décision de la direction de maintenir l’animateur à l’antenne.

Dans un communiqué communiqué à l’AFP, la journaliste de 49 ans indique avoir constaté une « altération certaine et effective de [sa] relation avec une partie de la direction de CNews » depuis sa prise de distance publique avec décision cette. Elle précise que « hier, aujourd’hui comme demain, ma boussole restera la préservation de l’intérêt des victimes », critiquant ainsi la gestion de la situation par la chaîne.


La rupture avec la direction de CNews

La rupture de Sonia Mabrouk avec une partie de la direction s’est cristallisée autour du choix de conservateur Jean‑Marc Morandini à l’antenne, alors que la Cour de cassation a confirmé le 14 janvier 2026 sa condamnation pour corruption de mineurs. Interpellée en direct le 20 janvier par le député PS Jérôme Guedj, le journaliste avait alors exprimé son malaise, affirmant ne pas pouvoir prudencener moralement cette décision.

Dans ses propositions télévisées comme dans son communiqué de démission, Sonia Mabrouk insiste sur ses engagements en faveur des victimes de violences sexuelles et sexistes, assurant qu’elle ne changera « pas une virgule » à ses déclarations. Elle est la première figure de CNews à avoir publiquement pris ses distances avec la ligne éditoriale de la chaîne sur ce dossier, ce qui a alimenté des tensions internes et des rumeurs d’altercations avec la direction. [Web-11]


Conséquences professionnelles et calendrier

Sonia Mabrouk quitte CNews après près de dix ans d’antenne, notamment à la tête de la matinale « La Grande interview », diffusée en co‑diffusion avec Europe 1, ainsi que de la tranche de midi « Midi news ». Son départ met fin à l’un des formats politiques phares de la chaîne, où elle avait marqué par son style direct et son ton volontiers polémiste.

La journaliste a indiqué qu’elle resterait à l’antenne de CNews jusqu’à la fin de son préavis d’un mois, selon les informations relayées par la presse. Ce dispositif laisse la chaîne le temps de préparer une transition éditoriale et de désigner ses remplaçant·es sur les créneaux qu’elle animait, sans rupture immédiate du flux d’information.


Position officielle du journaliste et prochaines étapes

Officiellement, Sonia Mabrouk n’a pas précisé de projet de reconversion à ce stade, même si la presse spécialisée évoque des rumeurs d’arrivée possible dans un autre groupe audiovisuel, notamment France Télévisions. Ses déclarations restent tournées vers la défense des victimes et la cohérence de ses valeurs, plutôt que vers une stratégie de carrière.

La journaliste souligne qu’elle reste « mère de famille » et « citoyenne », rappelant que la question de la préservation des mineurs dépasse le cadre de CNews. Elle reste engagée dans la lutte contre les violences sexuelles et sexistes, un positionnement qui a pesé dans la décision de ne plus poursuivre sa collaboration avec la direction actuelle de la chaîne.


La rupture de Sonia Mabrouk s’inscrit dans un contexte marqué par la condamnation définitive de Jean-Marc Morandini pour corruption de mineurs et par la décision de la direction de CNews de le maintenir à l’antenne, malgré ce verdict. Cette décision va à l’encontre d’un engagement antérieur du groupe, qui avait indiqué qu’il licencierait l’animateur en cas de condamnation définitive.

Déjà, au début de l’année, la journaliste avait relancé publiquement le débat, assurant qu’elle ne pouvait « en aucun cas » cautionner ce maintien, au regard de la gravité des faits reprochés à l’animateur. Depuis, des tensions internes ont été signalées, et quelques figures de la chaîne, comme Laurence Ferrari, ont exprimé leur incompréhension face à la situation, tout en restant à la solde de la direction. 

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