À 21 ans, Juliette est étudiante et vit à La Garde. Comme beaucoup de jeunes de sa génération, elle doit effectuer un stage obligatoire pour valider son année. Sur le papier, la démarche semble simple. Dans la réalité, elle s’est rapidement transformée en véritable casse-tête, principalement pour une raison : elle n’a pas de véhicule.
Des opportunités… souvent trop loin
« On me propose des stages intéressants, mais quasiment toujours dans des zones mal desservies », explique-t-elle. Zones d’activités, entreprises en périphérie, horaires décalés… sans voiture, les possibilités se réduisent considérablement.
Même lorsque des lignes de bus existent, les temps de trajet deviennent parfois incompatibles avec des journées de travail classiques. « Faire deux heures de transport pour un stage non rémunéré, c’est compliqué à tenir sur plusieurs semaines. »
Le poids du refus, encore et encore
Juliette raconte aussi les refus implicites liés à l’absence de mobilité. « Quand je précise que je viens en transport, on me dit parfois que ce sera compliqué, que les horaires ne sont pas adaptés, ou que ce n’est pas compatible avec leurs besoins. »
Officiellement, ce n’est jamais écrit noir sur blanc, mais dans les faits, ne pas avoir de voiture devient un frein invisible mais bien réel à l’insertion professionnelle.
Une réalité partagée par de nombreux étudiants
Le cas de Juliette est loin d’être isolé. Dans le Var, où de nombreuses entreprises sont implantées hors des centres urbains, la dépendance à la voiture reste très forte. Pour les étudiants, souvent sans permis ou sans moyens financiers pour acheter un véhicule, cela crée une inégalité d’accès aux stages, aux emplois saisonniers et même à certaines formations.
Entre motivation et découragement
Malgré les difficultés, Juliette continue de multiplier les candidatures. « Je veux travailler, apprendre, me former. Mais parfois, on a l’impression que la motivation ne suffit pas. »
Entre stress lié aux délais universitaires et sentiment d’injustice, la situation devient pesante. « On nous demande d’être autonomes, mais sans solution de transport, c’est très compliqué. »
Des pistes, mais peu de solutions concrètes
Covoiturage, stages en télétravail, entreprises accessibles en centre-ville… certaines alternatives existent, mais elles restent limitées selon les secteurs d’activité. Juliette espère surtout que les entreprises prendront davantage en compte la réalité des étudiants, et que les politiques de mobilité évolueront pour mieux relier zones d’habitation, campus et bassins d’emploi.
Une question plus large : l’égalité des chances
Au-delà de son cas personnel, l’histoire de Juliette pose une question essentielle : peut-on vraiment parler d’égalité des chances quand l’accès à un stage dépend de la possession d’un véhicule ? Dans un territoire où la voiture reste centrale, les jeunes sans moyens de transport restent souvent les grands oubliés du système.
