Dans les rues de Téhéran, où les manifestations contre la crise économique ont éclaté depuis le 28 décembre dernier, les forces de sécurité, qui ont reçu l’ordre direct du Conseil suprême de la sécurité nationale, tirent à balles réelles sur des foules pacifiques, transformant ainsi les rassemblements en bains de sang. Alors que le black-out internet imposé depuis le 8 janvier empêche les informations de circuler librement, des témoignages recueillis par des médias en exil, comme Iran International, révèlent que plus de 12 000 personnes auraient péri durant les nuits de jeudi et vendredi derniers, ce qui constitue le plus grand massacre de l’histoire iranienne contemporaine selon ces sources. Les ONG telles qu’Iran Human Rights confirment au minimum 734 morts et environ 10 000 arrestations, bien que le bilan réel, qu’elles estiment potentiellement à plusieurs milliers, reste difficile à établir précisément en raison des coupures de communications.
Auparavant, lorsque le mouvement « Femmes, vie, liberté » avait secoué l’Iran en 2022, la répression, qui avait déjà fait des centaines de victimes, avait suscité une indignation internationale sans toutefois ébranler le régime, mais cette vague actuelle, qui défie le pouvoir théocratique sur fond de misère économique persistante, semble inédite par son ampleur et sa brutalité. Amnesty International et Human Rights Watch, qui dénoncent l’utilisation illégale de fusils d’assaut, de gaz lacrymogènes et de coups par les Gardiens de la Révolution ainsi que par la police bassidj, appellent le gouvernement à cesser immédiatement ces pratiques meurtrières, soulignant que les manifestants exigent justice et égalité après des décennies d’oppression. Par ailleurs, des figures comme Reza Pahlavi, fils de l’ancien chah, émergent comme symboles de ralliement, tandis que le guide suprême Ali Khamenei approuve tacitement ces tueries massives.
Sur la scène internationale, la France, qui a convoqué l’ambassadeur iranien au Quai d’Orsay, condamne cette violence « intolérable et inhumaine » selon le ministre Jean-Noël Barrot, pendant que Donald Trump, président des États-Unis, encourage les protestataires et promet une aide en route, ce qui accentue la pression diplomatique sur Téhéran. L’ONU, par la voix de Volker Türk, se déclare horrifiée par ce cycle de violence, exhortant les autorités à entendre les revendications du peuple iranien qui conteste un régime affaibli par la crise économique et les sanctions.
