À New Delhi, le Comité intergouvernemental de l’UNESCO a inscrit le yodel sur sa Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité. Cette décision, prise le 11 décembre 2025, couronne un chant emblématique suisse, pratiqué par plus de 12 000 yodleurs dans 711 groupes affiliés à l’Association fédérale des yodleurs. L’Office fédéral de la culture (OFC) salue la qualité du dossier, élaboré avec des spécialistes et des représentants du milieu.
L’événement marque une reconnaissance mondiale pour cette technique vocale aux racines alpines. Autrefois utilisé par les bergers pour communiquer à distance, le yodel s’était codifié au XIXe siècle, intégrant chants populaires du Tyrol, du sud de l’Allemagne et de Suisse. Dès 2014, des experts mandatés par l’OFC le proposaient déjà parmi huit traditions candidates, preuve que cette ambition remontait loin. En mars 2024, la candidature officielle avait été déposée, après un processus participatif solide.
Cette inscription s’inscrit dans la Convention UNESCO de 2003, qui protège traditions orales, arts du spectacle et pratiques sociales vivantes. Comparé au carnaval de Bâle ou à la Fête des vignerons de Vevey, déjà listés, le yodel illustre la diversité culturelle suisse. Hector Herzig, secrétaire de l’association des yodleurs, y voit un « magnifique signe de reconnaissance » pour l’attachement générationnel à cette identité. La pratique s’étend aussi en Bavière, Autriche ou Afrique centrale, mais reste ancrée en Suisse alémanique.
Le yodel unit communautés et générations, renforçant les liens sociaux lors de fêtes et rassemblements. Pourquoi cette consécration maintenant ? Elle répond à un besoin de sauvegarder des savoir-faire face à la modernité. L’UNESCO valorise ainsi la créativité humaine au-delà des monuments matériels.
