À partir du 1er avril 2026, la vente, la consommation, la détention et l’acquisition de produits oraux à base de nicotine non médicaux seront interdites en France. Dès mars 2026, les derniers sachets de nicotine encore disponibles disparaîtront progressivement des rayons des boutiques spécialisées, conformément à cette décision gouvernementale.
Cette mesure prolonge l’alerte lancée en 2023 par l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), laquelle soulignait la forte exposition des jeunes à la publicité de ces produits sur les réseaux sociaux. L’agence précisait que ces produits, parfois présentés comme une alternative « sans tabac », exposaient à une dépendance durable et pouvaient provoquer des syndromes nicotiniques aigus, incluant vomissements et convulsions.
L’interdiction concernera plusieurs catégories : sachets de nicotine ou « pouches », billes, pastilles, gommes à mâcher, ainsi que liquides destinés à un usage oral. Seuls les médicaments et dispositifs médicaux à visée de sevrage tabagique – gommes pharmaceutiques, patchs ou inhalateurs – resteront autorisés. Cette distinction vise à protéger la santé publique tout en maintenant les outils d’aide à l’arrêt du tabac.
En parallèle, la France maintient son cadre strict sur la revente de tabac, monopole d’État qui empêche toute commercialisation de produits équivalents au snus suédois, interdit dans toute l’Union européenne. Si certains consommateurs tentaient jusque-là de se fournir sur internet, le Code des impôts réprime déjà la vente et l’achat à distance de tabac, rendant toute commande illégale et passible de saisie douanière.
Au sein de l’Union, les approches divergent : la Finlande réglemente les sachets de nicotine en les alignant sur les produits du tabac, sans les proscrire.
Selon Reetta Honkanen, Senior Specialist au ministère finlandais des Affaires sociales et de la Santé, la politique antitabac de la Finlande s’inscrit dans un objectif national de « fin de partie » (end game), visant à faire chuter l’usage du tabac et des produits nicotiniques en dessous de 5 % de la population. Inscrit dans la loi sur le tabac, ce principe impose un alignement strict de la réglementation des produits à base de nicotine sur celle du tabac.
Si la vente de snus contenant du tabac reste interdite, les sachets de nicotine, autorisés depuis 2023 après un revirement de l’Agence finlandaise du médicament, sont désormais soumis à un encadrement très restrictif : âge minimum fixé à 18 ans, interdiction de la vente en ligne et de toute publicité, emballages neutres, plafonnement de la nicotine à 16,6 mg/g, interdiction des arômes attractifs (hors menthol et menthe), contrôle renforcé de la composition et invisibilité totale en point de vente.
L’objectif est de prévenir l’initiation et la dépendance, en particulier chez les jeunes, tout en limitant les trafics. Des discussions sont en cours pour durcir encore ce cadre, avec une possible baisse du seuil de nicotine, la suppression des exceptions d’arômes et un relèvement de l’âge légal à 20 ans. « La Finlande entend maintenir une approche restrictive et prudente afin de réduire durablement l’usage et la dépendance à la nicotine », souligne Reetta Honkanen.
De son côté, Knut Lönnroth, Chief Medical Officer du gouvernement d’Åland (Une région de Finlande dotée d’un statut d’autonomie gouvernementale), rappelle que la distinction entre le snus traditionnel et les sachets de nicotine sans tabac est déterminante pour comprendre la réglementation : « La vente de snus contenant du tabac est déjà illégale dans l’Union européenne, la Suède étant la seule exception, et cette interdiction s’applique également à Åland », précise-t-il, ajoutant que les autorités locales travaillent actuellement à l’élaboration d’une législation spécifique pour encadrer la commercialisation des sachets de nicotine, sans envisager pour autant leur interdiction.
La France a pris cette décision dans une optique de santé publique, visant à restreindre l’accès des jeunes aux produits contenant de la nicotine. Cette interdiction entrera en vigueur sur l’ensemble du territoire à partir du 1er avril 2026.
Les lecteurs peuvent partager leurs expériences ou leurs interrogations dans les commentaires ci-dessous.
