Qui étaient les peuples de la mer ?

À la fin du XIIIe siècle avant notre ère, des groupes armés surgissent sur les côtes méditerranéennes. Ils attaquent villes et royaumes, contribuant à la chute de l’âge du Bronze. Les Égyptiens les nomment « peuples de la mer », d’après leurs inscriptions à Médinet-Habou.

Ces envahisseurs sévissaient déjà avant les grandes invasions. Les textes hittites et égyptiens mentionnent des raids isolés dès le XIVe siècle. Ainsi, les Lukkas pillaient Chypre et la Lycie bien avant Mérenptah. Par conséquent, le phénomène semblait s’amplifier progressivement, lié à des troubles régionaux profonds. Les Shardanes combattaient comme mercenaires pour Ramsès II à Qadesh, puis se tournaient contre l’Égypte.

Premières attaques sous Mérenptah

Mérenptah affrontait les peuples de la mer alliés aux Libyens en 1209 avant J.-C. Les inscriptions de Karnak nomment Shardanes, Shekelesh, Aqwesh, Lukkas et Tursha. L’armée égyptienne tuait 6 000 ennemis à Pi-yer, capturant familles et chefs. Pourtant, ces bandes venaient avec chariots et outils, visant un établissement durable. Elles dévastaient déjà le Levant et l’Anatolie hittite.

Ramsès III stoppe l’invasion massive

En 1178 avant J.-C., Ramsès III repoussait une coalition plus large : Peleset, Tjeker, Shekelesh, Denyen, Weshesh. Les reliefs de Médinet-Habou montrent navires et familles avançant du Hatti vers l’Égypte. Les archers égyptiens tendaient des embuscades dans le Delta, brûlant les flottes ennemies. La victoire coûtait cher : grèves ouvrières à Deir el-Medina, épuisement du trésor royal.

Rôle dans l’effondrement de l’âge du Bronze

Les peuples de la mer ravageaient Ougarit et Hattusa vers 1180 avant J.-C. Leur arrivée coïncidait avec sécheresses et révoltes internes chez les Hittites et Mycéniens. Pourtant, les destructions côtières ne causaient pas toutes les chutes : facteurs climatiques et Araméens jouaient aussi. Certains s’installaient ensuite : Peleset devenaient Philistins en Canaan, avec céramique mycénienne.

Origines et théories persistantes

Les chercheurs débattent des origines égéennes ou anatoliennes. Les Aqwesh évoquaient les Achéens grecs, les Teresh les Tyrrhéniens. Mais aucune preuve directe n’existe hors textes égyptiens. Ainsi, ils formaient une confédération opportuniste, non un empire uni. Après 1178, ils disparaissaient, assimilés ou dispersés.

Héritage archéologique ambigu

Des fouilles révèlent céramique helladique IIIC au Levant et Chypre post-1200. Cela suggérait migrations, mais aussi échanges préalables via l’épave d’Uluburun. Par ailleurs, les sites intérieurs comme Hattusa tombaient sans traces maritimes. Le mystère durait, alimentant débats sur invasions ou réfugiés climatiques.

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