Dans la nuit de vendredi à samedi, l’Assemblée nationale a rejeté à la quasi-unanimité la première partie du budget de l’État pour 2026, entraînant la chute de l’ensemble du projet de loi de finances et la transmission du texte initial au Sénat dès la semaine prochaine. Seul un député a voté pour, 404 ont voté contre et plusieurs dizaines se sont abstenus, un scénario inédit sous la Ve République par son ampleur.
Depuis des semaines, les débats budgétaires opposaient frontalement le gouvernement et les oppositions autour de la fiscalité du patrimoine, des grandes entreprises et des hausses d’impôts envisagées. Les groupes de gauche, le Rassemblement national, Les Républicains et une majorité de députés Horizons annonçaient déjà qu’ils ne voteraient pas les recettes en l’état, malgré de nombreux amendements adoptés dans l’hémicycle.
En conséquence, tous les amendements votés à l’Assemblée sont annulés et c’est la copie d’octobre du gouvernement qui sera examinée par les sénateurs, avant un possible retour du texte devant les députés en décembre dans le cadre de la navette parlementaire. À Matignon, l’exécutif affirme encore vouloir arracher un compromis pour éviter, d’ici la fin de l’année, le recours à une loi spéciale destinée à garantir la continuité des finances publiques.
Pour le gouvernement, ce rejet massif illustre la fragmentation d’une majorité relative incapable de rassembler au-delà de son socle et de contenir les « manœuvres tactiques » dénoncées chez les oppositions. Pour les adversaires du texte, ce vote marque au contraire la sanction d’un budget jugé insincère et socialement déséquilibré, alors que le déficit et la trajectoire de la dette restent au cœur des inquiétudes.
Cette crise budgétaire ouvre désormais une séquence politique décisive, entre bras de fer au Sénat, commission mixte paritaire éventuelle et menace de blocage à l’approche de la date limite du 31 décembre. Les lecteurs sont invités à réagir : ce rejet quasi unanime du budget 2026 apparaît-il comme un acte de responsabilité ou comme un risque pour la stabilité financière du pays ?
