Décès d’Eva Schloss, survivante d’Auschwitz

À Londres, où elle résidait depuis des décennies, Eva Schloss s’est éteinte le samedi 3 janvier 2026, à l’âge de 96 ans, comme l’a annoncé sa fondation dans un communiqué qui souligne son engagement inlassable pour la mémoire de la Shoah. Sa famille, profondément touchée par cette perte, a exprimé dimanche sa « grande tristesse » pour cette femme remarquable qui, survivante du camp d’Auschwitz, avait consacré sa vie à l’éducation contre les préjugés.

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Eva Schloss, née Eva Geiringer en 1929 à Vienne, fuyait déjà l’invasion nazie de l’Autriche lorsque sa famille juive s’installait à Amsterdam, en face de la maison où Anne Frank se cachait, formant ainsi un lien d’amitié entre les deux fillettes du même âge. Trahie par un sympathisant nazi deux ans après s’être mise à l’abri en 1942, elle arrivait à Auschwitz le jour de ses quinze ans, séparée de son père Erich et de son frère Heinz qui périssaient dans les camps, tandis qu’elle survivait avec sa mère Elfriede. Après la libération, sa mère épousait Otto Frank en 1953, faisant d’Eva la demi-sœur par alliance d’Anne Frank dont le journal symbolisait les horreurs de l’Holocauste.

Bien qu’elle eût longtemps gardé le silence sur ses souffrances, comme beaucoup de rescapés qui craignaient l’indifférence d’un monde tourné vers l’avenir, Eva Schloss cofondait en 1990 la Anne Frank Trust UK pour éduquer les jeunes contre la haine. Elle publiait des livres tels qu’Eva’s Story et intervenait mondialement, insistant sur l’éducation précoce comme rempart aux divisions, déclaration qu’elle réitérait en 2024. Le roi Charles III, qui avait dansé avec elle en 2022, et Camilla, marraine de sa fondation, saluaient cette figure en rendant hommage à son courage inépuisable.

Cette disparition, survenant alors que la transmission des témoignages directs s’amenuise, interroge les enjeux de la mémoire face aux résurgences antisémites qui menacent la paix qu’elle prônait. Sa famille espère que ses écrits et ressources inspireront les générations futures, perpétuant un legs bâti sur la compréhension mutuelle.

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