L’ancien président brésilien Jair Bolsonaro a été placé en détention provisoire ce samedi 22 novembre, après avoir été suspecté d’avoir tenté de détériorer son bracelet électronique. Une vidéo diffusée par la Cour suprême montre clairement le bracelet abîmé, tandis que Bolsonaro admet avoir utilisé un fer à souder « par curiosité » pour l’ouvrir. Ce sabotage a été interprété par le juge Alexandre de Moraes comme une préparation à une fuite lors d’une manifestation prévue par ses partisans près de son domicile à Brasilia. Dès lors, une arrestation préventive a été ordonnée pour contrer ce risque élevé d’évasion.
Ainsi, Bolsonaro se défendait en considérant que son bracelet n’était pas seulement un outil de suivi, mais également un moyen d’écoute intrusive!
Cette situation puise ses racines dans une procédure judiciaire plus ancienne, où Bolsonaro avait été condamné en septembre à 27 ans de prison pour tentative de coup d’État visant à empêcher le retour au pouvoir de Luiz Inacio Lula da Silva. Depuis août, il était assigné à résidence sous bracelet électronique dans ce cadre. La détérioration de ce dispositif a profondément divisé l’opinion publique et les acteurs politiques brésiliens. En effet, Bolsonaro se défend en invoquant la possible présence d’un micro caché dans le bracelet, qualifiant la situation d’humiliation et dénonçant une persécution politique. Ses avocats contestent par ailleurs les accusations et annoncent faire appel de la détention provisoire, arguant que cela pourrait mettre en danger la vie de l’ancien président. De leur côté, ses partisans dénoncent une répression judiciaire et organisent des manifestations pour soutenir Bolsonaro.
L’affaire reflète les tensions profondes qui secouent le Brésil depuis la présidentielle de 2022 et illustre les divisions radicales autour de Bolsonaro et de son héritage politique.
